Jacques Mabyala Molu
Jacques Mabyala Molu
Les Sonnets luxurieux de l'Arétin ont été composés pour interpréter des gravures de Marc-Antoine Raimondi d'après des dessins de Jules Romain. Equivalent européen du Kamasutra, l'Arétin a composé d'abord 16 sonnets, puis 15 autres qui sont de lui ou lui sont attribués. Cet ensemble présenté ici témoigne de la liberté de ton des anciens et de la fécondité de leur imagination (et accessoirement de leur souplesse). Cette édition est agrémentée de superbes illustrations de Paul Avril, d'une introduction et de notes par Guillaume Apollinaire et d'une postface de Guy de Maupassant.
Faire un choix suppose autant qu'une part d'ombre le désir d'une rencontre, la volonté de tisser en filigrane un lien. En citant dès le début de sa correspondance les paroles de Paul Robeson, Jacques Mabiala prend la mesure des tensions inhérentes à tout choix : There are no impartial observers. The artist must elect to fight for freedom or for slavery. Il en participe aussi la résolution lorsqu'établissant un triple trait d'union culturel (Robeson est Afro-Américain), littéraire (entre l'oeuvre en cours d'élaboration et ses anciens écrits) et affectif (entre lui et l'absente), il se donne la capacité d'en assumer les risques. J. Mabiala définit ainsi discrètement dès la lettre du 4 août 1991 un projet et une éthique ; une éthique fondée sur la liberté d'action et sur le prix accordé au choix et à l'engagement ; et un projet critique à l'égard du monde, projet marqué