Jacques-Henri Caillaud
Jacques-Henri Caillaud
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Tendu « aux extrêmes fatals », ne songeant qu'au leurre des apparences, abasourdi par « les rites dérisoires » du quotidien, sans espérance et comme à la dérive, un homme en ces poèmes tente en vain de se ressaisir. Écriture bilan, thérapeutique. Il estime sa « faim inutile ». C'est sûr, il porte le poids d'« une faute » à expier. Mais laquelle ? Le réel toutefois nous brutalise et le poète subit les assauts d'un corps qu'il devrait aimer. Ces caresses restent sans au-delà. Il ne songe qu'à « reculer l'inexorable étreinte ». Au spasme suivi d'un vide existentiel, il préfère rêver d'un « feu pur », se satisfaire des joies imaginaires. L'amour est « pris au piège », réduit « aux limites de l'ombre », puisqu'il ne balaie pas l'angoisse. Excellent analyste de soi, Jacques-Henri Caillaud diagnostique en lui ce « secret désaccord/de l'être et du temps ». Le temps va trop vite, tout est pareil. On songe ici aux ressassements amers d'un Patrice Cauda (L'Épi et la nuit) voire d'un Jacques Réda... On songe aussi parfois au Reverdy de la cité abstraite, aussi à la dérive (« La rue a déserté son rire d'autrefois »). Le poè