Isabelle Guérin
Isabelle Guérin
Dans un contexte de crise de la reproduction sociale, d'appauvrissement et d'inégalités croissantes, des myriades d'initiatives menées par des femmes émergent, se connectent et se transforment en force politique. Souvent en marge des circuits officiels, elles agissent à bas bruit mais elles fourmillent, essaiment, bouillonnent. Elles réorganisent et politisent la reproduction sociale, elles redéfinissent le sens du travail et de la valeur, elles explorent de nouvelles façons de faire de l'économie et de la politique, elles construisent des rapports sociaux solidaires et luttent contre leur subordination et pour leurs droits. Ce faisant, elles expriment des pratiques de résistance et agissent pour un changement social féministeet durable. Ce livre explore des pratiques menées par des groupes de femmes dans six régionsd'Amérique latine et d'Inde, en éclairant leurs luttes multiples, leurs fragilités mais aussi leurs forces et leurs réalisations. Il innove en proposant une analyse féministe qui renouvelle en profondeur les perspectives sur l'économie solidaire. Il revisite les débats empiriques et théoriques, mais aussi politiques, sur la reproduction sociale. Repenser la valeur et réorganiser la reproduction sociale dans une perspective solidaire se révèle en effet incontournable pour lutter contre les effets destructeurs et déshumanisants du système capitaliste global patriarcal. En ces temps de profonds bouleversements et d'incertitudes, ce livre offre une lueur d'espoir face aux crises écologique, économique, sociale et démocratique qui secouent l'ensemble de la planète.
Le concept de domination constitue l'une des plus hautes crêtes de cristallisation des débats qui animent le champ des sciences sociales et bien au-delà, toutes les réflexions sur la nature des rapports qui font et défont les sociétés. Il continue de donner lieu à de multiples controverses sur le pouvoir, les relations sociales où il prend forme ainsi que les subjectivités et les désirs ambivalents qu'il suscite. Plutôt que de revenir de manière abstraite sur ces débats, ces figures anthropologiques de la domination se proposent d'aborder, depuis des terrains contrastés (en Inde, au Pakistan, en France, au Mali et en Roumanie), les contradictions actuelles de la domination, en faisant une large part à la réflexivité, à l'épistémologie et aux positions en miroir des chercheurs et des acteurs.
Ignorée, invisible, la question du genre reste cachée sous le développement. Et pourtant, comprendre le développement n'est pas possible sans une perspective de genre. Cet ouvrage, didactique, montre en quoi et comment le concept de genre permet de revisiter les études de développement. Le genre permet de comprendre la construction historique, sociale et culturelle des différences et des inégalités. Il offre des outils pour une analyse critique du système capitaliste globalisé. Le genre, inscrit dans le féminisme, permet aux catégories dominées et marginalisées, en particulier les femmes mais pas seulement, de faire entendre leurs voix. Dans le contexte actuel de crise globale et d'accroissement des inégalités, il propose des pistes pour renouveler la pensée sur le développement, mais aussi pour agir autrement. Combinant diverses disciplines et thématiques, cet ouvrage montre que la portée heuristique du genre ne se limite pas aux domaines habituellement considérés comme féminins (l'éducation, la famille, le social, la santé de la reproduction, etc.) mais s'étend à tous les domaines (le politique, le droit, la sécurité, la diplomatie, l'économie, etc.). Ce livre met aussi en évidence la diversité et l'enrichissement mutuel des diverses traditions de recherche entre le monde francophone, anglophone et hispanophone. Il s'adresse particulièrement aux étudiant-es, chercheur-es et enseignant-es, militant-es, chargé-es de programme dans des organisations de coopération et représentant-es des pouvoirs publics au Nord et au Sud.
Etre citoyen aujourd'hui, c'est consommer et dépenser son argent, qu'il soit rare ou abondant. Les contradictions de la consommation sont nombreuses : d'un côté, sa phase ascendante s'est achevée avec la crise ; de l'autre, un nouveau marché s'ouvre aux plus démunis. Les consommateurs se retrouvent enfermés dans une prison de plus en plus étroite qui les enchaîne au stade ultime de l'aliénation du marché capitaliste. Jusqu'où et jusqu'à quand ?
Emprunter. Rembourser. Se priver. Espérer. Recommencer. Loin des gratte-ciel et des salles de marché de New York et de Shanghai, où des hommes riches et diplômés animent les marchés financiers à l'aide d'algorithmes complexes, une autre figure de la finance se dessine : celle de la femme endettée. Elle n'est ni banquière ni spéculatrice. Elle veille sur les siens, compte chaque sou, s'endette pour nourrir, loger, soigner, marier. Elle négocie, quémande, parfois se vend. Et toujours, elle paie. De la France au Tamil Nadu, du Sénégal au Maroc, ce livre part à sa rencontre. Il dévoile le rôle central - mais ignoré - qu'elle joue dans le fonctionnement quotidien du capitalisme. Ces femmes qui contractent de petites dettes ne sont pas à sa marge, mais en son coeur : sans elles, pas de consommation, pas de profits. Sans elles, la machine ne tourne pas. En mêlant ethnographie, enquêtes statistiques et récit engagé, Isabelle Guérin révèle une autre face du capitalisme, fondée non sur l'abstraction financière, mais sur la honte, l'épuisement et la discipline des femmes. Elle éclaire aussi le patriarcat comme un régime de dette permanente : être femme, c'est devoir - à ses enfants, à son conjoint, à l'État, aux banques, aux dieux, à la nation. Mais la dette peut aussi se retourner. De chaîne, elle devient lien. La Femme endettée n'est pas qu'une enquête sur la dette : c'est une clé pour penser autrement nos interdépendances. L'ouvrage montre comment l'économie, loin d'être un monde à part, est intimement nouée à la parenté, au corps, à la sexualité. Repenser la dette, c'est repenser ce à quoi - et à qui - nous tenons vraiment.
Il existe partout dans le monde une multitude d'initiatives locales spécifiquement féminines combinant activités économiques (production, consommation, finance, etc.) et politiques (défense des droits) et pourtant celles-ci sont quasiment ignorées de l'opinion publique et du domaine académique. La mobilisation des femmes pour faire de l'économique autrement est-elle une résistance et un palliatif à la mondialisation libérale ? Ou assiste-t-on à la construction d'une alternative ? Telle est la question centrale de cet ouvrage. Isabelle Guérin est socio-économiste, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement, responsable du programme « Travail, finances et dynamiques sociales » de l'Institut français de Pondichéry Madeleine Hersent, directrice de l'association ADEL (Association pour le développement économique local) Laurent Fraisse est socio-économiste, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique.
Dans un contexte de crise de la reproduction sociale, d'appauvrissement et d'inégalités croissantes, des myriades d'initiatives menées par des femmes émergent, se connectent et se transforment en force politique. Souvent en marge des circuits officiels, elles agissent à bas bruit mais elles fourmillent, essaiment, bouillonnent. Elles réorganisent et politisent la reproduction sociale, elles redéfinissent le sens du travail et de la valeur, elles explorent de nouvelles façons de faire de l'économie et de la politique, elles construisent des rapports sociaux solidaires et luttent contre leur subordination et pour leurs droits. Ce faisant, elles expriment des pratiques de résistance et agissent pour un changement social féministeet durable. Ce livre explore des pratiques menées par des groupes de femmes dans six régionsd'Amérique latine et d'Inde, en éclairant leurs luttes multiples, leurs fragilités mais aussi leurs forces et leurs réalisations. Il innove en proposant une analyse féministe qui renouvelle en profondeur les perspectives sur l'économie solidaire. Il revisite les débats empiriques et théoriques, mais aussi politiques, sur la reproduction sociale. Repenser la valeur et réorganiser la reproduction sociale dans une perspective solidaire se révèle en effet incontournable pour lutter contre les effets destructeurs et déshumanisants du système capitaliste global patriarcal. En ces temps de profonds bouleversements et d'incertitudes, ce livre offre une lueur d'espoir face aux crises écologique, économique, sociale et démocratique qui secouent l'ensemble de la planète.