Ingo Schulze
Ingo Schulze
Norbert Paulini, antiquaire à Dresde, est réputé dans toute l'Allemagne de l'Est pour son flair en matière de livres anciens et rares. Les amoureux de la littérature savent qu'ils peuvent toujours dénicher de nouveaux trésors sur ses étagères. Mais après la chute du Mur à l'automne 1989, la politique envahit tout, les clients se font rares, et la concurrence d'Internet apparaît. Paulini a beau résister pour sauver l'oeuvre de toute une vie, une sorte de noirceur obscurantiste semble s'emparer de son âme. Comment un humaniste se change-t-il en réactionnaire - ou plutôt en révolutionnaire ? Et dans quelle mesure peut-on se fier au conteur de cette histoire ? Traduit de l'allemand par Alain Lance et Renate Lance-Otterbein « Ingo Schulze est un grand écrivain. » Günter Grass « L'angle mort d'un récit, c'est celui de son narrateur - et celui de son lecteur. C'est ce que nous démontre Ingo Schulze sans étalage. » Bayern 2
«Avec Peter Holtz - autoportrait d'une vie heureuse, Ingo Schulze a écrit le roman allemand le plus drôle et le plus intelligent de l'automne. » FAZ Peter Holtz, le héros de notre roman, est né en RDA. Orphelin, il est élevé dans un foyer. Naïf et clairvoyant, il se bat pour un monde meilleur - et s'étonne souvent, car il est régulièrement mal compris. Sa vie heureuse commence en 1974, l'année de ses douze ans, quand il décide qu'il faut abolir l'argent pour atteindre les promesses du socialisme. Au fil des années, il fondera un groupe de rock, se fera baptiser en essayant de concilier communisme et christianisme et il sera même approché par la Stasi en vue d'un recrutement, mais en vain. Après la chute du Mur de Berlin, c'est presque naturellement qu'il devient millionnaire en travaillant dans l'immobilier ... Comment tout cela a-t-il pu se passer ? À quel moment ses idéaux ont-ils déraillé ? Et surtout comment va-t-il réussir à se débarrasser de tant d'argent avec bienséance et dignité ?
Il y a cinquante ans, le général de Gaulle proposait l'autodétermination à l'Algérie. Ce livre lève le voile sur une page décisive de l'Histoire. Autour de la figure du général de Gaulle durant la guerre d'Algérie se sont cristallisées bien des passions et des haines. Et le mystère de ses positions équivoques, de ses indéterminations et de ses silences, puis de sa décision finale pour l'autodétermination algérienne continuent aujourd'hui encore d'interroger et d'opposer les historiens. Quand de Gaulle assume une fois de plus les pouvoirs de la République, en mai 1958, et forme un nouveau gouvernement, l'Algérie est à feu et à sang depuis cinq ans. Et il semble bien être le seul à pouvoir tirer la France de ce bourbier. Mais choisira-t-il l'indépendance ou la fermeté ? Après avoir prononcé le slogan " Vive l'Algérie française " à Mostaganem, puis le fameux " Je vous ai compris " à Alger, il suscite de grands espoirs parmi les Algériens français. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé créé la stupeur : il lève l'ambiguïté grandissante de son attitude face au conflit et lâche le mot tabou d'" Autodétermination "... Un basculement décisif, le rejet de " l'intégration " : le chef de l'État offre aux Algériens le choix entre l'association et la sécession. Et c'est donc la volonté de la population musulmane, très largement majoritaire, qui l'emportera. Les partisans de l'Algérie française crient aussitôt à la trahison... et c'est le début de l'affrontement. Ce choix pour l'autodétermination a-t-il relevé d'une mûre réflexion, après bien des hésitations, ou d'une décision secrète prise de longue date ? En analysant de très nombreux témoignages, souvent contradictoires, en mettant en perspective les événements politiques, sociaux et culturels précédant le discours du 16 septembre 1959, Benjamin Stora tente de cerner les raisons profondes qui ont présidé à cette décision finale.