Hubert Mingarelli
Hubert Mingarelli
Emilio, 12 ans, découvre sur une plage déserte une mine antipersonnel qui affleure. Confronté seul à sa découverte, il est tenté de fuir. Mais l'histoire de son père, blessé par une mine toute semblable, lui revient en mémoire. Alors, Emilio parle à la mine. D'ailleurs, comment pourrait-elle exploser au visage d'un gosse à la vie épatante ? Et Emilio de s'inventer une vie extraordinaire... Il parle longuement de son rêve : un élevage de poissons-chats. Le soir, il aura réussi à déterrer la mine... avant de la laisser tomber dans l'eau, gardant sa victoire pour lui-même. Une plongée magistrale au coeur de l'enfance : tout l'univers d'Hubert Mingarelli.
Quelque part, dans une ferme de montagne, un enfant, peu à peu, découvre que ses peurs peuvent être maîtrisées, ainsi que ses cauchemars. Il a l'impression de vivre dans un labyrinthe : la nature qui l'entoure. Il va tenter de l'explorer jour après jour. L'arbre, c'est le point de départ au pied duquel il dessine le plan du monde. Et petit à petit, le plan va s'agrandir, à mesure que l'enfant s'enfonce plus loin dans la montagne, la forêt, les ravins. Un chien, Ojo, l'accompagne. Il sera le témoin des "ombres", ces terreurs secrètes dont l'enfant lui parle.
1945. Dans l'Allemagne occupée, un photographe de guerre ne parvient pas à s'en aller et à rentrer chez lui en Angleterre. Il est hanté par la libération d'un camp de concentration à laquelle il a assisté.Il décide de partir au hasard des routes. Il photographiera les gens de ce pays devant leur maison dans l'espoir de comprendre qui ils sont pour avoir pu laisser faire ce qu'il a vu.Un jeune soldat anglais, qui vient juste d'arriver et qui n'a rien vécu de la guerre, l'escortera et conduira la voiture réquisitionnée à travers l'Allemagne sans deviner les motivations qui poussent le photographe. Mais lui aussi porte un secret plus intime qui le hante et dont il ne parle pas. La Terre invisible raconte leur voyage.Hubert Mingarelli est l'auteur d'une oeuvre très remarquée et largement traduite. Il a publié une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, dont Quatre soldats (prix Médicis)
Avec une tendresse infinie, Hubert Mingarelli prend par la main son narrateur, l'accompagne sous la tempête, le malmène, le protège, lui éclaire le chemin hasardeux de l'écriture. La tempête est là, sur le port. Celui-ci ou un autre, qu'importe. D'ici ou d'ailleurs, les solitudes sur les quais déambulent de la même manière, s'évitent, se frottent, se quittent. Ont-elles jamais existé qu'elles sont déjà des ombres, des fantômes. Il y a ceux qui renoncent, ceux qui s'accrochent. Le narrateur d'Hubert Mingarelli est de cette trempe-là. Ici, il n'est pas venu défier les éléments, la nuit et l'océan qui se confondent, la pluie qui tombe avec rage, rince tout ce qu'elle peut, les docks, les corps, les âmes. Il est là pour écrire, mettre des mots sur une histoire, affronter la sienne peut-être, faire face, trouver une issue, un sens. Cette nuit de tous les déluges, il va mettre au monde un personnage de roman, celui que l'auteur porte en lui, à qui il se doit de donner vie. Coûte que coûte. C'est le prix de l'écriture - errance, acharnement et pour finir, une naissance. Avec une tendresse infinie, Hubert Mingarelli prend par la main son narrateur, l'accompagne sous la tempête, le malmène, le protège, lui éclaire le chemin hasardeux de l'écriture. À coups de silences et de foudres, de phrases suspendues comme hors du temps, hors du monde, Hubert Mingarelli se livre, se délivre. Il dit ce que la vie signifie pour lui : une lutte, une main tendue à toutes les histoires qui font les hommes.
Pavle et Jovan, l'un en Argentine, l'autre à Belgrade, renouent le contact par lettres après plusieurs années de silence. Leur correspondance les amène, peu à peu, à évoquer un passé douloureux. Les deux hommes ont été pris dans la tourmente de la guerre en ex-Yougoslavie au début des années quatre-vingt-dix. Et ce qui est arrivé là-bas a bouleversé leur vie. Antoine Choplin est l'auteur de Radeau, du Héron de Guernica et de La Nuit tombée (prix France Télévisions 2012). Hubert Mingarelli est l'auteur de La Dernière Neige, Quatre soldats (prix Médicis 2003), L'Homme qui avait soif et de La Route de Beit Zera.
Japon, 1946, pendant l'occupation américaine. Démobilisé depuis peu, Hisao revient de la montagne avec une soif obsédante et des rêves qui le hantent. À bord du train qui doit le conduire vers la femme aimée, il commet une terrible erreur. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise et l'oeuf de jade qu'il a prévu d'offrir à Shigeko. Alors qu'un suspens subtil mais intense invite le lecteur à suivre les péripéties d'Hisao courant après sa valise, se dessine la bataille de Peleliu où il a combattu aux côtés de Takeshi, jeune soldat troublant qui chante dans le noir. Et qui mourra à ses côtés. Dans ce roman aussi puissant que poétique, Hubert Mingarelli évoque avec une rare élégance l'amitié entre hommes et le Japon meurtri par la guerre. Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu'au « mystère Shigeko » ?
Dans ce nouveau roman, Hubert Mingarelli met en scène des soldats d'une compagnie isolée en Pologne, dont la mission est impossible. Soit ils participent chaque jour aux exécutions sommaires, soit ils sont envoyés dans la campagne alentour pour en ramener « un », c'est-à-dire un Juif, qu'ils devront ensuite livrer à leur supérieur et donc à la mort. Trois hommes, las des fusillades, prennent la route un matin, et avancent péniblement dans la neige, le ventre vide et les pensées tournées vers leur vie civile, sans autre choix que de prendre part à une chasse à l'homme à laquelle ils ne croient pas. Ce jour-là, ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt et, soucieux de se nourrir et de retarder leur retour au camp, ils vont procéder dans une maison abandonnée à la laborieuse préparation d'un repas avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d'eau. Ils en viennent à brûler le banc sur lequel ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé le Juif. Le tour de force d'Hubert Mingarelli constitue à mettre autour d'une table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais de passage dont l'antisémitisme affiché va, contre toute attente, réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur proie. Se posent alors des questions monstrueuses : Faut-il proposer au Juif de manger ? Et, une fois le repas partagé, faut-il le ramener ou le libérer ? C'est ici qu'Hubert Mingarelli, dans son style sobre et précis, met le lecteur face à sa conscience et la logique meurtrière à laquelle sont soumis ces hommes. En convoquant la peur, la raison, l'espoir, la folie et l'humanité contenus en chacun d'entre nous.
Stepan vit avec sa chienne quelque part en Israël dans une maison isolée près des bois. Il écrit chaque jour à son fils Yankel, forcé de se cacher à l'autre bout du monde. Il raconte ainsi sa vie de solitude et dit son espoir, un jour, de le retrouver. En faisant face à son chagrin, il se souvient de l'époque où il contrôlait les Palestiniens aux postes-frontières, éprouvait de la haine, de la honte ou de la compassion. Depuis quelque temps, un adolescent mystérieux lui rend visite et s'attache peu à peu à la chienne. Livre de la paternité et de la transmission, il aborde la question de la séparation, celle d'un père et d'un fils mais aussi celle des peuples qui vivent avec les fautes commises par leurs aînés. Et dit, à hauteur d'homme, la vie quotidienne éprouvée par le conflit israélo-palestinien.
Maria était assise sur le bord du lit, et Homer sur la chaise en face d'elle. La chambre était exiguë, elle ne possédait pas de fenêtre, il y avait un lit, une chaise, et une patère suspendue à la porte. Les murs étaient montés en briques et peints en blanc. Une ampoule de faible intensité brillait dans une lampe en papier rouge, contre l'un des murs. En dessous il y avait un lavabo, et le lit était recouvert d'un drap propre. Maria souleva ses pieds du sol et tendit ses jambes. Homer accrocha sa casquette au montant de la chaise. - Tes jambes sont très jolies. - Merci. - Je les aime beaucoup. - Je sais. - Comment peux-tu le savoir? - Tu les as beaucoup regardées tout à l'heure. - Tu m'as vu les regarder? - Oui, mais ça ne m'a pas gênée.
" Alors il pensa aux forêts sous la neige et aux premières branches des sapins, si lourdes qu'elles ploient jusqu'au sol. Il se souvint du renard qui dormait au pied d'un sapin, sous l'une de ces branches, à l'abri du froid et de la neige. Il avait les couleurs de son lit d'aiguilles de pin. Il se souvint de l'impression de chaleur qu'il avait ressentie en le voyant, pour lui-même et pour le renard, alors que la température était tombée en dessous de zéro. Il l'avait laissé dormir, le museau posé sur ses pattes de derrière, soufflant des petits nuages d'haleine blanche. En s'en allant il lui avait dit : " Je te laisse parce que tu dors. " Puis il lui avait souhaité que leurs chemins ne se croisent plus jamais. " Souvenir d'une partie de chasse, d'un renard qui dort. Construire un feu et écouter la voix paisible du vent. Oublier que les hommes ont été ennemis. " Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ", écrivait Stig Dagerman. Hubert Mingarelli, romancier, nouvelliste, est notamment l'auteur de Quatre soldats, prix Médicis 2003, Hommes sans mère, Océan Pacifique. Son œuvre est traduite dans une dizaine de langues.
" Je ne vais pas mentir à propos de ma jambe. Je n'ai pas envie de me faire plaindre en disant qu'elle me faisait mal. Parce que, aussi loin que je me rappelais, ma jambe ne m'avait jamais fait mal. Elle ne m'empêchait pas non plus de marcher aussi vite que n'importe qui. Peut-être même que je marchais plus vite que la moyenne des gens. [...] C'était pour être le moins longtemps possible ridicule à marcher de la sorte, en me déhanchant à cause de ma jambe droite qui était raide depuis toujours. [...] Je marchais comme un demeuré, quelqu'un qui aurait eu un problème dans la tête. Mais je n'avais pas un problème dans la tête. J'avais seulement que ma jambe refusait de plier. Voilà tout ce qu'il y avait, ma parole. " Hubert Mingarelli est l'auteur d'une douzaine de livres, parmi lesquels Une rivière verte et silencieuse,La Dernière Neige, La Beauté des Loutres et, récemment, Océan Pacifique. Il a obtenu le prix Médicis 2003 pour Quatre Soldats.
La Lettre de Buenos Aires raconte des errances. Un monde menaçant où la nature contient encore la beauté des choses. Sur la route, des personnages vivent leur voyage. Les vies les plus humbles possèdent leur mystère et leur tragédie. Hubert Mingarelli sait les dévoiler avec pudeur et poésie.