Henriette Robitaillie
Henriette Robitaillie
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Le dernier train avait sifflé depuis des heures, quand on entendit le halètement d'une auto un peu essoufflée, qui grimpait la côte. Une minute plus tard, elle stoppait ; trente secondes après, la sonnette retentissait, tirée par une main vigoureuse. Mademoiselle Catherine poussa un gémissement d'effroi, et son peloton roula d'épouvante sous le buffet. Le commandant enleva sa pipe de sa bouche, attentif. Rosenn, en deux glissades, alla ouvrir. Un jeune géant pénétra dans le vestibule, sans attendre qu'on l'y invitât. Grand, large d'épaules, il avait un visage hâlé, pas beau, mais viril et sympathique, une chevelure hirsute, couleur de châtaignes mûres, des yeux qui riaient, une bouche qui en faisait autant, un air d'insolente santé...
Parisienne... au fond, tout au fond... l'était-elle tant que cela ? N'entrait-il pas plus de raison que de spontanéité dans son attachement à l'appartement exigu et confortable de la rue Marie-Rose ? Certes, son travail - elle était laborantine dans un grand hôpital - l'intéressait. Cultivée et d'esprit ouvert, elle appréciait les multiples ressources qu'offre la capitale dans le domaine de l'art et des lettres. Pourtant, il lui fallait parfois faire appel à toute sa sagesse, pour ne pas se laisser envahir par un subtil et sournois "vague à l'âme"...
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À travers la grille, l'orpheline regardait, de l'extérieur et avec nostalgie, une maison, N'en ayant jamais eu, où elle aurait aimé « quelqu'un fait exprès pour elle », elle en dessina - maladroitement et amoureusement - sur son pauvre cahier d'écolière, l'image bleue et rouge aux fenêtres largement ouvertes. D'âge en âge, ses affections tranchées une à une, ses économies ne « dépassent jamais de beaucoup le prix d'un billet de chemin de fer pour quelque coin de France, où sa maison ne l'attendait pas », elle trouve un jour, enfin, une famille parfaite : une mère qui commence par aimer, avant d'essayer de comprendre, puis s'efforce de comprendre parce qu'elle aime, un fiancé au coeur de diamant et à l'épaule forte. Cette fois, c'est de l'intérieur de la maison, qu'à travers la grille elle contemple la campagne, ce pays d'oliviers, celui de l'huile dont on guérit et dont on sacre... Mais quelle est cette voix qui pleure, solitaire au milieu des oliviers ? Tous les lecteurs qui ont aimé "Les degrés de pourpre" reconnaîtront - dans cette oeuvre forte - l'accent des exigences divines qu'il n'est pas donné à tous de comprendre. Le grand talent de l'auteur leur fera entendre cependant, de façon bouleversante, cette voix qui appelle toujours, cette montée des « souffrances enfouies qui servent », et combien il en faut pour enfanter des âmes...
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Bien des jeunes filles rêvent du mari chrétien qui leur permettra de réaliser leur idéal, dans un grand amour partagé. Mais les rêves réalisés se heurtent à mille petites difficultés quotidiennes, sur lesquelles il ne faudra pas fermer les yeux. Ouvrons-les donc, le plus grand possible... Ce sont ces menus problèmes que pose ce livre sans prétention. Pour les résoudre, l'auteur s'est réfugié prudemment derrière l'expérience de jeunes femmes qui ont bien voulu lui répondre, avec franchise et bonne humeur... sur la façon de ne pas transformer un mari chrétien en martyr chrétien.
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Nuit unique ! A l'heure où la Croix du Sud s'allume dans le ciel les indigènes de l'Ile de Lifou entrent en liesse. A Minuit, les danses et les chants cessent d'un seul coup ; le silence se fait. Et alors s'épanouit, blanche et miraculeuse, la fleur de Minuit, qui ne fleurit qu'une fois par an et se fane à l'aube. Ainsi fleurira, mais pour ne plus mourir, le véritable amour dans le coeur de Maudette. Et pourtant elle avait connu bien des vicissitudes et failli succomber aux mirages... Visages du Sud, paysages de cendre et de corail ne sont pas imaginaires. L'auteur a vu, à Lifou, fleurir la fleur de Minuit.
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Résumé : Marianne, petite, restait près de la marche d'escalier, ne pouvant monter parce que le degré était trop haut... Alors que beaucoup d'êtres rêvent de destinées exceptionnelles, elle ne désire plus tard que le lot commun, sachant qu'elle saurait le savourer en poète et en femme. Elle reçoit tout, et dans l'instant même tout lui est repris. Avec passion elle repousse cette exigence d'En-Haut, désirant seulement ce qui près d'elle rebute un autre coeur choisi : « Vivre une vie médiocre, parmi des gens médiocres, et le plus médiocre serait peut-être moi. » Les souvenirs des jours morts auraient pu encore enchanter ses rêves, mais le poids de ce vivant qu'elle doit porter, dont la séparera toujours une barrière infranchissable, chargera-t-il sa vie d'une amertume quotidienne insoutenable ? Derrière les apparences qui feront crier à l'injustice, Marianne essaye de franchir ce degré trop haut, ce degré de pourpre, et croyant avoir tout perdu, puis acceptant de tout donner, elle saura enfin qu'elle a tout reçu. Ce beau livre, ce grand livre, est plus qu'une parabole, il porte vraiment le lecteur au coeur de ce problème de la souffrance que tout être humain doit affronter un jour, parfois jusqu'aux larmes de sang. (Pour esprits formés)
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