Henriette Delaye-Didier-Delorme
Henriette Delaye-Didier-Delorme
Il est des hommes qui, portés durant leur vie au summum de la gloire par leur haute intelligence, leur profonde culture et leurs travaux, sont, après leur mort, une seconde fois ensevelis sous le suaire du silence. Le Docteur Alexis Carrel, grand physiologiste dont l'oeuvre valut à la France - en 1912 - le prix Nobel de physiologie et de médecine, appartient à ces nobles figures françaises, hier présentes, aujourd'hui oubliées au sein même de leur petite patrie. Le but de l'auteur, en présentant « Alexis Carrel, humaniste chrétien », tend à mettre en relief le portrait du savant aux pensées prophétiques, du scientifique libéré d'un matérialisme tentaculaire, qui oeuvra toute sa vie dans l'espoir de parvenir à la connaissance plus profonde de l'homme pour le mieux servir et l'aider dans la réussite de son bonheur. Carrel, témoin du miracle de Lourdes, a observé et dit ce qu'il a vu. Dès lors, l'homme de science commence sa marche ascendante, lentement progressive, vers la Présence réelle : Dieu. Ce livre est aussi un message, le message d'Alexis Carrel adressé à tous les hommes de bonne volonté, et particulièrement aux jeunes. Les idées scientifiques et philosophiques du grand humaniste chrétien, exprimées dans « L'homme cet inconnu », forment la trame de cette biographie du glorieux savant français, mort en Chrétien, dont les derniers jours s'achevèrent le 5 novembre 1944 à Paris, dans l'euphorie tragique de la Libération, « à cette époque où les meilleurs esprits, emportés par des courants divergents, se heurtaient avec violence au carrefour du sentiment national ». « Ce sont ceux qui se battent seuls dans leur tranchée, qui donnent à l'humanité sa beauté ». Carrel, humaniste chrétien, a vécu ce combat.
Cet hommage devait être rendu à la personne d'Alexis Carrel, savant français de classe internationale, Prix Nobel en 1912. Au-delà de la science pure dans laquelle il triompha, Alexis Carrel chercha toujours une vérité plus profonde. Échappant à l'ambiance matérialiste, dans laquelle il vécut soit en France, soit aux États-Unis, ce savant - dans un livre de très large diffusion - L'homme, cet inconnu, et dans un opuscule moins connu mais riche de méditation intérieure, La prière, livra le secret de sa pensée. Doué d'un très large esprit de synthèse, il fut l'un de ces humanistes que notre siècle, hanté de spécialisation, produit à de trop rares exemplaires, et qui forment pourtant la réelle conscience d'une époque. Nous devons donc savoir gré à l'auteur d'avoir su retracer - avec vérité et affection - les épisodes glorieux ou douloureux de la vie et de la pensée de ce savant, qui honora l'idéal humaniste sous un aspect chrétien et, plus simplement, le génie français à travers le monde.