Guéorgui Gospodinov
Guéorgui Gospodinov
Après deux romans labyrinthiques, voici un recueil d'une centaine de microfictions environnementales. Pour l'auteur, « il y a quelque chose de dramatique et à la fois d'apaisant dans les histoires courtes parce qu'elles sont synchronisées avec la brièveté des corps. Elles s'arrêtent soudainement, peuvent être drôles et absurdes, brusques et mal assurées, personnelles et distanciées à la fois. » Ici, le corps du narrateur se fond avec le corps social, le corps animal, le corps floral, sur un ton à la fois tendre et drôle, humoristique et ironique, sensible et méditatif, et d'autant plus empathique que « je sommes nous ». L'empathie de Gospodinov est avant tout environnementale. En effet : « La littérature est bien trop anthropocentrée. J'aimerais que les humains se taisent parfois afin que l'on puisse entendre la voix de la mouche, de la grenouille, du bambou, du Minotaure et de tout ce qui a droit de cité. » À PROPOS DE L'AUTEUR Guéorgui Gospodinov est l'un des auteurs phares de la jeune génération des écrivains bulgares. Son premier roman, Un roman naturel, traduit en plus de vingt langues, a renouvelé profondément la prose bulgare, redonné goût aux lecteurs de lire des oeuvres bulgares et fait du roman le genre dominant dans la littérature bulgare du XXIe siècle en lieu et place de la poésie. La plupart de ses oeuvres ont connu un immense succès en Bulgarie. Il a reçu plusieurs prix nationaux et est, à ce jour, l'écrivain bulgare contemporain le plus lu dans son pays et le plus traduit. Il est aussi l'auteur de nouvelles et d'essais, poète, dramaturge et critique littéraire. Physique de la mélancolie, son second roman, a fait partie des quatre finalistes du Prix Strega en 2014 et a reçu le Prix Jan Michalski de littérature 2016.
Un roman naturel est le premier grand roman de la génération des années 1990, comme on appelle en Bulgarie la génération de la rupture. Traduit dans près de vingt langues, maintes fois réédité, il catapulte son auteur sur le devant de la scène littéraire et devient l'oeuvre fondatrice du postmodernisme bulgare. L'enjeu d'Un roman naturel tient dans l'impossibilité de raconter du début à la fin et dans l'ordre chronologique une expérience personnelle douloureuse et indicible, en l'occurrence un divorce, après que la femme du narrateur lui annonce être enceinte d'un autre homme. C'est donc l'histoire d'un homme qui se sépare de sa femme - et de ses chats. C'est l'histoire d'un homme qui voudrait vivre quelques jours en clochard afin de pouvoir raconter l'histoire d'un type qui, pour écrire un roman dont le héros est un clochard, s'est fait clochard lui-même. C'est une histoire du monde vue du point de vue des mouches - un récit aux mille facettes qui démultiplient ce que nous appelons la réalité?; c'est une histoire des toilettes, publiques et domestiques, haut lieu de la dissidence à l'époque du communisme?; c'est un roman drôle et nostalgique à la fois dans lequel son auteur confie?: «?J'aimerais que l'on dise?: Ce roman est beau parce qu'il est tissé de doutes.?» Un récit aux mille facettes... Surprenant ! EXTRAIT Nous nous séparons. Dans le rêve, la séparation n'est liée qu'au fait de quitter la maison. Tout, dans la pièce, est emballé, les cartons s'entassent jusqu'au plafond, et pourtant on a l'impression d'espace. La famille - la mienne et celle d'Ema - remplit le couloir et les autres pièces. Ils chuchotent, murmurent, dans l'attente de ce que nous allons faire. Ema et moi, nous sommes debout près de la fenêtre. Il ne nous reste plus qu'à partager une pile de disques. Brusquement, elle sort le plus haut de sa pochette et le jette avec force par la fenêtre. Celui-ci est à moi, dit-elle. La fenêtre est fermée mais le disque passe au travers, comme si c'était de l'air. Instinctivement, je sors le second et le lance également. Le disque plane, telle une soucoupe volante, tourne autour de son axe comme s'il était posé sur le tourne-disque, mais plus rapidement. On entend son sifflement. Quelque part au-dessus des bennes à ordures, il se dirige, menaçant, vers un pigeon crasseux qui vole bas. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE C'est fou. Absurde. Impensable. En apparence confus mais d'une fluidité incroyable... Un ``roman à facette'' comme se plaît à le définir Guéorgui Gospodinov lui-même. Et toujours cet emploi de métaphores originales où la poésie aime se nicher... Très beau roman, aussi déroutant que dépaysant et qui, forcément, fait mouche. - Stéphanie Fréminet Il y a quelque chose d'entraînant dans la propension de ce roman à refuser obstinément de se réduire à quoi que ce soit. - The New Yorker À PROPOS DE L'AUTEUR Guéorgui Gospodinov est l'un des auteurs phares de la jeune génération des écrivains bulgares. Son premier roman, Un roman naturel, traduit en plus de vingt langues, a renouvelé profondément la prose bulgare, redonné goût aux lecteurs de lire des oeuvres bulgares et fait du roman le genre dominant dans la littérature bulgare du XXIe siècle en lieu et place de la poésie. La plupart de ses oeuvres ont connu un immense succès en Bulgarie. Il a reçu plusieurs prix nationaux et est, à ce jour, l'écrivain bulgare contemporain le plus lu dans son pays et le plus traduit. Il est aussi l'auteur de nouvelles et d'essais, poète, dramaturge et critique littéraire. Physique de la mélancolie, son second roman, a fait partie des quatre finalistes du Prix Strega en 2014 et a reçu le Prix Jan Michalski de littérature 2016.
C'est l'histoire d'un jardinier en Bulgarie, un homme né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait connu le communisme puis son effondrement. Un homme qui soignait son potager avec constance, qui guettait les bourgeons sur le point d'éclore, qui détachait délicatement des feuilles de menthe verte pour les disposer sur des tranches de tomates cueillies de sa main. Cet homme était le père du narrateur, qui vit un immense chagrin au moment de se retrouver orphelin. Comment dire à son père l'amour qu'on lui porte ? Comment devenir à son tour celui qui raconte les histoires et fait poindre de nouvelles racines ? Avec ce livre très attendu après Le pays du passé, Guéorgui Gospodinov nous invite à écouter la musique silencieuse de la pudeur des sentiments paternels et à observer quels sont les trésors véritables que l'on peut transmettre à son fils. Le grand écrivain bulgare nous offre le portrait délicat d'une relation à la fois unique et universelle, où les mots entrelacent l'amour et le souvenir, et continueront, comme les fleurs, de renaître à chaque printemps.
C'est l'histoire d'un jardinier en Bulgarie, un homme né à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait connu le communisme puis son effondrement. Un homme qui soignait son potager avec constance, qui guettait les bourgeons sur le point d'éclore, qui détachait délicatement des feuilles de menthe verte pour les disposer sur des tranches de tomates cueillies de sa main. Cet homme était le père du narrateur, qui vit un immense chagrin au moment de se retrouver orphelin. Comment dire à son père l'amour qu'on lui porte ? Comment devenir à son tour celui qui raconte les histoires et fait poindre de nouvelles racines ? Avec ce livre très attendu après Le pays du passé, Guéorgui Gospodinov nous invite à écouter la musique silencieuse de la pudeur des sentiments paternels et à observer quels sont les trésors véritables que l'on peut transmettre à son fils. Le grand écrivain bulgare nous offre le portrait délicat d'une relation à la fois unique et universelle, où les mots entrelacent l'amour et le souvenir, et continueront, comme les fleurs, de renaître à chaque printemps.
Ce roman a été récompensé du International Booker Prize en 2023. "Le passé n'est pas seulement ce qui nous est arrivé. Parfois, c'est ce qu'on n'a fait qu'inventer." Au début des années 1990 à Zurich, l'énigmatique psychiatre Gaustine crée une "clinique à produire du passé". Il y soigne des patients atteints d'Alzheimer en reconstituant leur époque favorite dans les moindres détails. Mais très vite la clinique est victime de son succès : des personnes en bonne santé s'y pressent aussi afin d'échapper au présent. Des villes entières dédiées au passé apparaissent. Peu à peu, l'expérience conquiert toute l'Europe : ses pays membres envisagent tour à tour de revenir en arrière, au risque de faire imploser le continent... Guéorgui Gospodinov livre une fable politique magistrale qui interroge les pouvoirs de la mémoire et le destin du Vieux Continent.
Ce roman a été récompensé du International Booker Prize en 2023. "Le passé n'est pas seulement ce qui nous est arrivé. Parfois, c'est ce qu'on n'a fait qu'inventer." Au début des années 1990 à Zurich, l'énigmatique psychiatre Gaustine crée une "clinique à produire du passé". Il y soigne des patients atteints d'Alzheimer en reconstituant leur époque favorite dans les moindres détails. Mais très vite la clinique est victime de son succès : des personnes en bonne santé s'y pressent aussi afin d'échapper au présent. Des villes entières dédiées au passé apparaissent. Peu à peu, l'expérience conquiert toute l'Europe : ses pays membres envisagent tour à tour de revenir en arrière, au risque de faire imploser le continent... Guéorgui Gospodinov livre une fable politique magistrale qui interroge les pouvoirs de la mémoire et le destin du Vieux Continent.
En 1567, dans un pays déchiré par les guerres entre catholiques et huguenots, Marie de Mézières est éprise depuis toujours du jeune duc de Guise, auquel la lient les serments que se donnent les enfants amoureux. Quand la volonté paternelle lui désigne pour mari le prince de Montpensier, elle se cabre d'abord. Contrainte de se soumettre, elle décide de ne jamais lui céder ce coeur qu'elle a déjà donné à un autre. Tandis que son époux et son amant défient la mort sur les champs de bataille, la jeune femme reçoit l'enseignement du comte de Chabannes, déserteur d'une guerre qu'il a prise en horreur. Elle découvre les errements de son temps, tout en endurant les souffrances que lui cause un amour écrasé par les lois de la société. Une oeuvre à la fois tragique et lumineuse. « Dès que l'on refuse de porter sur elle un jugement moralisateur, Marie de Montpensier s'impose comme un personnage d'une extrême modernité que j'ai adoré, et qui trouve en Mélanie Thierry une actrice exceptionnelle. Forte et vulnérable, rebelle et victime, assumant ses choix jusqu'à se mettre en péril. On peut dès lors donner à son histoire un sens tout à fait féministe : ce sont les hommes et l'organisation sociale de son temps qui la placent dans cette situation intenable. En cela, la nouvelle me semble plus audacieuse que La Princesse de Clèves, où le personnage n'est pris qu'entre son amour et le devoir de fidélité envers son mari. Marie vit dans une époque plus violente, les hommes qui l'entourent l'exposent davantage, la poussent sans cesse vers le danger. Ce sont ces dangers que nous avons voulu éclairer, pour mieux raconter la force des passions et la manière dont les personnages peuvent se brûler à leur contact, à trop vouloir les vivre. »