Gilbert Lascault
Gilbert Lascault
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Dans un café-tabac devenu univers et une grotte aux stratagèmes mystérieux, Histoires en forme de trèfle mêle humour, poésie et absurdité.
Paul Malbec, enseignant désenchanté, répond à une annonce mystérieuse : écrire chaque jour l’éloge d’une inconnue nommée Geneviève.
A partir de 33 oeuvres d'artistes contemporains (dont Picasso, Masson, Boltansky, Warhol, Dubuffet, Fautrier, Basquiat...), G. Lascault a écrit des contes sur le thème du portrait. « Copyright Electre »
Pendant sept heures, vous explorez une ville dangereuse. Vous errez dans ses rues : rue des Pluies-Sollicitées, avenue des Trophées-et-Pyramides, quai de la Douce-Drague, rue des Mangues-Rouges. Vous entrez dans l'église du Précieux-Bras, dans le musée des Cires-Érotiques, dans les Grands Abattoirs du Nord... Au centre du Marché des Voleurs, Henri-Montagne-de-Lard (appelé également Henri-Armes-en-Kit) parle des Inconnus Efficaces ; Joseph Arquin, l'Effaceur, parcourt la ville et tue, toujours poli et doux ; l'Ingénue-très-libertine, tendrement, fait le bonheur d'une dizaine d'ouvriers du bâtiment ; assoiffée de vengeance, Ruth-Vendetta, la Veuve sanglante, commande son Bataillon Sacré... La ville s'agite en fragments qui sont du quotidien et parfois de l'Enfer. Sa géographie noire se mêle d'humour et c'est le récit d'une apocalypse un peu gaie.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Au XIIe siècle, Guillaume de Saint-Flour meurt dans d'étranges circonstances. Les occultistes de la rue Philibert-de-l'Orme attachent une importance excessive à l'Obélisque de la Concorde. Près de Salzbourg, une chanteuse est enlevée et emportée dans les mines de sel. Dans quelques villages de l'est de l'Irlande, le fossoyeur a la charge de briser le cou des morts et de leur tourner le visage du côté de la colonne vertébrale. Dans la cave d'un café de la rue Gustave-Geffroy, quatre jeunes filles nues écoutent du Mozart. Un long canal souterrain unit la banlieue ouest de Paris à Etretat. En mars 1974, boulevard Saint-Marcel, quelqu'un écrit les brèves histoires d'un monde miné ; il dresse de curieuses tables alphabétiques.
Jean Simon Castor court toujours au moins deux lièvres à la fois ; et lorsqu'il revient de la chasse il porte souvent dans sa gibecière un faisan auquel d'abord il n'avait pas songé. Il ne bat pas le fer pendant qu'il est chaud, car il ne tient pas à changer la forme première du fer. Il ne met la charrue ni avant, ni après les boeufs. Il laisse les boeufs paisibles brouter autour des charrues rouillées. L'hiver, il aime se sentir sur des charbons ardents. Quand il lave un corbeau, il n'espère pas le rendre blanc. Il chatouille le ventre des truites sans chercher à les attraper. Jamais il ne ressemble à l'ombre d'un cadran. Jamais il ne se chauffe au feu d'une maison qui brûle.
Dans l'Empire Vert, deux-cent douze vieillards borgnes complotent contre l'Empereur. En ce pays, on fabrique des conserves de tripes de rats et d'oreilles humaines. Ils boivent de l'hydromel bouillant et se racontent des histoires tristes. Parfois, la nuit, des camions circulent, les phares éteints, transportant des femmes voilées de noir... Le frère du douzième Juge de la Cour, dit le Sournois, dirige une bande de deux-cent mille assassins, voleurs et autres aimables délinquants. Dans la plupart des maisons d'édition de l'Empire, tout manuscrit perçu est d'abord désinfecté, puis porté à un exorciste, Prêtre des Éclairs sanglants... Le fils du Ministre des Guerres est amoureux d'un hêtre et tue les bûcherons. La plus grande prison de l'Empire se trouve au nord de la Capitale, dans le Faubourg des Tisserands Sourds. Chaque fois qu'une femme éprouve un plaisir amoureux, elle fait un noeud dans une cordelette qu'elle tient de la main gauche. Après la mort d'un Empereur les dames de la cour tirent à la mitraillette sur les vautours qui volent au-dessus du palais... Cet Empire, heureusement, n'existe pas. Il est d'ailleurs (selon l'un des historiographes de l'Empereur) depuis quatre mille ans sur le point de se désagréger, de se détruire. L'Encyclopédie abrégée de l'Empire Vert est le plus long livre fiction de Gilbert Lascault... Alors que le précédent livre tournait autour d'un individu (appelé Jean Simon Castor), l'Encyclopédie se donne pour but d'éclairer la vie et les coutumes d'un empire, constamment en décadence et survivant à travers ce qui tend à le détruire. Une civilisation s'y invente, dont tout n'est pas dit. Les moeurs d'un pays imaginaire, l'organisation des pouvoirs et leur désordre sont évoqués en des récits brefs et des scènes le plus souvent violemment colorées. Le livre n'est pas sans rapport avec les oeuvres d'art contemporaines que l'auteur connaît comme critique et qu'il aime. Il est aussi un ouvrage d'ethnologie fictionnelle.