Georges Lyon
Georges Lyon
I. Jamais philosophie à son aurore n'exerça sur son temps un ascendant aussi souverain que celle de Descartes sur le grand siècle. En dépit des résistances officielles et des clameurs d'écoles, personne ne se piquait guère de penser et de savoir qui ne s'y laissât enfin gagner. Gens de lettres et gens de science, philosophes, écrivains, grandes dames et gentilhommes finissaient par tout accepter du système cartésien. Madame de Grignan ne distinguera point ; elle adoptera sans broncher l'automatisme des bêtes et les tourbillons.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
I. - Parmi les secrétaires dont s'aida Bacon de Vérulam, il en est un que le célèbre lord avait particulièrement en affection : celui-là même qui devait, aux yeux de la postérité, tenir en balance sa gloire d'initiateur. Si nous nous en rapportons au dire d'un biographe, non seulement le chancelier mit Thomas Hobbes à contribution comme traducteur latin de quelques-uns de ses ouvrages, tels que celui qui porte ce titre : De la Vraie Grandeur des Royaumes et des Etats ; mais de plus il rechercha, apprécia hautement le commerce de ce secrétaire ; il aimait à l'emmener dans ses promenades, à deviser avec lui des grands problèmes, à lui faire noter au vol les idées qui traversaient son esprit, sauf à ne plus entendre ni l'un ni l'autre les pensées ainsi surprises, lorsque ensuite ils les relisaient.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.