Gaillard/Yann
Gaillard/Yann
Le genre privilégié de Yann Gaillard est la biographie à mi-chemin entre l'imaginaire et la réalité, la déférence et la désinvolture. En témoignent la série des Morts illustres (Vies, Bourgois, 1968, Mémoires, Gallimard, 1974, Gloire, Nadeau, 1977), ainsi que deux essais sur Buffon et La Pérouse. Dans La sirène du jardin des Plantes, Yann Gaillard revient à la veine de ses débuts (Le pingouin aux olives, Julliard, 1965) : textes courts, tableaux faussement minutieux, mi-poèmes mi-fables.
Ces treize histoires, écrites à différents temps de la conjugaison, se situent toutes dans un espace crépusculaire entre le vrai et le faux, le réel et l'imaginé. Si le fantastique apparaît, dans la littérature, quand on ne croit plus au Diable ni aux fées - mais sans se résigner à leur disparition -, ce livre relève du genre fantastique. Si l'on entend, au contraire, par fantastique, l'inventaire des différentes catégories de monstres, on en est loin. Les êtres qui hantent ces pages sortent de la réalité de tous les jours - ou plutôt ils aspirent à y rentrer car, quelque part, ils se sont égarés. Mais le plaisir, dans un labyrinthe, n'est-il pas de se perdre autant que de trouver la sortie ?