Gaëlle Obiégly
Gaëlle Obiégly
"De quoi ça parle, sinon ? D'une exposition commandée à un artiste plasticien. Il s'exécute mais, finalement, il n'y a rien à voir dans l'exposition. Comment ça se fait ? Qui a osé faire disparaître les oeuvres ? L'artiste lui-même. Il s'efface, de son fait, derrière un conteur. Car plutôt que de montrer ses oeuvres, il demande à quelqu'un de les raconter. Il y a une histoire, donc, à la place des objets." Tour à tour joueur, digressif et émouvant, le roman de Gaëlle Obiégly ne cesse de nous surprendre et d'interroger le désir d'art qui traverse nos vies.
'À un moment, ils m'ont dit: mais vous devriez passer à la télé, vous êtes intéressante. Ils se moquaient, bien sûr. Que voulez-vous, avec mon physique, non. Ce qui est envisageable, par contre, c'est la conférence. Même si on est moche. C'est d'ailleurs mieux, on est plus crédible.' En tant qu'hôtesse d'accueil, la narratrice sait se montrer à l'écoute. C'est donc naturellement qu'elle prête l'oreille à la voix mystérieuse qui, un beau jour, se met à lui donner des instructions, à lui annoncer d'étranges visites, à faire surgir en elle des impressions de déjà-su... Mais comment peut-on être certain de connaître la Finlande quand on n'y a jamais mis les pieds? Comment peut-on savoir ce que c'est d'être mort alors qu'on est encore vivant? Sous la forme d'une fausse conférence aussi drôle qu'envoûtante, Gaëlle Obiégly nous happe dans une fantastique enquête sur la possibilité d'éprouver ce qu'on n'a pas vécu, et porte sur la société un regard malicieux, d'une grande acuité.
« Il est arrivé, à l'automne 2022, qu'un petit tas d'ordures suscite mon attention au point que je m'agenouille sur le trottoir pour les considérer. En vue d'un déménagement dont l'échéance approchait, l'essentiel de mon temps était alors occupé au tri et à l'empaquetage de mes affaires. Triant laborieusement, j'ai passé plusieurs mois à discriminer ce qui a de la valeur et ce qui ne vaut rien. D'un côté ce qui est destiné au paradis des archives ; de l'autre ce qui est voué à disparaître dans le néant des ordures. » Qu'est-ce qui compte ? Comment déterminer la valeur d'une chose ? En s'appropriant les affaires d'une inconnue, en les mettant en miroir à sa propre vie, la narratrice nous plonge dans une suite de réflexions et de pensées tour à tour drôles, étranges, poignantes, vertigineuses. C'est finalement l'essence même de notre condition humaine, vouée à la disparition, qui est interrogée dans ce texte sans équivalent et d'une incroyable puissance.
Quand on est hôtesse d'accueil, être à l'écoute fait partie du quotidien. C'est donc tout naturellement que la narratrice prête l'oreille à la voix mystérieuse qui, un beau jour, se met à lui donner des instructions, à lui annoncer d'étranges visites, à faire surgir en elle des images déroutantes, comme autant d'impressions de déjà-su... Comment peut-on être intimement convaincu de connaître la Finlande dans ses moindres recoins alors qu'on n'y a jamais mis les pieds ? Comment peut-on savoir ce que c'est d'être mort alors qu'on est encore vivant ? À se laisser aller au fil décousu des souvenirs et des pensées, on découvre qu'on en sait toujours beaucoup plus que ce qu'on croyait savoir, et on s'expose ainsi à accueillir d'autres que soi, notamment le soldat inconnu. Avec ce monologue envoûtant, Gaëlle Obiégly nous happe dans une fantastique enquête interrogeant, avec une gravité mêlée d'humour et d'émotion, la place que nous occupons dans le monde et au sein de notre propre existence.
'Je m'utilise comme si j'étais un instrument. De toute façon, je suis une toute petite partie d'un être immense et souvent je dis des conneries. C'est pour ça que je cherche à n'être personne. Ça me permet d'en dire moins. Ou plus, mais sans craindre pour ma réputation.' Hôtesse d'accueil accidentellement enfermée un week-end entier dans les wc de son entreprise, la narratrice de N'être personne va endurer cette épreuve avec les moyens du bord (de la sagesse, du papier hygiénique, un stylo bic) en improvisant un cabinet d'écriture. Au gré de remémorations, apparemment chaotiques, elle se trouve peu à peu traversée par tous les âges de la vie.
'Je m'utilise comme si j'étais un instrument. De toute façon, je suis une toute petite partie d'un être immense et souvent je dis des conneries. C'est pour ça que je cherche à n'être personne. Ça me permet d'en dire moins. Ou plus, mais sans craindre pour ma réputation.' Hôtesse d'accueil accidentellement enfermée un week-end entier dans les wc de son entreprise, la narratrice de N'être personne va endurer cette épreuve avec les moyens du bord (de la sagesse, du papier hygiénique, un stylo bic) en improvisant un cabinet d'écriture. Au gré de remémorations, apparemment chaotiques, elle se trouve peu à peu traversée par tous les âges de la vie.
'Ce livre est comme un chien que j'ai rencontré une fois. Il y a des frissons, dedans c'est labyrinthique apparemment et infini comme dans un chien. Il y a des races chez ces animaux qui, de chiens de combat, évoluent vers chiens de compagnie. C'est un peu mon parcours. Mon livre ruminé, il a tout d'un cerveau. C'est une chose sérieuse et en même temps pas du tout.' Gaëlle Obiégly nous immerge dans l'esprit chaotique d'un homme, Daniel, recueilli dans une communauté survivaliste financée par madame Chambray, richissime mécène. Devenu le scribe et le cobaye de cette femme manipulatrice, il use des rares temps morts de sa liberté surveillée pour s'épancher dans un carnet de bord clandestin, celui qui fournit la matière brute et poétique de ce livre.
'Ce livre est comme un chien que j'ai rencontré une fois. Il y a des frissons, dedans c'est labyrinthique apparemment et infini comme dans un chien. Il y a des races chez ces animaux qui, de chiens de combat, évoluent vers chiens de compagnie. C'est un peu mon parcours. Mon livre ruminé, il a tout d'un cerveau. C'est une chose sérieuse et en même temps pas du tout.' Gaëlle Obiégly nous immerge dans l'esprit chaotique d'un homme, Daniel, recueilli dans une communauté survivaliste financée par madame Chambray, richissime mécène. Devenu le scribe et le cobaye de cette femme manipulatrice, il use des rares temps morts de sa liberté surveillée pour s'épancher dans un carnet de bord clandestin, celui qui fournit la matière brute et poétique de ce livre.
'On se constitue par l'observation de la vie des autres. On existe dans les creux, les vides, dans ce qui est laissé. De la même manière que je me glisse dans les vêtements dont personne ne veut plus, je choisis des voies insignifiantes, étrangères. Celles qui mènent à l'inconnu. Mon Prochain est un champ d'expérience.' Gaëlle Obiégly joue ici sur plusieurs registres, entre roman picaresque, vrai-faux reportage, récit de voyage, carnet intime et art du croquis minimaliste. À l'aune de son héroïne délicate, fantasque, insaisissable, ce livre ne s'arpente pas sans étonnement, sourire complice et un certain état de lévitation.
'On se constitue par l'observation de la vie des autres. On existe dans les creux, les vides, dans ce qui est laissé. De la même manière que je me glisse dans les vêtements dont personne ne veut plus, je choisis des voies insignifiantes, étrangères. Celles qui mènent à l'inconnu. Mon Prochain est un champ d'expérience.' Gaëlle Obiégly joue ici sur plusieurs registres, entre roman picaresque, vrai-faux reportage, récit de voyage, carnet intime et art du croquis minimaliste. À l'aune de son héroïne délicate, fantasque, insaisissable, ce livre ne s'arpente pas sans étonnement, sourire complice et un certain état de lévitation.
Dans ce troisième volet de La Physique amusante, l'auteur part d'une question naïve en apparence, "Est-ce que l'univers invente ou bien rabâche?", pour se l'appliquer à lui-même : "Est-ce que j'invente ou rabâche ?". Il emprunte, pour y répondre, La nébuleuse du songe. Comme s'il avait été là au commencement de l'univers, il parcourt l'histoire des découvertes qui, de Ptolémée, Copernic, Kepler, mènent à Bach ou Mozart, et s'aperçoit à la fin que "le corps et sa mémoire en savent plus long que nous." Ce que l'amour, dans son éternel recommencement, nous apprend aussi. Empruntant, dans une deuxième partie des Voies de contournement, il revient sur un mode plus détaché et contemplatif aux questions sans fin que la création nous pose. Les lecteurs non-scientifiques s'enchanteront de cette explication rêveuse et intime des mécanismes obscurs de l'univers. Les amateurs de poésie suivront avec bonheur le rythme de ces vers ajustés à la pertinente équation de l'espace et du temps.
Dans ce troisième volet de La Physique amusante, l'auteur part d'une question naïve en apparence, "Est-ce que l'univers invente ou bien rabâche?", pour se l'appliquer à lui-même : "Est-ce que j'invente ou rabâche ?". Il emprunte, pour y répondre, La nébuleuse du songe. Comme s'il avait été là au commencement de l'univers, il parcourt l'histoire des découvertes qui, de Ptolémée, Copernic, Kepler, mènent à Bach ou Mozart, et s'aperçoit à la fin que "le corps et sa mémoire en savent plus long que nous." Ce que l'amour, dans son éternel recommencement, nous apprend aussi. Empruntant, dans une deuxième partie des Voies de contournement, il revient sur un mode plus détaché et contemplatif aux questions sans fin que la création nous pose. Les lecteurs non-scientifiques s'enchanteront de cette explication rêveuse et intime des mécanismes obscurs de l'univers. Les amateurs de poésie suivront avec bonheur le rythme de ces vers ajustés à la pertinente équation de l'espace et du temps.
Lors d'un vernissage au château Le Luxe, tout commence par la disparition de l'artiste Pierre Weiss, puis de sa sculpture, transportée on ne sait où par douze Polonais. Dans l'ivresse générale, les rôles s'inversent entre convives et domestiques, vivants et revenants, les accouplements font partout des émules, révélant les destins de personnages aux identités multiples. On aura compris qu'un illogisme malicieux plane sur cette fiction. En conteuse hors pair, Gaëlle Obiégly invite le lecteur à retomber en enfance, l'enfance de l'art romanesque. "Cette nuit-là, autour du musée des valeurs sentimentales des personnes sont rassemblées. Invités, intrus, maîtres, serviteurs. Le jour suivant les dispersera. Rien n'a été prémédité sauf la soirée en l'honneur d'un artiste qui déserte et provoque, par sa rébellion espiègle, l'illumination." Gaëlle Obiégly.
Lors d'un vernissage au château Le Luxe, tout commence par la disparition de l'artiste Pierre Weiss, puis de sa sculpture, transportée on ne sait où par douze Polonais. Dans l'ivresse générale, les rôles s'inversent entre convives et domestiques, vivants et revenants, les accouplements font partout des émules, révélant les destins de personnages aux identités multiples. On aura compris qu'un illogisme malicieux plane sur cette fiction. En conteuse hors pair, Gaëlle Obiégly invite le lecteur à retomber en enfance, l'enfance de l'art romanesque. "Cette nuit-là, autour du musée des valeurs sentimentales des personnes sont rassemblées. Invités, intrus, maîtres, serviteurs. Le jour suivant les dispersera. Rien n'a été prémédité sauf la soirée en l'honneur d'un artiste qui déserte et provoque, par sa rébellion espiègle, l'illumination." Gaëlle Obiégly.
L'agent Pinkerton Neil Galore apprend qu'un mystérieux complot se trame contre la ville de Chicago. La Brigade Pâle rôde et laisse derrière elle de nombreux incendies. Neil découvre aussi la vérité sur ses origines : Daisy Montel, l'épouse du légendaire Cecil Wardrop est sa mère.
L'agent Pinkerton Neil Galore apprend qu'un mystérieux complot se trame contre la ville de Chicago. La Brigade Pâle rôde et laisse derrière elle de nombreux incendies. Neil découvre aussi la vérité sur ses origines : Daisy Montel, l'épouse du légendaire Cecil Wardrop est sa mère.