Gabriel Fontaine
Gabriel Fontaine
Un village de brousse de Palenque, dans le Chiapas des zapatistes, Cécilia doit se prendre en main dès ses cinq ans. On enterre sa mère sous une butte, au coin du village. Tout le reste du temps, une lutte pour la nourriture, pour les jouets, pour accrocher son hamac chaque soir. Chaque matin, une course pour un bon banc à l'école du rang, un abri au toit de chaume sans mur. La fille est blonde, toujours plus grande que les autres, toujours différente. La grande jaune. On la persécute de ses différences. Son père est Américain, de Chicago. Il a rencontré sa mère, sur les ruines de Palenque, ça n'a pris que quelques minutes, ils ont fait Cécilia. Connaitra-t-elle son père? Jamais une journée sans lutter, la famille, le village, l'école, les petits commerces, d'autres commerces. Elle est sur la grande route des couloirs de la cocaïne, depuis la Colombie vers les États-Unis, à travers les eaux et terres mexicaines, parmi les trafiquants de village jusqu'aux politiciens, chefs d'État, depuis les ravisseurs jusqu'aux assassins. Dans tout ce monde, Cécilia veut souffler, veut vivre. Du Chiapas, se rendra-t-elle jusqu'à Chicago?
Il est né pour une brillante carrière. Aux portes de l'Université Laval, toutes les avenues lui sont ouvertes. Il choisit le Droit. Une excellente performance professionnelle, jusqu'à la magistrature à la Cour d'appel du Québec. Une retraite qui n'était pas prévue. Le drame. Il vient de découvrir le corps sans vie de son épouse, un revolver à ses côtés. L'homme propose un suicide d'abord, une mort assistée par la suite. Au procès, un jury décide : il s'agit d'un meurtre, le plus grave de tous, le meurtre prémédité. L'homme est en prison, avec possibilité de libération conditionnelle lorsqu'il aura 102 ans. Où est la trame d'une telle tragédie ? Des circonstances, un caractère, des émotions, du sexe, de l'argent ? L'auteur suit l'homme depuis la naissance, avec des us et coutumes, des circonstances, dans une trame qui a été perméable à une certaine fiction. Dieu a donné aux hommes un cerveau et un pénis, mais malheureusement pas assez de sang pour faire fonctionner les deux en même temps. (Robin William) À la Cour d'Appel du Québec, surnuméraire, c'est comme le ciel sans mourir. (Juge Delisle) En prison, dans une cellule, c'est comme l'enfer sans mourir. (L'auteur)