Françoise Héritier
Françoise Héritier
Dans cet essai, Françoise Héritier s'interroge sur l'importance du rapport frère/soeur comme pierre de touche de la parenté en général. Elle entend montrer que de tous les critères retenus par la pensée, celui-là plus que d'autres sert de fédérateur et de révélateur. Les systèmes de dénomination des apparentés, si on les prend comme un tout, présentent des combinaisons de critères dont la pertinence a été reconnue et analysée par l'anthropologie. Le rapport frère/soeur et ce qui en découle dans les appellations entre collatéraux et alliés (beaux-frères/belles-soeurs), ainsi que les prescriptions ou prohibitions matrimoniales qui en résultent, montrent une prééminence du frère sur la soeur, traduite en termes de génération. Le principe clé est qu'un degré de collatéralité orientée (du frère vers la soeur) équivaut à un degré de filiation. On perçoit, à ce niveau d'analyse, que les différents systèmes structuraux de la parenté se sont constitués parallèlement à l'édiction d'une valence différentielle des sexes, principe universel de l'organisation du social. Le rapport frère/soeur, envisagé cognitivement comme un rapport aîné/cadet, implique un rapport de dominance sexuée du même type que celui qui caractérise le rapport parent/enfant où l'antériorité, validée par la longue expérience néoténique des humains, est le critère implicite de la domination.
Ce serait une erreur de penser que l'Afrique est restée à l'écart de l'histoire du monde jusqu'à son ouverture par la colonisation, tout comme ce le serait inversement de croire que rien n'a pu s'y passer qui n'y soit introduit de l'extérieur. Ce grand corps gullivérien harcelé sur ses bords est aussi en tout temps parcouru de mouvements internes, de fermentations et de bouillonnements. [...] En quelque sorte, le continent africain se présente comme une gigantesque galerie ethnographique où seraient rassemblés la quasi-totalité des éléments, dans leurs diverses combinaisons, sur lesquels s'exerce la sagacité anthropologique. Et cette galerie, loin d'exposer des matériaux morts ou moribonds, des survivances ou des archaïsmes, les étale à nos yeux dans le foisonnement de la vie. Ainsi l'Afrique procure-t-elle la matière nécessaire à un travail anthropologique en profondeur : elle fournit toujours la ressource de comparer entre elles ses sociétés actuelles, qui sont diverses, tout en les confrontant à d'autres qui lui sont extérieures, mais elle offre aussi la possibilité de voir fonctionner in situ des institutions, et même parfois plus largement des types d'organisation sociale qu'ailleurs on ne connaît que par des descriptions ethnographiques anciennes ou par l'histoire.
Après une enfance marquée par la guerre et les traditionnelles vacances en Auvergne, où elle apprend les savoir-faire du terroir tout en observant l'organisation des liens familiaux, Françoise Héritier choisit l'ethnologie pour formation intellectuelle et l'Afrique pour terrain d'étude. Spécialiste des systèmes de parenté et d'alliance, elle a également travaillé sur des sujets aussi divers que le féminin/masculin, l'inceste, la violence... Généreuse et passionnée, celle qui a inscrit l'anthropologie dans la cité s'est aussi engagée sur des questions de société cruciales, comme le sida ou la parité. Françoise Héritier (1931-2017), est une anthropologue et ethnologue française. Elle a succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France, inaugurant la chaire d' étude comparée des sociétés africaines. Caroline Broué est productrice sur France Culture depuis 2007. Elle a créé en 2016, sur la même station, l'émission "La Matinale du samedi".
Etre femme ? Comment vivre en femme sur la planète des hommes ? A chaque époque, sa réponse. Mais toujours le même présupposé : ce sexe-là est le faible, le « deuxième », l’inférieur, le subordonné. Y eut-il un temps béni où une nature féminine se serait exprimée en toute liberté ? Comment nos lointaines grand-mères vivaient-elles leurs amours et leurs maternités ? Quand les hommes ont-ils voulu contrôler le ventre de leurs compagnes ? Comment, au fil des siècles, les femmes traversaient-elles l’enfance, l’adolescence, la maturité, la vieillesse ? Quel regard a-t-on porté sur elles ? Où en sommes-nous maintenant, à l’heure paradoxale des fécondations assistées et des crimes dits « d’honneur » ? Voici donc le grand roman des femmes. Dans un dialogue audacieux qui fait tomber nombre d’idées reçues, quatre femmes d’exception racontent, sans jargon ni tabous, l’histoire de la condition féminine. Ce qu’elles révèlent ici, c’est ce combat inouï contre l’ordre - moral, social et sexuel - imposé par des générations de monarques, prêtres, pères, maris, une longue marche qui est loin d’être terminée. Aujourd’hui, dans la société, la famille, le couple, l’intimité du lit, sommes-nous aussi dégagés des vieux préjugés que nous le prétendons ? Françoise Héritier est anthropologue, professeure honoraire au Collège de France. Michelle Perrot est historienne, spécialiste de l’histoire des femmes. Sylviane Agacinski est philosophe. Nicole Bacharan est historienne et politologue.
Après une enfance marquée par la guerre et les traditionnelles vacances en Auvergne, où elle apprend les savoir-faire du terroir tout en observant l'organisation des liens familiaux, Françoise Héritier choisit l'ethnologie pour formation intellectuelle et l'Afrique pour terrain d'étude. Spécialiste des systèmes de parenté et d'alliance, elle a également travaillé sur des sujets aussi divers que le féminin/masculin, l'inceste, la violence... Généreuse et passionnée, celle qui a inscrit l'anthropologie dans la cité s'est aussi engagée sur des questions de société cruciales, comme le sida ou la parité. Françoise Héritier (1931-2017), est une anthropologue et ethnologue française. Elle a succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France, inaugurant la chaire d' étude comparée des sociétés africaines. Caroline Broué est productrice sur France Culture depuis 2007. Elle a créé en 2016, sur la même station, l'émission "La Matinale du samedi".
?« Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d'exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c'est de cela que j'ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie. » F. H. Dans cette méditation tout en intimité et en sensualité, l'anthropologue Françoise Héritier traque ces choses agréables auxquelles notre être profond aspire, ces images et ces émotions, ces moments empreints de souvenirs qui font le goût de notre existence, qui la rendent plus riche, plus intéressante que ce que nous croyons souvent et dont rien, jamais, ne pourra être enlevé à chacun. Auteur notamment des Deux Soeurs et leur mère et de Masculin/Féminin, Françoise Héritier est professeur honoraire au Collège de France, où elle a dirigé le Laboratoire d'anthropologie sociale. Elle a été directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et présidente du Conseil national du sida. Lu par Dominique Blanc