François Sureau
François Sureau
"Je connais peu d'images aussi frappantes que celle par laquelle Nabokov décrit le départ d'un train : ce sont les wagons qui reculent le long du quai. Quant à la destination, elle n'est jamais celle qu'on a entrevue, en esprit, au moment de s'en aller." François Sureau n'a jamais cessé de rechercher la compagnie de ceux qui, comme lui, ont été habités par le désir de s'en aller. À travers les voyages de Victor Hugo, Philby père et fils ou Patrick Leigh Fermor, l'auteur revoit certains moments de sa vie. De la Hongrie après la chute du Mur à l'Inde et l'Himalaya, en passant par la guerre en Yougoslavie, il poursuit avec éclat sa méditation sur la beauté de l'aventure.
"Je connais peu d'images aussi frappantes que celle par laquelle Nabokov décrit le départ d'un train : ce sont les wagons qui reculent le long du quai. Quant à la destination, elle n'est jamais celle qu'on a entrevue, en esprit, au moment de s'en aller." François Sureau n'a jamais cessé de rechercher la compagnie de ceux qui, comme lui, ont été habités par le désir de s'en aller. À travers les voyages de Victor Hugo, Philby père et fils ou Patrick Leigh Fermor, l'auteur revoit certains moments de sa vie. De la Hongrie après la chute du Mur à l'Inde et l'Himalaya, en passant par la guerre en Yougoslavie, il poursuit avec éclat sa méditation sur la beauté de l'aventure.
Plongez dans Loin de Salonique, le deuxième tome des aventures de Thomas More, où François Sureau mêle intrigue policière et fresque historique.
Salonique, 1913, aux confins du monde grec, du monde ottoman : la poudrière des Balkans, où se pressent empires, nations en devenir, religions et révolutionnaires. Dans quelques semaines, ce sera l'assassinat du roi Georges Ier de Grèce ; dans un an, l'attentat de Sarajevo et les débuts de la Grande Guerre. Lorsque le corps d'un professeur de droit parisien est découvert dans le cimetière juif de la ville, Thomas More est sollicité par les autorités locales pour résoudre ce crime. Secondé par le jeune Paul Seligmann, il exhumera bien d'autres drames. Comme en équilibre sur un fil, il assistera aussi à la naissance d'un amour, avant qu'un monde ne disparaisse.
Plongez dans l’univers captivant de Les enfants perdus, premier tome des enquêtes du commissaire Thomas More, un détective aussi mystérieux qu’érudit.
Dans le premier volet des aventures de Thomas More, nous faisons connaissance avec ce détective à la fois mystérieux et attirant. Nous sommes en 1870, après la défaite de Sedan. More, commissaire spécial à la Sûreté, est retenu prisonnier dans la presqu'île d'Iges, comme des milliers de soldats français. Un crime commis dans son entourage conduit le roi de Prusse à demander l'aide de More. Chemin faisant, le commissaire éclaircit le mystère d'un autre assassinat, celui d'un capitaine de cuirassiers tué par un homme venu du bout du monde. Puis, rendu à la liberté en compagnie de son ami l'intendant Seligmann, More se consacre à l'affaire des incendies d'églises, sur la route de Laon à l'Alsace... Derrière l'aventure, François Sureau nous donne à lire un récit sur la nature du mal, du crime, du criminel, sur le passage du temps, qui confère une portée grave et profonde à ce feuilleton de haute volée où tours de passe-passe et érudition ajoutent au grand plaisir de lecture.
"La Seine est le fleuve sur le bord duquel j'aurai passé l'essentiel de ma vie. Je me suis aperçu très tard que cette mince coulée grise et verte formait le centre d'un territoire réel et imaginaire, dont je n'avais cessé de vouloir déchiffrer le secret." De la source à Troyes, de Samois à Évry, Bercy, Paris et au-delà, François Sureau suit les courbes de la Seine et rapporte de chacune de ses haltes un récit unique, étonnant et libre.
"La Seine est le fleuve sur le bord duquel j'aurai passé l'essentiel de ma vie. Je me suis aperçu très tard que cette mince coulée grise et verte formait le centre d'un territoire réel et imaginaire, dont je n'avais cessé de vouloir déchiffrer le secret." De la source à Troyes, de Samois à Évry, Bercy, Paris et au-delà, François Sureau suit les courbes de la Seine et rapporte de chacune de ses haltes un récit unique, étonnant et libre.
"Je me suis demandé depuis, presque chaque jour, si j'aurais pu rédiger autre chose que ce que j'avais écrit." Paris, début des années 1980. Un ancien militant basque refuse de rentrer en Espagne après vingt ans d'exil. Il se dit menacé de mort et réclame la protection de la France. Pour la justice française, l'affaire est délicate. Accéder à cette demande, c'est nier le retour de l'Espagne à la démocratie et à l'État de droit. Refuser serait faire preuve d'aveuglement sur la réalité de ces assassinats visant les ex-opposants du franquisme. C'est au narrateur, un jeune juriste encore inexpérimenté, qu'il va revenir de trancher.
"Je me suis demandé depuis, presque chaque jour, si j'aurais pu rédiger autre chose que ce que j'avais écrit." Paris, début des années 1980. Un ancien militant basque refuse de rentrer en Espagne après vingt ans d'exil. Il se dit menacé de mort et réclame la protection de la France. Pour la justice française, l'affaire est délicate. Accéder à cette demande, c'est nier le retour de l'Espagne à la démocratie et à l'État de droit. Refuser serait faire preuve d'aveuglement sur la réalité de ces assassinats visant les ex-opposants du franquisme. C'est au narrateur, un jeune juriste encore inexpérimenté, qu'il va revenir de trancher.
"Personne d'autre que le citoyen libre n'a qualité pour juger de l'emploi qu'il fait de sa liberté, sauf à voir celle-ci disparaître. Ainsi la loi ne peut-elle permettre à l'État de restreindre abusivement la liberté d'aller et venir, de manifester, de faire connaître une opinion, de s'informer, de penser pour finir." François Sureau Lorsque Chateaubriand déclare que "sans la liberté il n'y a rien dans le monde", ce n'est pas seulement un propos de littérateur. Il exprime cette vérité trop souvent oubliée que "sans la liberté", il n'y a pas de société politique, seulement le néant de ces individus isolés auquel l'État, porté à l'autoritarisme et à l'ordre moral, a cessé d'appartenir. Tel est bien le danger de la démocratie moderne que François Sureau s'emploie ici à désigner tant dans nos moeurs sociales que dans notre vie politique et, sans concession, à la lumière de nos responsabilités individuelles et collectives. L'homme est voué à la liberté ; il lui revient continûment, avec "patience et souffle", d'en reformuler le projet politique et de n'y rien céder.
Ce livre est le libre récit d'une vie d'homme d'action. Celle de Patrocle Passavant des Baleines, lieutenant de vaisseau, agent de l'État, aventurier bien vivant, qui, à l'instar de Moravagine ou de Battling, ses prédécesseurs, aurait pu, tout aussi bien, n'être qu'une créature de fiction. Mais, l'auteur peut en témoigner, cette vie de héros, Passavant l'a conduite sans faiblir vingt ans durant. Yougoslavie, Cambodge, Djibouti, Afghanistan... Comment épouser le mouvement d'une pareille existence, sinon en inventant ce long poème, qui chante un monde où l'action est vraiment la soeur du rêve ?
Ce livre est le libre récit d'une vie d'homme d'action. Celle de Patrocle Passavant des Baleines, lieutenant de vaisseau, agent de l'État, aventurier bien vivant, qui, à l'instar de Moravagine ou de Battling, ses prédécesseurs, aurait pu, tout aussi bien, n'être qu'une créature de fiction. Mais, l'auteur peut en témoigner, cette vie de héros, Passavant l'a conduite sans faiblir vingt ans durant. Yougoslavie, Cambodge, Djibouti, Afghanistan... Comment épouser le mouvement d'une pareille existence, sinon en inventant ce long poème, qui chante un monde où l'action est vraiment la soeur du rêve ?
"J'ai longtemps détesté Ignace de Loyola, lui trouvant l'air d'un égaré baigné de larmes, nous appelant sans discrétion aux sacrifices qu'une imagination médiévale lui faisait concevoir. Je n'aimais ni sa phrase, ni ses deux étendards, ni son passé de soldat ni son avenir de général du pape, ni son visage au front étroit et fuyant. Son militarisme m'écoeurait, tout comme ses règles et ses disciplines et les mille arguties de sa correspondance. je ne voyais pas comment le même homme qui avait voulu, selon la tradition orientale, devenir fou pour le Christ, et méprisé, pouvait dans ses lettres peser à ce point le pour et le contre et composer avec les puissants." En un portrait bref et acéré, François Sureau fait céder l'image trop lisse d'un homme auquel les livres pieux sont impuissants à rendre justice.
"J'ai longtemps détesté Ignace de Loyola, lui trouvant l'air d'un égaré baigné de larmes, nous appelant sans discrétion aux sacrifices qu'une imagination médiévale lui faisait concevoir. Je n'aimais ni sa phrase, ni ses deux étendards, ni son passé de soldat ni son avenir de général du pape, ni son visage au front étroit et fuyant. Son militarisme m'écoeurait, tout comme ses règles et ses disciplines et les mille arguties de sa correspondance. je ne voyais pas comment le même homme qui avait voulu, selon la tradition orientale, devenir fou pour le Christ, et méprisé, pouvait dans ses lettres peser à ce point le pour et le contre et composer avec les puissants." En un portrait bref et acéré, François Sureau fait céder l'image trop lisse d'un homme auquel les livres pieux sont impuissants à rendre justice.
Petroleo Futuro Internacional, la grande compagnie pétrolière dans laquelle le Tueur a accepté de s'engager publiquement, tourne à plein régime depuis quatre ans et ses résultats dépassent toutes les espérances. Devenu un homme riche, le Tueur pourrait enfin raccrocher pour ne plus se consacrer qu'à sa famille. Mais on ne se débarrasse pas si aisément d'un pedigree aussi chèrement acquis. Mariano, l'ami colombien du Tueur, est devenu ministre dans son pays et n'aspire qu'à s'élever dans la hiérarchie, quitte à voir disparaître certains concurrents gênants. L'ex-truand décide donc de faire appel aux talents du Tueur. Lequel, à la fois par amitié et par désoeuvrement, accepte de « rendre service » à Mariano... la BD qui a inspiré The Killer, le film Netflix
Petroleo Futuro Internacional, la grande compagnie pétrolière dans laquelle le Tueur a accepté de s'engager publiquement, tourne à plein régime depuis quatre ans et ses résultats dépassent toutes les espérances. Devenu un homme riche, le Tueur pourrait enfin raccrocher pour ne plus se consacrer qu'à sa famille. Mais on ne se débarrasse pas si aisément d'un pedigree aussi chèrement acquis. Mariano, l'ami colombien du Tueur, est devenu ministre dans son pays et n'aspire qu'à s'élever dans la hiérarchie, quitte à voir disparaître certains concurrents gênants. L'ex-truand décide donc de faire appel aux talents du Tueur. Lequel, à la fois par amitié et par désoeuvrement, accepte de « rendre service » à Mariano... la BD qui a inspiré The Killer, le film Netflix
Au début du siècle, un petit château dans le Berry. Les habitants du pays croient que chaque nouveau propriétaire apporte avec lui une nouvelle guerre. Augustin Pieyre est chirurgien à la Pitié-Salpêtrière. Il aime son métier. Il a pris, croit-il, la mesure de sa vie, entre l'hôpital et ses misères, son père, libraire place Saint-Sulpice, l'amour qu'il porte à sa ville, et les plaisirs de l'amitié. Il qui reste encore à passer de l'autre côté du miroir. Augustin Pieyre et le château de Bussy se rencontrent. Commencent pour Augustin un parcours initiatique où, sur les traces de ses aînés, il est mis en face de la folie, de l'amour, de la guerre, et de sa propre mort. Le Berry, étangs et forêts, Paris et l'hôpital, la Macédoine et Salonique, l'Égypte et l'Alsace, sont à l'arrière-plan de ce long voyage dicté par le désir de traverser les apparences. Grand Prix du Roman de l'Académie française
En 1938, Blaise Cendrars a cinquante et un ans. Il est "le bourlingueur", et l'un des écrivains les plus connus du temps. Pourtant il est triste, et n'arrive plus à écrire. Un soir, un ami lui présente Élisabeth Prévost. Elle a vingt-sept ans, a déjà traversé l'Afrique plusieurs fois ; elle est belle, riche, c'est une aventurière. Pendant un an, Cendrars part vivre avec elle dans la forêt des Ardennes, où elle élève des chevaux. Auprès d'elle, il puise l'enthousiasme et se remet à l'oeuvre. Ils forment le projet d'un tour du monde à la voile, s'organisent. Mais c'est la guerre : Cendrars la quitte presque sans un mot, pour s'engager à nouveau. Ils ne se reverront pas. Nul ne sait ce qu'il y a eu entre eux pendant cette année hors du temps, mais cette rencontre fugace, magique, fut importante pour tous deux. Dans des notes trouvées après sa disparition, Élisabeth Prévost écrit : "Blaise Cendrars est l'homme qui a le plus marqué mon coeur et mon esprit."
En 1938, Blaise Cendrars a cinquante et un ans. Il est "le bourlingueur", et l'un des écrivains les plus connus du temps. Pourtant il est triste, et n'arrive plus à écrire. Un soir, un ami lui présente Élisabeth Prévost. Elle a vingt-sept ans, a déjà traversé l'Afrique plusieurs fois ; elle est belle, riche, c'est une aventurière. Pendant un an, Cendrars part vivre avec elle dans la forêt des Ardennes, où elle élève des chevaux. Auprès d'elle, il puise l'enthousiasme et se remet à l'oeuvre. Ils forment le projet d'un tour du monde à la voile, s'organisent. Mais c'est la guerre : Cendrars la quitte presque sans un mot, pour s'engager à nouveau. Ils ne se reverront pas. Nul ne sait ce qu'il y a eu entre eux pendant cette année hors du temps, mais cette rencontre fugace, magique, fut importante pour tous deux. Dans des notes trouvées après sa disparition, Élisabeth Prévost écrit : "Blaise Cendrars est l'homme qui a le plus marqué mon coeur et mon esprit."
En mars 1918, la Grande Guerre est tout près d'être perdue, sous les coups de l'armée allemande rassemblée pour un dernier assaut. Au même moment, le gouvernement belge demande au gouvernement français de lui prêter la guillotine et le bourreau de Paris pour exécuter à Furnes, en zone d'occupation allemande, un condamné à mort. Voici plus de cinquante ans que la Belgique n'exécute plus ses criminels, mais le roi des Belges a décidé de faire un exemple. La France accepte. Deibler, 'l'exécuteur des hautes oeuvres', se met en route vers Furnes, avec sa machine démontée et rangée dans des caisses, sous la protection d'une petite escorte. Il leur faudra traverser la ligne de front, munis de sauf-conduits délivrés par tous les belligérants. Les États se sont mis d'accord, non pour arrêter la tuerie, mais pour permettre à un bourreau d'exécuter un homme de plus. S'inspirant de faits réels, François Sureau nous présente un récit dramatique sur l'obéissance aux ordres, une méditation sur la conscience de ceux qui y consentent malgré tout.
« On raconte que les mourants revoient dans les derniers instants leur vie entière, en commençant par la fin. C'est ainsi que je vais vous raconter celle de Guillaume Apollinaire, des hasards de la maladie aux hasards de l'origine : une fin, comme un commencement, pris dans le mystère. »Prenant le contrepied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d'Apollinaire, pour mieux s'approcher de ce qui a hanté de manière permanente l'existence de Guillaume : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l'étranger.Ce n'est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que l'acuité avec laquelle il a perçu le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu'il en a livré dans son oeuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l'écrivain.
« On raconte que les mourants revoient dans les derniers instants leur vie entière, en commençant par la fin. C'est ainsi que je vais vous raconter celle de Guillaume Apollinaire, des hasards de la maladie aux hasards de l'origine : une fin, comme un commencement, pris dans le mystère. »Prenant le contrepied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d'Apollinaire, pour mieux s'approcher de ce qui a hanté de manière permanente l'existence de Guillaume : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l'étranger.Ce n'est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que l'acuité avec laquelle il a perçu le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu'il en a livré dans son oeuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l'écrivain.
Prenant comme point de départ des éléments nouveaux découverts sur Madani, complice de l'assassinat de Charles de Foucauld (1858-1916), et sur un certain commandant Florimond, qui l'interrogea trente ans après les faits, François Sureau tente de relire l'itinéraire de Charles de Foucauld à la lumière du dénuement extrême dans lequel il a choisi de finir ses jours au milieu du désert. Tout entier abandonné à Dieu, n'ayant converti personne, lâché par l'institution religieuse à la fin de sa vie - c'est la radicalité de Foucauld qui intéresse François Sureau. Radicalité de cet homme qui a grandi dans une famille où dépression et folie de ses parents marquèrent profondément son enfance. Radicalité de sa vie de noceur et d'officier, qui s'oppose à l'extrême pauvreté de ses derniers jours. Radicalité de ce religieux qui s'intéresse aux tribus d'Afrique du Nord, en recueille les poèmes et la langue, quand les colons ne les considèrent que comme des ennemis. Radicalité encore de celui qui voyagea en Afrique du Nord dans un déguisement de rabbin. Radicalité enfin de sa lecture des évangiles, dont il retient la figure de Jésus, parfait anonyme à Nazareth, qui travaille de ses mains et ne prêche pas encore. Après Inigo et Le chemin des morts, François Sureau signe un nouveau récit de vie, où échecs, creux et manques valent plus que hauts faits et triomphes. Prix Combourg-Chateaubriand 2016
Prenant comme point de départ des éléments nouveaux découverts sur Madani, complice de l'assassinat de Charles de Foucauld (1858-1916), et sur un certain commandant Florimond, qui l'interrogea trente ans après les faits, François Sureau tente de relire l'itinéraire de Charles de Foucauld à la lumière du dénuement extrême dans lequel il a choisi de finir ses jours au milieu du désert. Tout entier abandonné à Dieu, n'ayant converti personne, lâché par l'institution religieuse à la fin de sa vie - c'est la radicalité de Foucauld qui intéresse François Sureau. Radicalité de cet homme qui a grandi dans une famille où dépression et folie de ses parents marquèrent profondément son enfance. Radicalité de sa vie de noceur et d'officier, qui s'oppose à l'extrême pauvreté de ses derniers jours. Radicalité de ce religieux qui s'intéresse aux tribus d'Afrique du Nord, en recueille les poèmes et la langue, quand les colons ne les considèrent que comme des ennemis. Radicalité encore de celui qui voyagea en Afrique du Nord dans un déguisement de rabbin. Radicalité enfin de sa lecture des évangiles, dont il retient la figure de Jésus, parfait anonyme à Nazareth, qui travaille de ses mains et ne prêche pas encore. Après Inigo et Le chemin des morts, François Sureau signe un nouveau récit de vie, où échecs, creux et manques valent plus que hauts faits et triomphes. Prix Combourg-Chateaubriand 2016
"M. François Sureau, ayant été élu à l'Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Max Gallo, y est venu prendre séance le jeudi 3 mars 2022, et a prononcé le discours suivant : Mesdames et Messieurs de l'Académie, Avant de m'asseoir parmi vous, suprême récompense des talents incertains d'eux-mêmes, laissez-moi rester quelques instants debout parmi les vivants et les ombres. Aux vivants je dois ce remerciement que je ferai tout à l'heure. Quant aux ombres, je voudrais faire apparaître, bien sûr, celle de La Fontaine, qui fut un moment avocat à Paris et reste à jamais le plus vivant d'entre nous, lui qui dormait vingt heures sur vingt-quatre et ne se réveillait que pour la poésie et pour l'amour ; mais l'ombre aussi de Chateaubriand exposé pour toujours au silence et au vent de la mer, et celle de Deniau revenant du Panshir, et celle de Jean d'Ormesson parlant d'Augustin avec Ayyam Wassef, et j'étais ébloui, et cet éblouissement n'a pas cessé. Je m'en serais voulu d'annexer ainsi, à l'instar d'un député des candidatures multiples, d'autres fauteuils que le mien, si je ne m'étais souvenu que l'Académie, c'est une Compagnie dans laquelle on entre, et non une circonscription dont on hérite..." Ce volume rassemble le discours de réception de François Sureau à l'Académie française et la réponse de Michel Zink.
"M. François Sureau, ayant été élu à l'Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Max Gallo, y est venu prendre séance le jeudi 3 mars 2022, et a prononcé le discours suivant : Mesdames et Messieurs de l'Académie, Avant de m'asseoir parmi vous, suprême récompense des talents incertains d'eux-mêmes, laissez-moi rester quelques instants debout parmi les vivants et les ombres. Aux vivants je dois ce remerciement que je ferai tout à l'heure. Quant aux ombres, je voudrais faire apparaître, bien sûr, celle de La Fontaine, qui fut un moment avocat à Paris et reste à jamais le plus vivant d'entre nous, lui qui dormait vingt heures sur vingt-quatre et ne se réveillait que pour la poésie et pour l'amour ; mais l'ombre aussi de Chateaubriand exposé pour toujours au silence et au vent de la mer, et celle de Deniau revenant du Panshir, et celle de Jean d'Ormesson parlant d'Augustin avec Ayyam Wassef, et j'étais ébloui, et cet éblouissement n'a pas cessé. Je m'en serais voulu d'annexer ainsi, à l'instar d'un député des candidatures multiples, d'autres fauteuils que le mien, si je ne m'étais souvenu que l'Académie, c'est une Compagnie dans laquelle on entre, et non une circonscription dont on hérite..." Ce volume rassemble le discours de réception de François Sureau à l'Académie française et la réponse de Michel Zink.
Un soir de novembre 1918, au lendemain de la Victoire, un homme se souvient. Né en 1865 en Alsace, il repasse avec une précision calme et douloureuse la chronique d'une vie française. À vingt ans il a suivi les hommes de Lesseps au Panama. Dans la putréfaction tropicale il a vu s'effondrer les amours et les rentes. Revenu à Paris il devient, auprès de Clemenceau, une éminence grise de la Ille République. Dans le lent crépuscule qui mène à la guerre, il est un montreur d'ombres et d'intrigues, rompu au clair-obscur de l'affairisme et des alcôves. Mais la trame secrète qui relie le scandale du Panama, la forfaiture des politiciens et les saignées de la Grande Guerre dessine, au soir de sa vie, l'image d'une corruption. Un acide qui a rongé le siècle comme le temps consume toute vie. Une femme tôt aimée, tôt disparue, qui représente tout cela, lui revient sans cesse en mémoire. Un vieil homme hanté par ses souvenirs dit son amertume et ses désillusions à l'égard de la politique.
Un soir de novembre 1918, au lendemain de la Victoire, un homme se souvient. Né en 1865 en Alsace, il repasse avec une précision calme et douloureuse la chronique d'une vie française. À vingt ans il a suivi les hommes de Lesseps au Panama. Dans la putréfaction tropicale il a vu s'effondrer les amours et les rentes. Revenu à Paris il devient, auprès de Clemenceau, une éminence grise de la Ille République. Dans le lent crépuscule qui mène à la guerre, il est un montreur d'ombres et d'intrigues, rompu au clair-obscur de l'affairisme et des alcôves. Mais la trame secrète qui relie le scandale du Panama, la forfaiture des politiciens et les saignées de la Grande Guerre dessine, au soir de sa vie, l'image d'une corruption. Un acide qui a rongé le siècle comme le temps consume toute vie. Une femme tôt aimée, tôt disparue, qui représente tout cela, lui revient sans cesse en mémoire. Un vieil homme hanté par ses souvenirs dit son amertume et ses désillusions à l'égard de la politique.
Face à la menace djihadiste, la tentation est grande pour le pouvoir de piétiner les libertés fondamentales. Comme avocat représentant la Ligue des droits de l'homme, François Sureau a plaidé à trois reprises devant le Conseil constitutionnel la non-conformité à notre Constitution de dispositions législatives relatives à l'état d'urgence : la première pénalisait la consultation de sites terroristes, la seconde créait un « délit d'entreprise individuelle terroriste », la troisième entravait la liberté d'aller et venir. À trois reprises, il a gagné. Ces plaidoiries constituent un magistral essai de défense de nos libertés publiques. Convoquant Hugo, Tocqueville, Alain, Blum, Maritain ou Simone Weil, François Sureau livre, dans une langue altière et ample, un petit précis de pensée politique et un concentré de l'âme française.
Sur les bords de tout est le troisième volet des aventures du lieutenant de vaisseau Passavant des Baleines. Par l'entremise de ce double, François Sureau revient sur vingt ans d'aventures dans les points chauds du globe, aventures qu'il traite sur un mode à la fois attendri et parodique. Ce récit poétique a l'allure d'un collage où les éléments les plus prosaïques et parfois les plus cruels de notre monde moderne servent malgré eux à une forme d'accomplissement. Hommage à peine voilé à Cendrars comme aux ermites égyptiens des premiers siècles, Sur les bords de tout explore les rivages du fleuve qui nous emporte vers on ne sait où.
Sur les bords de tout est le troisième volet des aventures du lieutenant de vaisseau Passavant des Baleines. Par l'entremise de ce double, François Sureau revient sur vingt ans d'aventures dans les points chauds du globe, aventures qu'il traite sur un mode à la fois attendri et parodique. Ce récit poétique a l'allure d'un collage où les éléments les plus prosaïques et parfois les plus cruels de notre monde moderne servent malgré eux à une forme d'accomplissement. Hommage à peine voilé à Cendrars comme aux ermites égyptiens des premiers siècles, Sur les bords de tout explore les rivages du fleuve qui nous emporte vers on ne sait où.