Francine Teneur
Francine Teneur
Adeline, séparée de Tanguy, abandonne la direction du foyer d’enfants qu’ils dirigeaient ensemble. Une rencontre inattendue avec un érudit collectionneur de manuscrits va bouleverser sa vie.
Un homme mûri par la guerre, Aimé-Gaël, s'éprend de Diane. Mal remise d'une grave déception sentimentale, la jeune fille accepte de l'épouser. Par raison, il le sait, mais il s'accroche au vain espoir qu'elle changera... Cinquante années d'un amour conjugal à sens unique, c'est bien « le lierre sur la banquise », un de ces thèmes psychologiques qu'affectionne particulièrement Francine Teneur. Il faudra la mort, assez misérable, d'Aimé-Gaël (ici, une approche bouleversante de cette maladie d'Alzheimer, qui semble se répandre à mesure que l'on prolonge la durée de l'existence), pour que Diane se décide à lire le journal intime auquel il confiait tout ce que, dans son indifférence, elle avait toujours refusé d'écouter. Elle découvre alors à quel point elle a pu le méconnaître et le faire souffrir. La plainte lancinante du mal-aimé, les révélations de toutes sortes (en particulier sur un genre insoupçonné de captivité), l'emplissent d'un tel regret, l'émotion de sa prise de conscience des années perdues est telle, qu'elle ne survivra pas à l'homme qu'elle eût pu aimer. Roman bien mené, tout en nuances, dont les accents sont si justes qu'on s'y attache aussitôt. Un des meilleurs romans de Francine Teneur, où elle démontre - une fois de plus - son talent de pénétrer les coeurs et les âmes, ce talent dont Paul Guth écrit qu'il « allie l'émotion, l'humour, l'amour, la poésie, la tendresse, dans un style chaleureux, percutant, virulent, alangui, frémissant à toutes les caresses des sensations, des sentiments, des idées ».
Tiphaine est en vacances en Bretagne chez son père, Yvon, dans l'île magnifique où elle a été élevée. C'est une belle lycéenne de quinze ans, à demi-orpheline de naissance, qui court les grèves en sauvageonne, et passe des heures à son piano quand son père s'absente pour travailler. La rentrée scolaire approche, les "belles toutes nues" fleurissent, les résidences secondaires se sont vidées presque toutes ensemble. Dorian est-il reparti en ville, lui aussi ? De toute façon, le fils de la riche famille d'en face semble, non seulement ignorer l'adolescente amoureuse de lui, mais l'existence même des Perrin, ses plus proches voisins... Deux fois couronné, le précédent livre de Francine Teneur, "Le lierre sur la banquise", est considéré par Paul Guth comme l'oeuvre d'une "extraordinaire romancière-musicienne, dont le style adopte la voix de tous les instruments, de la flûte au violon, à l'alto, au violoncelle, jusqu'aux grandes orgues, sans oublier les pizzicati ironiques du comique". Comment ne pas se souvenir de cet éloge en lisant "Les belles îliennes" ? (en écoutant "Les belles îliennes", pourrait-on écrire). Tout est musique des mots dans ce nouveau roman de Francine Teneur : les lumineuses évocations de l'île de Bréhat constituent le fond d'un orchestre, d'où s'élèvent les chants de l'amour, de la tendresse, du désespoir parfois, et les voix d'une étonnante lignée de femmes volontaires et passionnées.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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