Florent Champy
Florent Champy
Depuis le début des années 80, la commande publique d'architecture a beaucoup évolué. Cette étude s'intéresse tant à ces évolutions qu'à leurs conséquences sur la création architecturale et la profession d'architecte. Sont ainsi explorés les formes d'organisation de la maîtrise d'ouvrage, l'utilisation de l'architecture à des fins de communication, le coûts des projets, etc. « Copyright Electre »
Les sociétés modernes sont traversées par de fortes demandes de sécurité, et y répondent de multiples façons. Mais elles sont incapables de faire face à des dangers pourtant évitables. Dégradations environnementales. Crises financières à répétition. Scandales alimentaires et pharmacologiques. Féminicides précédés d'alertes. Mal-logement dans des pays riches... La récurrence des catastrophes n'a jamais été étudiée comme objet ; ce livre pallie ce manque. Il vise à élucider ce paradoxe : comment expliquer que les sociétés modernes échouent à apporter des réponses appropriées à des dangers graves voire mettant en jeu leur survie, malgré des lois, des institutions et des dispositifs protecteurs omniprésents ? À partir de cinq cas et en s'appuyant sur des films, une enquête met systématiquement au jour les facteurs de production de catastrophes évitables. Une représentation des sociétés modernes émerge ainsi, où diverses fragilités de la « prudence », une façon de penser étudiée par les philosophes, s'articulent dans une « machine à catastrophes ». Ce travail vise à aider des personnes confrontées à des prises de risques inconsidérées et des défauts de prudence à affronter cette machine délétère.
Ce livre vise à dépasser des apories de l'étude des professions savantes. Clivé entre une approche essentialisant le travail et une autre focalisée sur la variété des conceptions légitimes d'une même activité, ce domaine ne pouvait penser ensemble l'identité d'une activité et les variations des pratiques auxquelles elle donne lieu. S'appuyant sur de nombreux cas, ce livre propose un cadre théorique articulant l'étude des contraintes normatives et des luttes entre conceptions concurrentes du travail. Son apport est triple. Il renouvelle de nombreux thèmes de l'étude des professions. Il montre plus largement comment peut être surmontée l'opposition, omniprésente en sociologie, des regards objectiviste et relativiste sur le social. Enfin, la distance prise avec le relativisme peut aider les professionnels à défendre leurs activités fragilisées par l'hégémonie des logiques économiques.
Des menaces venues du management et des marchés pèsent sur l'autonomie dans le travail de professions revendiquant un haut niveau de compétence (médecins, juristes, etc.). Or, la sociologie des professions est fortement interpellée par ces évolutions. Jusqu'aux années 1960, elle s'était particulièrement intéressée à ces activités, reprenant souvent sans distance le discours des professionnels sur leurs pratiques. Mais une sociologie plus critique a ensuite mis l'accent sur les similitudes avec des métiers moins prestigieux (plombier, infirmière). Ayant accordé peu d'attention aux spécificités de certains types de métiers, cette deuxième approche, aujourd'hui dominante, est peu armée pour penser les enjeux des évolutions actuelles.Un premier objectif de cet ouvrage consiste à présenter systématiquement les auteurs, les théories, les démarches et les thèmes (carrières, travail, genre, statuts, etc.) constitutifs de ces deux approches successives des professions. Puis l'auteur met en évidence l'émergence d'un troisième regard, qui vise à résoudre les difficultés rencontrées par l'approche critique. S'aidant des réflexions d'Aristote sur les formes d'action dans des situations de forte incertitude, il montre à partir de plusieurs exemples comment les pressions productivistes et les tendances à la standardisation et à la bureaucratisation du travail professionnel menacent la place des « pratiques prudentielles » dans nos sociétés.