Fernando Arrabal
Fernando Arrabal
De son père, Fernando Arrabal ne garde que le souvenir de ses grandes mains lui caressant les chevilles, un été à la plage. Arrêté en avril 1936, son père sera porté disparu. Ni mort, ni vivant. Aucune trace ne reste de lui. Élevé en totale symbiose par une mère mante religieuse, qui le fait vivre volets clos, ne parle qu'à voix basse et rabâche ses reproches envers la prétendue mauvaise conduite politique du père, l'enfant grandit dans une atmosphère étouffante : Pourquoi lui fait-elle croire à la mort de son père ? Pourquoi n'a-t-elle jamais transmis ses lettres à l'enfant ? Pourquoi a-t-elle déchiré toutes ses photos ? Pourquoi s'enferme-t-elle dans le silence ? La quête du père est, d'abord, une quête de la vérité, hors mensonges et non-dits. "Si j'étais sûr que mon père était mort, il aurait cessé de me hanter. Même si j'avais la certitude qu'il avait été torturé jusqu'au dernier souffle. Mais pouvait-il disparaître sans laisser de traces... ? Le pays était quadrillé. Les policiers avaient le droit de tirer sur un prisonnier en fuite comme lui. Quel affront pour l'État de ne pas l'avoir trouvé ! Et, pourtant, il disparut comme si la terre l'avait englouti..."
Dans une chambre close, Hiéronymus, nain prisonnier de deux femmes énigmatiques, découvre l’amour et le savoir sous leur joug. Dehors, un cortège carnavalesque défile, grotesque et fascinant comme une toile de Goya.
Et si l’échiquier était un miroir de nos mythes et de nos destins ? Échecs et mythe de Fernando Arrabal explore la dimension sacrée et politique du jeu d’échecs, où chaque pièce incarne une allégorie du pouvoir, de la folie et de la liberté.
Une femme de la haute société espagnole, souhaitant un enfant « sans père », s'assure les services d'un « géniteur d'occasion », et met au monde une créature étrange. La fillette va vivre une destinée prodigieuse. À onze ans, elle parle couramment plusieurs langues, et ses connaissances suscitent l'admiration de tous. Einstein est fasciné, Freud souhaite rencontrer ce « cas éblouissant », H.G. Wells et Havelock Ellis (le père de l'eugénisme) voudraient l'attirer à Londres pour travailler avec elle. À quinze ans, elle a déjà acquis une célébrité qui dépasse les frontières de son pays. Un an plus tard, celle que l'opinion publique a surnommée « la Vierge rouge », est assassinée par sa mère de six balles de revolver... D'un côté, donc, une bien curieuse « mère célibataire », sorte de Jeanne d'Arc délirante, de Marie Curie surréaliste, de Sarah Bernhardt chaplinesque, d'Héloïse perverse. De l'autre, une « vraie poupée en chair et en os », considérée comme la « pionnière de la révolution sexuelle en Espagne », qui avait choisi le chemin de la liberté : « Toi, tu courras dans le soleil, et moi je marcherai sous la terre ».
Arrabal est, parmi les auteurs dramatiques d'aujourd'hui, celui dont les oeuvres sont le plus souvent représentées. Cependant, comme le remarque The New York Times à son propos : « Le roman n'est pas un prolongement, mais une explosion de son théâtre ». La fille de King Kong est une orpheline qui, n'ayant connu ni père ni mère, peut à son gré, au cours des vagabondages de son imagination, s'attribuer une illustre ou mythique naissance. Qu'elle végète à l'hospice, dépérisse dans une maison close, côtoie le vice, commette deux meurtres, ou se trouve mêlée aux péripéties multiples du tournage d'un film, sa fantaisie lui permet de s'évader toujours, et de rejoindre celui dont elle a fait son héros, son compagnon d'infortune et de rêverie : Miguel de Cervantès.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
"Absorbé en lui-même, Clergue avec sa Passion drape de stupeurs son innocence et de méditations sa spontanéité. Son essence ne parvient à s'extérioriser que sous forme de couleurs, rites, brûlures et cérémonies : ses photos sont inévitablement exactes en leur prodigieuse acuité. Leurs tons froids et chauds s'entrechoquent, le sabbat, la danse macabre, les vanités s'y mêlent aux évolutions du torero qui renoue ainsi avec les origines sacrées de sa fonction. Le rythme, en pénétrant son oeuvre, s'adapte et ondule dans les extrémités du hasard."
"Humbles paradis s'ouvre comme un écrin où scintillent de petits joyaux d'humour et de fraîcheur, une série de poèmes consacrés aux insectes, minuscules jouets que la Nature donne aux enfants et que l'adulte n'a pas oubliés. Matière à la fois humble et prodigieuse, travaillée en orfèvre par un poète qui se souvient du Siècle d'Or espagnol. Cette Première anthologie poétique offre également au lecteur des extraits de La Pierre de la Folie, l'oeuvre qu'André Breton avait tant prisée, et divers poèmes inédits qui nous dévoilent l'aspect le moins connu du talent d'Arrabal, celui pourtant auquel il tient le plus et qui se révèle fascinant." J.-F. Forneret (1985).
"Arrabal hérite de la lucidité d'un Kafka et de l'humour d'un Jarry ; il s'apparente, dans sa violence, à Sade ou à Artaud. Mais il est sans doute le seul à avoir poussé la dérision aussi loin. Sous la chaux vive de son cynisme guignolesque, le monde familier s'effrite comme un décor de carton-pâte. Le rire devient alors un rituel d'évasion, une catharsis capable de déjouer la peur qui hanta l'enfance du dramaturge. Il y a là une énergie cannibale, un hédonisme de la confusion qu'Arrabal appelle volontiers le "panique" : tout à la fois un happening et un opera mundi, une tragédie et une farce, un mélange de répugnant et de sublime, de mauvais goût et de raffinement, de vulgarité et de poésie... C'est ce sens du paradoxe qui fait l'originalité d'Arrabal : le réel ici est toujours magique..." Dictionnaire des littératures de langue française (Bordas).