Émile Saisset
Émile Saisset
Augustin d'Hippone, ou Saint-Augustin, le plus illustre docteur de l'Église, fut l'un des philosophes dont la pensée a exercé la plus puissante influence sur les esprits en Occident. Ce qui rend la vie d'Augustin exemplaire, c'est qu'il soutient le bon combat non seulement contre lui-même, mais contre tous les ennemis de l'Église et de l'Empire. S'il fut un docteur et un saint, il fut aussi le type de l'homme d'action à une des époques les plus découragées. Qu'il ait triomphé de ses passions, cela, en somme, ne regarde que Dieu et lui. Qu'il ait prêché, écrit, remué les foules, agité les esprits, cela peut paraître indifférent à ceux qui rejettent sa doctrine. Mais qu'à travers les siècles son âme brûlante de charité échauffe encore les nôtres, qu'à notre insu, il continue à nous former, et que, d'une façon plus ou moins lointaine, il soit encore le maître de nos coeurs, et, à de certains égards, de nos esprits, voilà qui nous touche les uns et les autres, indistinctement... L'âme occidentale est marquée à l'empreinte de la sienne.
Au siècle dernier, il y avait encore à Oxford, au delà de la ville, dans un faubourg situé sur l'autre bord de la rivière, une vieille tour qu'on faisait visiter aux étrangers comme ayant autrefois servi de lieu d'étude et d'observatoire au frère Bacon, friar Bacon's study. C'est là, suivant la tradition, qu'il se retirait pour étudier le ciel et y lire le secret des choses de la terre ; c'est là qu'il cherchait le grand oeuvre en compagnie de son bon ami frère Thomas Bungey et d'autres nécromans et sorciers que la légende lui associe :The nigromancie thair saw i eckanone, Of Benytas, Bengo and friar Bacoue, etc.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Ænésidème est peut-être le premier sceptique de l'antiquité. Esprit plus sérieux que Protagoras, que Gorgias, plus étendu que Pyrrhon, s'il a moins d'éclat dans le talent, s'il est moins ingénieusement subtil qu'un Arcésilas, un Carnéade, il les surpasse tous deux en force, en rigueur, en profondeur.On se fera une idée juste du rôle que cet éminent sceptique a rempli dans la philosophie grecque, si l'on veut rapprocher deux faits qui n'ont pas été assez remarqués : le premier, c'est que la Sophistique a moins été un scepticisme véritable que la tentative audacieuse de quelques hommes brillants et corrompus pour combattre et détruire à leur profit tous les systèmes philosophiques et toutes les croyances religieuses ; le second, c'est que l'école qu'on appelle quelquefois l'Académie sceptique n'a pas réellement combattu le dogmatisme dans son essence, mais seulement une de ses formes, savoir, le dogmatisme stoïcien ; et que tout en niant la certitude, cette école timide dans sa hardiesse a expressément reconnu la probabilité.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.