Elie Halévy
Elie Halévy
Le 28 novembre 1936 à Paris, s'exprimant devant la Société française de philosophie, le philosophe et historien Élie Halévy bouleverse la compréhension de l'histoire. L'Europe est entrée dans « l'ère des tyrannies ». De Rome à Berlin et Moscou, des régimes inconnus s'érigent dans la terreur de l'État, la révolution armée et le fanatisme de nationalité. Par son analyse qu'aucun penseur n'a jusque-là formulée, Élie Halévy avertit les démocraties de la menace mortelle de ces régimes au pouvoir absolu. Les définir, c'est se mettre en situation intellectuelle de les combattre. Cet effort sans équivalent pour penser une histoire fatale est un acte philosophique par excellence, ramenant l'histoire vers la liberté, inaugurant un temps de résistance au totalitarisme avant que n'éclate la Seconde Guerre mondiale. Dans la nuit du 20 août 1937, décède Élie Halévy. Un an plus tard, l'année de Munich, L'Ère des tyrannies devient un livre, par la volonté de ses amis dont Raymond Aron, Célestin Bouglé, Étienne Mantoux, et sa femme Florence. L'édition présente réédite cette conférence majeure de 1936 et celle de 1929 qui la précède, accompagnées de textes inédits et d'un choix de correspondances. La lutte passée et présente contre les tyrannies s'éclaire ici d'une oeuvre de toute importance.
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Et si le socialisme européen était né d’une tension fondatrice entre liberté et organisation ? Histoire du socialisme européen d’Élie Halévy, philosophe et historien.
1914-1919 : à travers ses lettres et écrits inédits, Élie Halévy, philosophe et infirmier volontaire, analyse la Grande Guerre avec une lucidité exceptionnelle.
En consacrant sa thèse de doctorat à La formation du radicalisme philosophique, Élie Halévy entame un long dialogue intellectuel avec le juriste et philosophe Jeremy Bentham, les philosophes James et John Stuart Mill, les économistes Adam Smith, Thomas Malthus et David Ricardo, ainsi qu'une plongée politique dans le milieu des radicaux anglais, jacobins et républicains puis chartistes. Grâce à cette somme publiée en trois volumes entre 1901 et 1904 et encore considérée de nos jours comme un classique de la philosophie politique, Élie Halévy s'affirme comme l'un des meilleurs spécialistes français de l'histoire intellectuelle et politique britannique et l'une des références incontournables sur l'utilitarisme et le libéralisme. Ce volume Philosophie anglaise est le quatrième de la série consacrée à Élie Halévy philosophe. Il présente en premier lieu le manuscrit de la thèse d'Élie Halévy, titré La formation du radicalisme philosophique. La Révolution et la doctrine de l'utilité (1789-1815), paru en 1900 et jamais réédité depuis. Ce texte original est accompagné d'un corpus documentaire, souvent inédit, qui en retrace la généalogie mais aussi la réception. Ce volume explore également les relations qu'Élie Halévy a nouées avec la communauté philosophique britannique des années 1890 aux années 1930 et éclaire son rôle de passeur entre les deux rives philosophiques de la Manche. À travers sa correspondance, ses recensions, ses conférences, Élie Halévy nous livre ainsi une appréciation caustique des différents courants qui constituent la philosophie britannique, un siècle et demi après la naissance de l'utilitarisme.
Septième tome des OEuvres complètes d'Élie Halévy, troisième tome de la série « Élie Halévy philosophe », la Correspondance philosophique (1891-1914) révèle le parcours d'un jeune penseur dans la philosophie de son temps, son choix d'affronter les sujets théoriques et pratiques les plus hauts, mais aussi son investissement résolu et de longue durée dans la création et l'animation de la Revue de métaphysique et de morale. Avec ses satellites que sont les congrès internationaux de philosophie, la Société française de philosophie et le Vocabulaire critique et technique de la philosophie, la RMM se révèle un foyer essentiel de la rénovation de la pensée philosophique et de sa confrontation avec le mouvement historique. Comme le montrent ici près de cinq cents lettres éditées et annotées, Élie Halévy agit au coeur d'un illustre quatuor de jeunes philosophes, très engagés dans la recherche de la « philosophie vraie ». Cette correspondance, qui restitue des relations indéfectibles d'amitié et de confiance, se révèle le lieu d'élaboration d'une pensée comme d'une attitude philosophiques, capables d'affronter les énoncés les plus théoriques comme les questions les plus actuelles. Au sortir de la guerre mondiale, armé de la philosophie et de l'histoire, Élie Halévy parvient à concevoir « l'ère des tyrannies » qui monte en Europe, pendant près de vingt années encore de recherches et d'écrits, jusqu'à ce que la mort interrompe brutalement une pensée en acte, capitale pour son époque comme pour la nôtre.
Sixième tome des OEuvres complètes d'Élie Halévy, Métaphysique et morale rassemble les écrits d'un jeune philosophe à la recherche de la « philosophie vraie ». Ce corpus impressionnant suit le « moment Platon », premier temps d'une oeuvre philosophique rare et décisive qui évolue vers la critique du mouvement historique après 1914. Mais Élie Halévy ne renoncera, de sa vie entière, ni à la pensée philosophique ni à l'attitude morale qu'elle implique. Le volume révèle de concert les engagements du jeune philosophe pour transformer les institutions du savoir philosophique, et même les réinventer à l'image de la Revue de métaphysique et de morale créée en 1893, avec ses satellites lancés moins de dix ans plus tard, les congrès internationaux de philosophie, la Société française de philosophie, le Vocabulaire critique et technique de la philosophie. Ces aventures collectives sont portées par le quatuor que composent Élie Halévy et ses amis, Xavier Léon, Léon Brunschvicg et Célestin Bouglé. Ces engagements intellectuels, pratiques et collectifs, affichant même une ambition européenne, confèrent une portée singulière à l'oeuvre philosophique d'Élie Halévy. Au sortir de la guerre mondiale, armé de la philosophie et de l'histoire, Élie Halévy parvient à concevoir « l'ère des tyrannies » qui monte en Europe, au long de vingt années encore de recherches et d'écrits, jusqu'à ce que la mort interrompe brutalement une pensée en acte, aujourd'hui méconnue et pourtant capitale pour son époque comme pour la nôtre.
Ce cinquième opus des OEuvres complètes d'Elie Halévy comprend l'ensemble des écrits que le penseur consacra, très jeune, à la philosophie platonicienne. Un livre unique traverse ces premières études, La Théorie platonicienne des sciences de 1896, conçu et décidé en toute liberté, véritable prouesse de savoir et d'analyse. Ces écrits philosophiques, assortis de la correspondance en partie inédite qui chemine à leur côté, présentent non seulement la cohérence d'une oeuvre singulière de philosophie grecque, mais aussi une unité de temps puisqu'ils épousent cinq années seulement, 1892-1896, d'une jeunesse philosophique. Élie Halévy ne reviendra plus par la suite à cette recherche sur Platon et sa philosophie bien qu'il ait songé, pour qui « a étudié Platon, d'écrire une histoire du Platonisme ». L'histoire déjà ! vers laquelle il se dirigera quelques années plus tard, au tournant du siècle avec l'affaire Dreyfus, sans rien renier de la philosophie, transformant l'héritage d'un temps singulier en une base critique essentielle à la pensée historique. S'il devint l'« historien philosophe » que l'on connaît avec L'Ère des tyrannies (volume II) et l'Histoire du socialisme européen (volume III), affrontant les béances de l'histoire la plus actuelle, il le doit incontestablement à ce « moment Platon » qu'il s'est offert à l'aube de sa vie d'adulte et à une fidélité maintenue à l'étude comme à la pensée de la philosophie. En témoignent d'autres ensembles d'écrits philosophiques, à paraître dans la série des OEuvres complètes, mais aussi la fondation en 1892 de la Revue de métaphysique et de morale et sa direction jusqu'à sa mort en 1937, de concert avec l'ami de toujours, Xavier Léon. Expérience d'écriture, d'amitié et de bonheur, le « moment Platon » méritait d'ouvrir cette sous-série des OEuvres complètes consacrée à « Élie Halévy philosophe ».
Rendu célèbre par sa monumentale Histoire du peuple anglais, publiée en cinq volumes entre 1912 et 1932, Élie Halévy (1870-1937) est l'un des meilleurs spécialistes français des XVIIIe, XIXe et XXe siècles britanniques. Philosophe de formation, il étudie l'utilitarisme et la formation du radicalisme philosophique. Historien de profession, il observe le laboratoire politique que constitue la Grande-Bretagne dans l'évolution des doctrines et des pratiques du libéralisme et du socialisme. Hanté par l'expérience de la Première Guerre mondiale, il analyse en spécialiste des relations internationales l'histoire diplomatique de l'Europe au cours du long XIXe siècle, la genèse de l'Entente cordiale, les origines et les conséquences de la Grande Guerre, tout en accordant une attention particulière à l'impérialisme britannique. Ses écrits mobilisent une approche globale, attentive aux jeux d'échelles et de circulations, à l'élaboration des doctrines autant qu'à leur réception et à la formation de « l'esprit public », aux décisions des grands hommes comme aux forces profondes de la presse et de l'opinion publique. Le présent volume des oeuvres complètes d'Élie Halévy rassemble des textes publiés et célèbres et des écrits méconnus et inédits, à la typologie variée (manuscrits de cours, livres, articles, contributions à des ouvrages collectifs, conférences publiques, émissions radiophoniques, comptes rendus de lecture). Pour la première fois réunis et présentés dans la chronologie de leur rédaction, ces textes dialoguent entre eux et avec La formation du radicalisme philosophique et L'Histoire du peuple anglais, dont ils sont les esquisses, les compléments, les contre-points. Ils donnent à voir l'historien en son atelier et témoignent de la diversité, tout autant que de la constance, des centres d'intérêt, des hypothèses théoriques et des propositions méthodologiques d'Élie Halévy.
Publié en 1938, un an après la mort de son auteur, l'historien et philosophe Élie Halévy, L'Ère des tyrannies a été élaboré par ses proches afin de transmettre une pensée essentielle à la compréhension de la crise mondiale née de la Grande Guerre et de la terreur révolutionnaire. Cet ouvrage qui propose une analyse inédite de l'émergence des États totalitaires en Europe donne aux États démocratiques des armes intellectuelles pour combattre un phénomène jamais observé dans l'histoire, rapprochant des régimes d'idéologies ennemies dans un même système de négation de la liberté individuelle et de la raison critique. Pour apprécier la portée conceptuelle et l'historicité des thèses d'Élie Halévy, la réédition du texte princeps est accompagnée d'un corpus documentaire de grande ampleur qui démontre la genèse de la pensée halévyenne et son impact sur la résistance antitotalitaire depuis la Première Guerre mondiale. Édition établie par Vincent Duclert et Marie Scot. Vincent Duclert, historien, membre du Centre d'études sociologiques et politiques Raymond-Aron, enseigne à l'École des hautes études en sciences sociales. Marie Scot, historienne, est enseignante à Sciences Po et chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po.
La doctrine du radicalisme philosophique se forme dans la première moitié du XIXe siècle. Rassemblés par les idées de Jeremy Brentham et de James Mill, les philosophes radicaux peuvent, à partir de 1815, publier leurs principes et attaquer les fausses conceptions que défendent, en matière de politique, d'économie et de morale, les partis conservateurs. Le radicalisme philosophique, troisième volume de la Formation du Radicalisme philosophique (1901-1904), l'ouvrage magistral d'Elie Halévy, analyse les formes du radicalisme politique et philosophique dont se réclame la doctrine utilitaire parvenue à l'époque de sa maturité. Faire voir ce qu'il n'y a pas identité entre les intérêts des gouvernants et ceux des gouvernés, et travailler à la réaliser ; demander la réduction des avantages considérables dont jouissent les propriétaires du sol et la promulgation de la liberté des échanges entre tous les produits sur toute la surface du globe ; opposer l'énergie du gouvernement démocratique aux lenteurs des gouvernements complexes et aristocratiques ; conforter les hommes dans la défense de leurs droits et de leurs intérêts pour accéder à la prospérité générale - voilà ce à quoi tendent les réformateurs. Cette nouvelle publication du Radicalisme philosophique inclut un texte révisé ainsi qu'une annotation entièrement revue et complétée. Elle contribue à faire de cette étude du développement du mouvement radical un texte de référence et un outil de travail.