Dezso Kosztolanyi
Dezso Kosztolanyi
Dans cette sélection de proses brèves - authentiques manifestes - centrées sur le thème de la langue, Dezso Kosztolányi nous livre un véritable traité d'éthique et d'esthétique, souvent impertinent, mais toujours rédigé avec la juste distance nécessaire face à l'émotion, au savoir académique, à l'altérité, sans cesser d'interroger l'énigme du langage et de la beauté pour mieux laisser jaillir la force d'une pensée toujours en mouvement.
Connu en France pour ses romans (Néron, le poète sanglant, Anna la douce...), et ses recueils de nouvelles (Le traducteur cleptomane, Drame au vestiaire, L'étranger et la mort... ), le poète et écrivain hongrois Dezsö Kosztolanyi est né le 29 mars 1885, dans la ville de Szabadka (aujourd'hui Subotica, Serbie). Son premier recueil de poèmes, Entre quatre murs, paru en 1907, dénote l'influence de la poésie française. Dans son dernier recueil, Bilan, publié en 1935, l'exaltation et le vers libre cèdent la place aux formes closes. Sa maladie (un cancer) lui inspire les grands poèmes de ses dernières années, Ivresse de l'aube et Recueillement en septembre.
Le savoureux, délicat, pudique, émouvant Alouette de Dezsö Kosztolányi. Tout est juste, tout est déchirant dans ce livre : la valise qui résume les vains espoirs d'évasion, le papier à fleurs du salon, la cuiller qui tourne dans la tasse de thé. Le Nouvel Observateur Alouette doit partir une semaine à la campagne ! Ses vieux parents achèvent amoureusement la valise. Comment vont-ils survivre à une si longue absence ? Quand Alouette paraît, le sourire se fige. Elle a trente-cinq ans. Elle est laide. Très laide. Cette semaine sera la semaine de tous les possibles. Mais Alouette revient. Grossie, encore plus laide, encore plus grotesque. Tout rentre dans l'ordre. Et les parents, émus, soupireront : À tire-d'aile notre petit oiseau nous est revenu. Alouette est un des classiques incontestés de la littérature hongroise, et Kosztolányi le considérait comme son plus grand roman .
L'art de Kosztolányi est de faire surgir la tragédie des événements les plus anodins, de transformer le moindre personnage vivant dans l'obscurité et l'aphasie en héros digne de Sophocle. Le Figaro littéraire Veille du bac, début du XXe siècle. Vili Liszner excelle dans la course à pied mais guère en géométrie. Antal Novàk enseigne les mathématiques avec foi et enthousiasme, et ne peut, en dépit de sa bonté et sa compréhension, accorder l'examen à l'adolescent. Les cancres recalés sont dangereux la nuit, et complotent contre le professeur, déjà abattu par la fuite de sa fille avec son amant.