David Haziza
David Haziza
On ignore trop souvent que le judaïsme offre une vision mythique du monde. Pourtant, le mythe est aussi vital que dangereux, aussi libérateur qu'oppressif. Les conséquences théologiques, politiques et esthétiques de cet oubli sont donc terribles. À la croisée de la critique biblique, de l'exégèse rabbinique et de la Kabbale, de la littérature et de la théologie, de l'histoire et de l'anthropologie, cet essai explore la persistance, la beauté et les dangers des mythes juifs. Contre une vision simpliste, antisémite, qui opposerait le judaïsme au sacré et à la nature, David Haziza revient sur les mythes fondateurs de cette religion et ses liens avec un paganisme que, de la Bible à la Kabbale, elle n'a jamais vraiment refoulé. Pour le meilleur comme pour le pire, le judaïsme est resté païen, mais d'un paganisme sans idoles. Le sacré y demeure, pour peu qu'on y prenne garde, dans la pluralité divine et la part féminine de Dieu, par les sacrifices et tous les rites qui rythment la vie juive, par le symbolisme érotique et le rapport à la mort, par le culte de la terre d'Israël et son corollaire, celui de l'exil, enfin par ce mythe juif par excellence qu'est le messianisme. Grille d'interprétation inédite et salutaire, cet essai nous invite à repenser la modernité aussi bien que le fanatisme, le sionisme que l'antisémitisme. David Haziza propose ainsi un voyage à travers les textes, l'espace et le temps, où se côtoient prophètes et sages du Talmud, kabbalistes et maîtres du hassidisme, Kafka, Proust et bien d'autres - et surtout, à côté de ces grands, les Juifs ordinaires dont la vie, les rites et la mémoire n'ont jamais cessé d'être structurés par le mythe.
Cinquante ans après la Révolution sexuelle, voici venu le temps de la « cancel culture », du « politiquement correct » et du nouveau puritanisme. Où en est la liberté ? Et le sexe, chaque jour condamné ? David Haziza dénonce ce véritable procès fait à la chair, un mouvement qui transcende les idéologies et privilégie le neutre sous toutes ses formes. La neutralité, c'est l'indifférenciation sexuelle que l'on veut substituer à l'érotisme. C'est aussi la place grandissante des machines et des écrans. Et l'élevage industriel, aussi sordide que l'utopie du véganisme, qui prétend sauver la planète en coupant l'homme de ses racines animales. Ou encore la conception notariale que nous prétendons désormais avoir du consentement amoureux. Et si ce qui manquait à notre époque était l'acceptation de la violence ? Sans la confondre avec la brutalité ou la cruauté, une erreur trop fréquente qui ne laisse d'autre choix que l'asepsie ou la sauvagerie. Le procès de la chair renvoie dos à dos les bonnes âmes de droite et de gauche. Au féminisme normatif et notarial, il oppose les sorcières et les déesses. A la transsexualité, il préfère la subversion androgyne, qui travaille la culture de siècle en siècle. Il incite à renouer avec le mythique et le sacré, pour embrasser à nouveau l'humanité comme vie animale et animée - et non comme machine. Dans cet essai brillant, à rebours sans être antimoderne, David Haziza nous fait voyager en compagnie de quelques héros artistiques et littéraires, de Botticelli à Romain Gary, en passant par Rabelais, René Char et Camille Paglia. Ou comment réconcilier la modernité avec le désir, le corps, la vie. Galvanisant et totalement original.