David Giband
David Giband
Si l'éducation est devenue un champ d'études essentiel dans la plupart des sciences sociales (histoire, sociologie, philosophie), elle est un objet encore émergent pour la géographie en France, alors qu'elle est clairement instituée en Amérique du Nord et en Europe. La mondialisation du fait éducatif, la multiplication des formes de mobilités liées à l'éducation, son imbrication complexe dans l'économie contemporaine, la diversité des échelles et des espaces de l'éducation, le renouvellement des inégalités et ségrégations éducatives, la territorialisation des politiques publiques font de l'éducation un objet pourtant éminemment géographique. Cet ouvrage a donc pour ambition de proposer le premier manuel de géographie de l'éducation en langue française. En analysant la place de l'éducation dans l'organisation spatiale des sociétés, il montre comment cette dernière permet de (re)lire les grands enjeux socio-spatiaux à différentes échelles et pour différents espaces. Il s'appuie en cela sur de nombreuses études de cas portant sur des territoires (France, Canada, Etats-Unis, Chili, Maroc, Emirats arabes unis) et des thématiques (réformes des territoires éducatifs, carte scolaire, décrochage scolaire, classement de Shanghai, fermetures d'écoles rurales, migrations étudiantes, etc.) variés, et une cartographie originale.
Dans le patrimoine artistique médiéval, les plafonds peints ont une place méconnue et pourtant essentielle. Ce volume qui rassemble les actes du colloque tenu à Capestang, Narbonne et Lagrasse les 21, 22 et 23 février 2008, inaugure une nouvelle étape de leur connaissance. L'étude des techniques, souvent savantes et complexes, de construction et d'assemblage des bois y rencontre l'analyse d'un corpus d'images d'une étonnante richesse thématique et chromatique. Des peintres de grand talent côtoient des imagiers plus rustiques. Dans ce domaine d'études encore peu parcouru, les codes iconographiques sont, pour une bonne part, à découvrir. Comprendre les programmes choisis par chaque commanditaire, les comparer entre eux, c'est à quoi se consacre ce volume composé d'une centaine d'images.
Les modes de planification urbaine comme les modalités d'intervention dans les quartiers dits « sensibles » font depuis longtemps l'objet de critiques tant du côté des chercheurs en sciences sociales que de celui des praticiens et des acteurs institutionnels ou associatifs. Parmi les nombreux dysfonctionnements, les zones d'éducation prioritaire, établies en 1981 par le rapport Savary, sont montrées du doigt. Les liens entre un territoire (le quartier, la cité, la ZUP) et son institution première (l'école) se désagrègent au rythme de la paupérisation et de l'adoption commune de pratiques d'évitement. Les politiques publiques, spécifiques à l'enseignement prioritaire (ZER, REP), contribuent par la désignation d'un zonage spécifique à la construction de « ségrégations scolaires », sociales et spatiales. Le constat, s'il n'est pas neuf, n'en reste pas moins d'actualité et renvoie à la pertinence des découpages institutionnels en décalage avec la demande sociale et la pratique urbanistique engagée depuis la loi SRU (Solidarité et Renouvellement urbain, décembre 2000) dans la voie de la planification et de la concertation. En croisant les approches de la Géographie et de la Sociologie, l'ouvrage interroge les liens complexe entre le territoire de la ville, l'école en tant qu'institution et comme acteur local, et la planification urbaine. En confrontant le contexte français à des expériences étrangères choisies, l'analyse remet en perspective les objectifs de la politique de rénovation urbaine mise en place à partir de 2003. Le dispositif ambitionne un « idéal de mixité urbaine et sociale » qui place de fait la question scolaire au centre de la réflexion planificatrice en matière de renouvellement urbain. Mais, cela suppose une extension de la démarche de concertation au secteur scolaire et une redistribution des prérogatives au sein d'un système complexe d'acteurs (Education Nationale, collectivités territoriales, associations, enseignants et parents). Des modalités de l'intégration des marges scolaires dépendent alors la cohérence comme l'efficience des projet de planification urbaine.