Danièle Hervieu-Léger
Danièle Hervieu-Léger
Quelles sont aujourd'hui les continuités et discontinuités entre la première vague utopique des années 1970 et les modalités actuelles d'un « désir de campagne », devenu - et plus encore avec la pandémie de la Covid 19 - l'utopie portative d'un nombre croissant d'habitants des villes ? Le mouvement d'émigration de jeunes urbains vers les espaces désertifiés du sud de la France, qui a marqué les années postérieures à la révolution culturelle de 1968, se prolonge et dure encore. Il a pris de nouvelles formes et trouve, dans l'urgence écologique, un nouveau moteur. Les profils sociaux et les projets de ces néo-ruraux sont toutefois différents des premiers « émigrants de l'utopie ». C'est l'ensemble de ce mouvement que cet ouvrage dépeint et interroge. Bertrand Hervieu, sociologue, est spécialiste des questions agricoles et rurales, ancien directeur de Recherches au CNRS et ancien président de l'Institut National de la Recherche Agronomique et Environnementale (INRAE), inspecteur général de l'agriculture honoraire. Danièle Hervieu-Léger, sociologue, est spécialiste des faits religieux contemporains et des utopies, directrice d'études honoraire et ancienne présidente de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).
En quoi le monachisme, régi par une Règle héritée des temps les plus anciens du christianisme, peut-il servir à penser les rapports entre le christianisme et la modernité contemporaine ? L'hypothèse de ce livre est que cette forme de vie communautaire à l'écart du monde, qui se donne pour l'anticipation du Royaume à venir, condense, à toutes les époques, les tensions et contradictions du rapport du christianisme à son environnement social, à travers les jeux qu'elle établit entre trois régimes de temps : temps de l'Église, temps du Royaume et temps de la société. Du rêve de la reconquête à la révolution oecuménique, de la réinvention de la communauté à l'utopie de l'hospitalité inconditionnelle, le monachisme est un lieu où s'écrit depuis près de deux siècles, à travers les compositions et recompositions des temps, la dramaturgie du christianisme contemporain. Le propos de cet ouvrage, qui relève à la fois de la sociologie historique et de l'enquête sociologique de terrain, est d'identifier les configurations typiques de ce rapport, entre le XIXe et le XXIe siècle, sur le terrain des monastères d'hommes, bénédictins et cisterciens, en France.
La crise des abus sexuels et spirituels révélés depuis une trentaine d'années fait vaciller l'Église catholique. Parce qu'elle vient de l'intérieur du catholicisme, et même de ses « meilleurs serviteurs », prêtres ou laïcs, mais aussi parce qu'elle est universelle et systémique. Très affaiblie par une sécularisation intense due aux changements sociétaux de la seconde moitié du XXe siècle, l'Église apparaît, faute de réformes conséquentes, de plus en plus expulsée de la culture commune, et délégitimée. Dans ces entretiens passionnants, Danièle Hervieu-Léger et Jean-Louis Schlegel diagnostiquent les raisons multiples de cet effondrement sans précédent, encore confirmé par l'épreuve des confinements liés au Covid-19. Certains y discernent l'entrée dans une sorte de stade terminal du catholicisme en quelques régions du monde. Ce n'est pas l'avis des auteurs : ce qui s'annonce, c'est un « catholicisme éclaté », où les liens affinitaires seront essentiels. Cette « Église catholique plurielle » ne signifie pas nécessairement sa fin, mais c'est un cataclysme pour une institution obsédée par l'unité.Danièle Hervieu-Léger, sociologue des religions, directrice d'études à l'EHESS, est l'auteur de nombreux ouvrages traitant de la place du religieux dans les sociétés occidentales contemporaines, dont certains sont devenus des classiques, notamment Le pèlerin et le converti (Flammarion, 2001), et Catholicisme, la fin d'un monde (Bayard, 2003). Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, ancien directeur de la revue Esprit, a notamment publié La Loi de Dieu contre la liberté des hommes (Seuil, 2011), et codirigé À la gauche du Christ (Seuil, 2012)
Regroupées en trois parties (Le mort et le vif ; Le vécu de la mort ; La bonne mort), les contributions des huit auteurs de cet ouvrage explorent, à la lumière de la biologie, de la philosophie, de la science des religions, de l'histoire, de la psychanalyse, quelques-unes des innombrables interrogations que fait surgir la question du "mourir" : Comment la biologie et la médecine contemporaines définissent-elles la mort ? Les travaux sur le "suicide cellulaire" doivent-ils nous conduire à voir la mort comme étant indispensable à la vie ? Sur quels fondements repose la définition médicale de la mort humaine ? Comment aborder la fin de vie, rendre accessibles les soins palliatifs et, parfois, entendre la demande d'euthanasie ? Où en sommes-nous avec la mort, ses représentations et ses rites ? Les croyances en l'immortalité individuelle trouvent-elles aujourd'hui à se renouveler, dans une version laïque, en s'alimentant aux découvertes des sciences du vivant ?