Daniel Taboury
Daniel Taboury
L'arrivée insolite d'un inconnu sème le trouble dans le village. L'homme vit reclus. Tel l'oiseau nocturne, il ne quitte sa maison qu'au crépuscule. D'aucuns prétendent avoir aperçu son ombre fuyant à leur approche. D'étranges manifestations ajoutent encore au mystère, et la peur ancestrale de l'étranger resurgit lorsqu'une salamandre, animal mythique aussi appelé « triton du diable », est inexplicablement gravée sur une roche. On parle de mauvais sort, car dans ce coin désertifié, l'angoisse impalpable chemine avec la rumeur. Cette histoire conduit sur les traces d'un vieil homme, dernier témoin obstiné d'une société paysanne traditionnelle sacrifiée sur l'autel de la modernité. Au-delà d'une intrigue romanesque originale, l'auteur peint avec une sensibilité sans concession un monde rural à la fois hostile et attachant. EXTRAIT - Caro mio, je t'en prie, tiens bon ! Tu as fait le plus dur... La jeune femme, les cheveux défaits, arc-boutée, accrochée à la ceinture du bûcheron, un colosse, l'exhortait d'une voix tremblante, le souffle coupé par l'effort et l'émotion. - On arrive, amore mio... Sous le timon triangulaire de la roulotte, en chemise, le dos meurtri par l'arête de l'aiguille, l'homme tentait toujours de maintenir la stabilité de la caravane. Le crochet d'attelage de la camionnette ne se trouvait plus qu'à une dizaine de pas. Il avait été impossible de reculer plus près le véhicule. Il se serait embourbé dans ce chemin de terre que toute la rudesse de l'hiver avait défoncé. À l'arrière de la roulotte, le gosse sautait d'une roue à l'autre et les bloquait avec des cales de bois. Chaque bond en avant, si dérisoires que fussent maintenant les soubresauts, les rapprochait du terme de leur épreuve. À PROPOS DE L'AUTEUR Daniel Taboury a fait le choix à la fin des années 1970 de s'installer à la campagne. Sans doute pour vivre près des eaux et des poissons, - une passion déterminante - et prendre son temps pour concilier son métier d'enseignant avec l'écriture. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages sur la pêche et les poissons (nouvelles, essais..). Il a signé Le Dico insolent de la Pêche (2015). Plusieurs romans ont été publiés aux éditions Lucien Souny, dont Le Triton du diable (2000) Les Noces de copeau, et À contre-courant.
Un mystère du passé qui ressurgit... La canicule étreint le plateau depuis plusieurs jours, et la nouvelle que rapporte Paul Vaux, ce matin-là, à sa femme et à son fils Éric, ne va pas rafraîchir l'atmosphère : la maison des Martinié, la seule résidence secondaire du hameau des Pradelles, mystérieusement inhabitée depuis longtemps, vient de trouver un acquéreur. Il l'a appris au café du village. « La maison de Sarah, vendue ? » Pour Éric, tout juste la trentaine, l'annonce a un effet de choc. Les souvenirs lui reviennent en boomerang... Sarah avait toujours été un être à part, différente des filles qu'il avait vues grandir autour de lui, et dont certaines avaient suscité la fascination un soir de fête. Disparue un été, sans explication. Il ne sait plus rien d'elle depuis bientôt dix ans. Et quand on idéalise un souvenir, on en devient forcément prisonnier... Daniel Taboury compose ici une histoire de grande solitude, où le désir se montre plus fort que la peur, que les blessures du passé et que les regrets. Un suspense psychologique entêtant, dans un milieu où il ne faut jamais se fier aux apparences. À découvrir sans attendre ! EXTRAIT La maison de Sarah. La maison des fourmis... Vendue de nouveau. Près d'une dizaine d'années qu'elle est restée inhabitée, vide. Éric avait vingt ans quand les derniers propriétaires, la famille Martinié, avaient pris la décision de partir. Ils ne séjournaient là que quelques semaines d'été. À plusieurs reprises, bien avant leur départ définitif, ils avaient évoqué l'idée de finir leur vie ici. Pourtant, ils repoussaient les travaux indispensables à un meilleur confort, plus de commodités. D
Paul, de retour dans sa région natale, redécouvre les terres de son enfance à la recherche des êtres et des lieux qui ont peuplé sa mémoire. Après une trentaine d'années à l'étranger, Paul devance sa retraite, quitte l'Uruguay et revient dans sa région natale vers un héritage des plus inattendus. Il avance à pas comptés sur les terres de son enfance. S'est produite ici la rencontre décisive d'une femme, qui a bouleversé à jamais l'adolescent qu'il était. Mais, près d'un demi-siècle plus tard, que sont devenus les êtres et les lieux qui ont peuplé sa mémoire ? Le désir de s'en rapprocher à nouveau est aussi nécessaire que redoutable. Peu à peu, le passé se révèle et altère images et souvenirs que l'éloignement avait entretenus. Des rencontres, des espoirs, des trahisons, des soupçons, des idylles surgissent à l'improviste. Et des baisers se posent là où on ne les attend pas. Avec une précision horlogère, l'auteur tente de remonter l'implacable mécanique du temps. Un parcours au fil duquel on peut tout autant se perdre que se retrouver. Mais est-il possible de rebrousser chemin sans s'égarer ? Au travers d'une immersion dans les souvenirs de Paul, laissez-vous porter par ce roman poignant en compagnie d'un homme qui se laisse gagner par les rencontres et les espoirs surgis de nulle part. EXTRAIT Ma première vraie promenade à pied, je l'ai accomplie le long des rives de l'Arfeuillette. Gosse, je passais des heures au bord de l'eau. La mère d'Henri préférait me voir gambader là qu'autour de la retenue « où tu pourrais tomber et te noyer ». J'avais beau expliquer que je savais barboter et me tirer d'un mauvais pas, elle n'en démordait pas. « Ce sera le ruisseau ou rien! » Ainsi l'ai-je connu avec une précision de géomètre. J'en dessinais les contours sur un gros cahier où, page après page, je notais aussi le détail de mes visites et donnais un titre à chacun des emplacements: Le courant des goujons, Le dormant des libellules... La voilà cette filiation ignorée avec l'oncle et son goût personnel pour fournir des commentaires à ses observations. Qu'est devenu mon volumineux calepin? J'y songe en progressant sur les berges. Surpris par l'étiage, j'éprouve une grande difficulté à identifier, réactualiser mes fiches anciennes. L'eau est claire, mais je l'avais connue plus transparente encore. Ma vue, moins bonne sans doute, me prive-t-elle de ce repérage éclair du poisson que je contemplais naguère sans provoquer sa fuite? Une maigre compagnie de vairons, voilà tout, en bordure d'un herbier avec lequel ils se confondent en ondulations. À l'entrée du bosquet, là où le ruisseau prend de la pente et zigzague entre les rochers, j'ai lâché les quelques sauterelles dénichées dans le pacage. Leur dérive n'a pas été engloutie par des truites dont c'était le territoire favorable. J'ai trouvé des cèpes sous les chênes et n'ai cueilli que les champignons que je pouvais emporter dans mes mains. En octobre, enfant, j'avais déjà quitté le moulin, retrouvé l'école. Bien plus tard, je suis sur des traces sans mémoire et vers des saisons qu'ici je n'ai jamais vécues. À PROPOS DE L'AUTEUR Daniel Taboury a fait le choix à la fin des années 70 de s'installer à la campagne. Sans doute pour vivre près des eaux et des poissons, - une passion déterminante - et prendre son temps pour concilier son métier d'enseignant avec l'écriture. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages sur la pêche et les poissons (nouvelles, essais). Tout récemment, il a signé Le Dico insolent de la Pêche (2015). Plusieurs romans ont été publiés aux éditions Lucien Souny, dont Silence de plomb (2017), Le Triton du diable (2000, poche 2017) Les Noces de copeau, et À contre-courant.
Protéger la montagne, réduire les nuisances, les accidents, repenser le transport, initier le ferroutage... C'est le défi lancé par l'ARSMB, une association au pied du mont Blanc qui a eu le courage de dire "non" au "tout routier", qui transforme le pays en un cauchemar de pollution. Portés par un bel élan populaire, ces hommes dénoncent le système vicié. Sont-ils des utopistes ? Protéger la montagne, réduire les nuisances, les accidents, réorganiser le transport, initier le ferroutage... "Nous ignorions à quel système opaque, nous devions nous heurter !" explique Jean-Paul Trichet. "Notre cause était juste", répète-t-il, sans amertume. Le "tout routier" transforme le pays en un cauchemar de carambolages, de bouchons et de pollution. Le mont Blanc en est devenu le symbole.