Corinne Saminadayar-perrin
Corinne Saminadayar-perrin
"Il faut être soi, jeter au loin les livres et les drapeaux lourds, affirmer, faible ou forte, sa personnalité et ne sacrifier le caractère et les droits de l'individu ni au besoin de gloire, ni aux raisons d'État." Jules Vallès (1832-1885) a, toute sa vie, défendu la "liberté sans rivages". Cette passion libertaire en fait l'un des premiers avocats des droits de l'enfant et lui inspire une inépuisable indignation contre les enfers sociaux où croupissent les victimes d'un "monde mal fait". Contre l'autorité du Livre, Vallès choisit Le Cri du peuple, journal qui engage avec ses lecteurs un dialogue en prise directe sur le présent. Ses livres mêmes sont autant de brûlots contre la culture institutionnalisée et le despotisme du passé. Quant à son engagement dans la Commune, l'auteur de L'Insurgé en fait le couronnement d'une oeuvre et d'une vie : la "fête nuptiale de l'idée et de la révolution".
"Il faut être soi, jeter au loin les livres et les drapeaux lourds, affirmer, faible ou forte, sa personnalité et ne sacrifier le caractère et les droits de l'individu ni au besoin de gloire, ni aux raisons d'État." Jules Vallès (1832-1885) a, toute sa vie, défendu la "liberté sans rivages". Cette passion libertaire en fait l'un des premiers avocats des droits de l'enfant et lui inspire une inépuisable indignation contre les enfers sociaux où croupissent les victimes d'un "monde mal fait". Contre l'autorité du Livre, Vallès choisit Le Cri du peuple, journal qui engage avec ses lecteurs un dialogue en prise directe sur le présent. Ses livres mêmes sont autant de brûlots contre la culture institutionnalisée et le despotisme du passé. Quant à son engagement dans la Commune, l'auteur de L'Insurgé en fait le couronnement d'une oeuvre et d'une vie : la "fête nuptiale de l'idée et de la révolution".
Au xixe siècle, la presse devient le premier média de masse qu'ait connu la France : aussi désigne-t-on volontiers cette période, qui s'étend jusqu'en 1914, comme la « civilisation du journal ». Or, à lire les journaux les plus « modernes » de la monarchie de Juillet ou du Second Empire (La Presse de Girardin, Le Figaro de Villemessant...), on avise d'un surprenant paradoxe : le journal s'efforce d'inventer un dispositif communicationnel révolutionnaire, distinct de l'ancien modèle oratoire ; pourtant, celui-ci continue à imposer ses paradigmes et ses modèles d'écriture jusqu'à la Troisième République au moins. L'écriture journalistique des années 1836-1885, avant l'émergence en France de la grande presse d'information à l'anglo-saxonne, est constitutivement rhétorique. Quels sont les modalités et les enjeux de cette reconfiguration médiatique d'un très ancien héritage rhétorique ? Quelle conception de la communication et de l'espace public engage-t-elle ? Quel rôle réserve-t-elle à l'intellectuel, à l'écrivain, au journaliste ? Toutes ces questions sont décisives en un siècle où s'invente, en France, la démocratie.