Constance Robert-Murail
Constance Robert-Murail
Qui n'a pas entendu parler de Nils Hazard, l'étruscologue-détective? Ou d'Émilien, le « Rambo des nurserys », dont on sait à peu près tout depuis Baby-Sitter Blues ? Après ces deux séries, Marie-Aude Murail a exploré de multiples veines, qu'elles soient politiques, réalistes ou fantastiques. Oh, boy !, publié en 2000, a enthousiasmé adolescents et adultes et remporté une trentaine de prix avant d'être porté à l'écran puis sur les planches. Ont suivi, entre autres : Simple, plébiscité et couronné en Allemagne, Miss Charity, le plus victorien de ses romans, Papa et maman sont dans un bateau et... invités dans la crise, 3000 façons de dire je t'aime, ode à l'éternelle jeunesse du théâtre. Marie-Aude Murail est née au Havre (Seine-Maritime) en 1954. Parisienne, puis Bordelaise, elle vit aujourd'hui à Orléans avec son mari. Ses trois enfants ont grandi, comme ses quelque 90 livres, qui ont traversé les frontières, traduits en 22 langues. Docteur ès Lettres en Sorbonne à 25 ans, elle a reçu la Légion d'Honneur à 50 pour services rendus à la littérature et à l'éducation.
Ils sont quatre, les Dupin : Anna, Isidore, Marceau, Olympia. Une romancière, un peintre, un poète, une actrice. Nés dans un coin reculé du Berry puis jetés sur le pavé parisien, comment ont-ils échappé à la misère, à la maladie et aux balles des fusils ? Pour arracher une seule réussite, combien d'amitiés trahies, de manuscrits refusés, de tableaux vendus pour une bouchée de pain, de poèmes cent fois raturés ? Combien d'hommes puissants sur leur chemin, prêts à séduire ou détruire ? « À nous la vie d'artiste ! » est le cri du coeur des jeunes Dupin, et c'est aussi le cri de ralliement de toute la génération romantique, celle qui connut la bohème et les barricades, qui voulut la gloire et la liberté, et que vous allez aimer à travers les lettres de Francoeur.
La fratrie Dupin jetée sur le pavé parisien en 1834 a fait du chemin. Dans les méandres de la IIe République et du Second Empire, chacun mène à sa façon la vie d'artiste. Isidore veut vendre ses tableaux, et tant pis s'il doit pour cela plaire aux riches et aux puissants. Marceau place si haut son idéal de poésie et de liberté qu'il est prêt à tout perdre, y compris la vie. Anna, qui les aime tant, voudrait leur donner raison à tous deux. Mais elle-même a fort à faire avec sa carrière de romancière et les débuts de sa petite soeur dans le monde du théâtre si proche de celui de la prostitution. Dans le tome précédent, les lettres que Francoeur adressent à sa jeune correspondante ont laissé des zones d'ombre. Que contenait le tiroir fracturé du secrétaire de monsieur Laborde, le grand-père d'Anna ? Comment expliquer la fascination de l'inquiétant comte d'Ardillon pour la famille Dupin ? Et qui est véritablement l'homme qui reparaît dans la vie d'Anna sous différentes identités, modèle pour peintres, révolutionnaire, compagnon menuisier ? Existe-t-il seulement ?
À la fin de la saison 6, nous avons laissé Sauveur et Louise dans l'attente de leur futur enfant. Gabin, revenu pour les vacances de Noël, semble amoureux d'Alice, la fille de Louise. Grégoire, un petit orphelin de 4 ans dont la mamie vient d'être opérée du coeur, est provisoirement chez Sauveur et il aimerait bien ne jamais quitter le 12, rue des Murlins. Lazare, le fils de Sauveur, est devenu végétarien, tandis que Paul, le fils de Louise, expérimente la cigarette et la vodka. Ils sont dans la même classe de 5e. Quand la saison 6 s'achève, nous sommes en décembre 2018. Il ne vous aura pas échappé que depuis il nous est arrivé « un truc de ouf », comme diraient les jeunes patients de Sauveur. Il paraissait difficile, voire impossible, de reprendre la plume sans en tenir compte. Sauveur serait trop loin de nous, alors qu'il a été pour nous un compagnon de route. Nous sommes donc au mois de novembre 2021, presque trois ans plus tard, et bien des choses se sont passées au 12, rue des Murlins...