Claude-françois Baudez
Claude-françois Baudez
Les peuples précolombiens nous semblent étranges et originaux parce qu'ils se sont développés indépendamment des influences de l'Ancien Monde. Les Mayas sont l'un des plus brillants. La diversité des témoignages archéologiques enchante le voyageur, sollicite la curiosité de l'historien et passionne les amateurs d'art. Certes, nombre d'aspects de ce monde complexe demeurent obscurs, mais ce guide se propose d'aider à éclairer les multiples facettes de cette civilisations fascinante. Directeur de recherche honoraire au CNRS, Claude-François Baudez est archéologue et iconologue. Il a publié en français Les Mayas avec P. Becquelin (Paris, 1984), Les Cités perdues Mayas avec S. Picasso, (Paris, 1987), et Jean-Frédéric Waldeck, peint le premier explorateur des ruines mayas (Paris, 1993).
Depuis quelques années, la nécessité de réaliser des fouilles scientifiques en Amérique centrale méridionale s'imposait de plus en plus. Les pays de l'Isthme furent en effet longtemps délaissés par les archéologues au profit des zones de hautes civilisations du Mexique et du Guatémala, comme du Pérou. Il est devenu maintenant évident que l'étude des régions marginales doit permettre non seulement d'ajouter un chapitre à l'histoire du Continent, mais doit contribuer en outre, dans une large mesure, à la solution des problèmes relatifs aux origines et au développement des civilisations américaines les plus évoluées.
Estudio cuyo objetivo es abordar la religión de los antiguos mayas desde una perspectiva histórica en su proceso evolutivo, el cual abarca los periodos clásico y posclásico y abordar hasta qué punto la religión maya se vio simultáneamente afectada por el declive de la civilización clásica y por la infiltración de rasgos culturales del Altiplano mexicano.
L'abondance des découvertes archéologiques récentes, le déchiffrement progressif des hiéroglyphes mayas permettent aujourd'hui de considérer la religion maya non plus comme une simple curiosité exotique mais comme l'égale des grandes religions non monothéistes. Cl. Baudez a fait le choix délibéré de privilégier l'analyse iconographique et a su relier les représentations en deux et trois dimensions (figures cosmiques dessinées par les temples et leurs ouvertures, sculptures en ronde-bosse, hauts et bas-reliefs, icônes des identités surnaturelles dans la peinture, l'épigraphie, l'art mobilier...) de manière à faire émerger les grandes articulations d'un culte et les leitmotive d'une religion. Il définit les axes principaux de la religion maya : le culte royal et ses fonctions régulatrices du cosmos, l'inexistence de dieux. Ces thèmes se modifieront au cours des temps, des traits d'origine étrangère modifiant les pratiques antérieures ou se surimposant à elles. Juste avant l'arrivée des Espagnols, les figures de roi-sacerdoce s'estompent, les cultes de lignages nobles s'affirment, le grand cycle calendaire est oublié au profit de cycles courts, les dieux apparaissent et les cultes domestiques s'accroissent. On a longtemps admiré les volutes et le « baroque » maya sans y rien comprendre ; ici, pour la première fois sans doute, l'art maya se met à prendre sens pour lui-même et par rapport à une religion qu'il sert.