Christine Bergé
Christine Bergé
Et si les morts pouvaient nous parler ? La voix des esprits explore les pratiques modernes du spiritisme, où machines et médiums captent des messages de l’au-delà. Une enquête ethnologique fascinante sur la frontière entre technologie et croyance.
Ils ont laissé leur trace dans l'histoire criminelle... Et pas n'importe quelle trace ! Traces matérielles, traces comportementales : elles en disent long sur les hommes et les femmes qui sont passés à l'acte. Le crime est une configuration unique, même dans les meurtres en série. Comme pour une oeuvre d'art, il faut en révéler les parties cachées. Il faut pister les traces matérielles et comportementales qui forment le mode opératoire du criminel. Nous ignorons les frottements que nous provoquons dans l'usage de notre environnement, nous ignorons les traces que nous déposons. Même nos relations sociales sont une bibliothèque de traces, les archives de nos moeurs, enregistrées par le voisinage d'une façon latente. Pour lire les traces criminelles, la police scientifique invente des outils d'extension sensorielle et pénètre au sein de la matière. Cet ouvrage incroyablement documenté interroge non seulement le mode opératoire de criminels célèbres : Joseph Vacher, Simone Weber, Jeanine Guilbert, James DeAngelo, mais aussi le mode opératoire des crimes d'État dans les affaires Boulin, Bignon, de Broglie, Duprat, Fontanet, Moumié.
Des tablettes d'argile aux technologies modernes - du télégraphe à l'ordinateur - en passant par les bibliothèques, plusieurs modèles aident à décrire la mémoire. En la considérant comme un artefact relié à son environnement technologique, ce livre fascinant explore les conséquences des techniques de l'intelligence artificielle et les différentes sciences de la mémoire (neurosciences et psychanalyse). Comment avons-nous appris à nous souvenir ? Comment avons-nous développé la maîtrise des gestes simples, marcher, tenir une fourchette, enfiler une veste ? Nous l'ignorons, nous l'avons oublié. Certaines maladies sabotent les plus anciennes de nos acquisitions. Pourtant, les personnes souffrant de telles pertes usent de ressources insoupçonnées pour garder l'unité de leur " soi ". Le pari de l'auteur est de considérer la mémoire non pas comme quelque chose d'inné et de naturel mais comme un acquis, une conquête, le produit d'une " technologie " dont les modèles se transforment au cours de l'histoire. Des arts de la mémoire, cultivés jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, aux recherches actuelles sur l'intelligence artificielle et la génétique, en passant par les thérapies psychiques qui cherchent à débusquer les " secrets pathogènes ", nous avons toujours envisagé la question de la mémoire en la comparant à la technologie la plus en vogue : tablettes d'argile, peinture, bibliothèque, télégraphe, téléphone, ordinateur... Pour l'auteur, ces comparaisons ne sont pas sans effets. Elles révèlent ce qui est en jeu dans le choix des valeurs et de la destinée humaine. Les mystiques célébraient autrefois la Passion du Christ dans leurs propres chairs, se faisant mémoire et parchemins vivants sous le poinçon des stigmates. Aujourd'hui nous concevons l'homme comme une machine intelligente, nous fabriquons ses prothèses cognitives et préparons pour demain les modules implantables de mémoires artificielles que son cortex accueillera. Dans ce voyage vertigineux à travers l'exploration de modèles éphémères, nous assistons à des " crimes psychiques ". Ceux qui résistent en pratiquant les anciens arts de la mémoire sont détruits. Maintenant que nous avons découvert la mémoire millénaire inscrite dans l'ADN, nous cherchons, non sans dangers, à la modifier.