Charles Dobzynski
Charles Dobzynski
L'âge interplanétaire que nous commençons de vivre ouvre à l'esprit de fantastiques perspectives et de nouvelles formes du rêve. Le poète Charles Dobzynski a voulu les explorer. S'inspirant à la fois du « space-opera », mis en honneur par la science-fiction, et de nos anciennes chansons de geste, il a chanté en quatre actes (I : Les Hommes dans l'espace - II : Cosmogrammes - III : Les Métamorphoses de Mars - IV : Les Légataires de l'univers) l'une des plus prodigieuses aventures des temps modernes. Nous assistons d'abord à la construction d'un cosmonef, à son départ, à la traversée des murs du son, de la chaleur, de la lumière et du temps. Ayant rompu toute attache originelle, nous prenons conscience du Mal de la Terre. Une série de « cosmogrammes » dépeint au passage des astres tels que la Lune, Mercure, Vénus, Jupiter, suivis de comètes et de galaxies sans nom, où, selon notre progression sidérale, se transforment et s'anéantissent les mesures humaines et se révèlent à nous les aspects fascinants et chaotiques d'une réalité jusqu'alors inconnue et qui ressemble au rêve. C'est ensuite l'arrivée sur l'étrange satellite Phobos, avant-poste de la planète Mars dont nous allons découvrir les paysages et les mystères. La Cité interne, Une Ville-cerveau, Les Statues-robots, Le Désert, L'Aube arborescente, Les Végétaux dénaturés, Dans la Cité des lithophages, voilà quelques jalons conduisant les voyageurs dans leur recherche labyrinthique. Ils y rencontrent tour à tour les merveilles et les pièges de l'espace, l'exaltation de la découverte et le désespoir du retour impossible. Comme toute conquête humaine, la maîtrise de l'inconnu ne peut être assurée qu'au prix des plus terribles sacrifices, mais les cosmonautes en détresse savent que leur héritage ne sera point perdu. C'est grâce à une écriture qui s'appuie sans faiblir sur le lyrisme et sur l'image que le vaste poème de Charles Dobzynski captive le lecteur, qui, du début à la fin, s'attache au climat fabuleux que le poète s'était proposé de nous rendre sensible. Charles Dobzynski, né à Varsovie en 1929, a fait divers métiers avant d'être journaliste. Il tient la rubrique des spectacles depuis 1953 dans Les Lettres Françaises et a commencé à écrire des romans d'anticipation et des poèmes dès l'âge de douze ans.
Empruntant à la science-fiction, à la fable, au conte philosophique, l'auteur déploie ici toute la palette de l'humour, de l'imagination buissonnière et de la parodie. En vingt-cinq nouvelles, il nous fait faire le tour de mondes insolites qu'il nous révèle toujours nôtres, comme des rêves ou des miroirs déformants. Ainsi, sur Gésira, si l'on tente de boire un verre, on sait que cela prendra plus d'une heure. Quel accident de la circulation du temps oblige à vivre au ralenti ? Parmi les satellites dûment répertoriés pourquoi le nommé Shinkuo se comporte-t-il en voyou et le nommé Znog en banane ? Sur Tulsar des milliers d'athlètes se rassemblent pour courir le marathon : pourquoi et comment découvre-t-on que la fameuse compétition est truquée ? Pourquoi l'implacable policier Black Neuron poursuit-il avec tant d'acharnement Ivan Sullivan dans les égouts radioactifs de la planète New Earth ? Pourquoi est-il tellement risqué de capturer des bélinaires, ces animaux pourtant réputés pacifiques, mais, ô combien, mystérieux ? Qu'est-ce qui agite fiévreusement Jason, le spéculateur (il vient d'acquérir une planète pour une bouchée de pain) et bouleverse la carrière d'artiste de Blondeau, le douanier ? Autant d'énigmes, autant de mondes habités et visités. De singuliers commerces s'y pratiquent, des coutumes et des modes de vie dont nous sont dépeints les aspects troublants, cruels, absurdes, comiques.
Quelques-uns des poèmes de ce livre, dans leur première version, ont paru en revue, notamment dans Poésie 85 et 88, Phréatique, Corps écrit, Sud, Europe. Le chapitre « Liturgie profane » a fait l'objet, sous le même titre, d'une plaquette à tirage limité ornée de quatre gravures originales par Marc Pessin, aux éditions Le Verbe et l'Empreinte.
"On ne naît pas femme, on le devient" disait Simone de Beauvoir. Peut-on prétendre : "On ne naît pas Juif, on le devient". C'est ce qu'on tente d'élucider Charles Dobzynski dans ce singulier roman en vers. La judéité est multiple. Elle se manifeste aussi dans un dialogue impertinent avec un "Dieu sans confession" que galvanise l'irruption de l'humour.
« Amour de la Patrie » fait partie d'un cycle de poèmes inédit qui portera pour titre général « Capital terrestre » et paraîtra par fascicules.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
À Taromance, ville du futur aux tours géantes, la société est gouvernée au moyen d'un réseau d'illusions. Dans cette effarante civilisation technocratique, où les travailleurs immigrés sont Américains et Japonais, l'audiovisuel est tout-puissant et les personnages tentent d'échapper à son implacable filet. Ainsi Grizure, étrange « psychanalyste », aime Esteilla et se joint avec elle au combat d'un groupe clandestin, le Quintangle. Les « mathémythiciens » s'acharnent à élucider les mystères de cette cité codée comme un langage qui évoque des mythes lointains ou le jeu du Tarot. L'auteur conjugue dans ce roman la veine satirique de la science-fiction et le merveilleux d'une fable très contemporaine. Il y dissèque avec humour et poésie la chute d'un système d'oppression poussé jusqu'à l'absurde.