Bruno Krebs
Bruno Krebs
Nous suivons ici un drôle de personnage, agent en mission officielle, mais paumé magnifique, envoyé assermenté, mais vagabond besogneux et délirant. Tel est cet émissaire digne et scrupuleux, mais aussi enquêteur aux troublantes lubies, baroque randonneur urbain et pèlerin paraissant bien perdre, d'heure en heure, son âme. Sorte de guide égaré, dérivant sans attaches, d'avenues pluvieuses en fronts de mer désertés, de berges brumeuses en gares surpeuplées, l'émissaire, privé d'une chaussure, porte sur lui un document dont il oublie à mesure le contenu, la fonction, l'existence, puis la possibilité même. Chantre involontaire, mais éperdu, de la présence du monde, présence plus forte que tous les jeux et enjeux de ce monde, l'émissaire, sans arrêt, fascine et sa perdition même instruit.
Comme un hommage aux Contrebandiers de Moonfleet et à L'île au trésor, situant son récit à l'époque moderne, l'auteur nous conte les aventures du jeune pirate Tom-Fly, dans un esprit et un climat du XVIIe siècle, mélangeant, avec une liberté totale : fantastique, aventure et gangstérisme. Ici, tout est action, mouvement, couleurs, éclat. Tom-Fly, le pirate se lit comme on écoute une sonate interprétée par un virtuose, emporté par tant d'allégresse et d'élégance.
En ce pays de collines bleues et grises leurs forêts leurs nuages également un pays bien reposant sous la pédale une descente finit toujours par s'amorcer un moment donné un instant de pause dans le grand vent qui chatouille les sapins qui éponge les nuages là-bas tout près pays froid mais pas glacial désert peut-être pas complètement où rien absolument rien n'oblige à s'arrêter ni spécialement à continuer
«je ne cherchais pas la neige ni Argenteuil une fête ses brasseries illuminées m'ont entraîné en joyeuse compagnie puis le froid dehors les uns les autres s'égaillant je crois qu'on a mangé de la choucroute et bu du vin blanc Argenteuil peut-être aurait-il fallu prendre un taxi mais rues très froides et désertes je suis sans doute plus loin d'Enghien que je ne l'aurais imaginé et puis d'ailleurs quoi faire à Enghien sauf fleurir son cimetière»
«je ne cherchais pas la neige ni Argenteuil une fête ses brasseries illuminées m'ont entraîné en joyeuse compagnie puis le froid dehors les uns les autres s'égaillant je crois qu'on a mangé de la choucroute et bu du vin blanc Argenteuil peut-être aurait-il fallu prendre un taxi mais rues très froides et désertes je suis sans doute plus loin d'Enghien que je ne l'aurais imaginé et puis d'ailleurs quoi faire à Enghien sauf fleurir son cimetière»
En ce pays de collines bleues et grises leurs forêts leurs nuages également un pays bien reposant sous la pédale une descente finit toujours par s'amorcer un moment donné un instant de pause dans le grand vent qui chatouille les sapins qui éponge les nuages là-bas tout près pays froid mais pas glacial désert peut-être pas complètement où rien absolument rien n'oblige à s'arrêter ni spécialement à continuer