Bernard Simiot
Bernard Simiot
1942, Bir-Hakeim : découvrez le récit saisissant de la résistance française en Libye, puis la reconquête jusqu’à Colmar. Un témoignage historique rare, écrit par un soldat devenu écrivain.
Avec Ces Messieurs de Saint-Malo, s'ouvrait la grande saga des Carbec, qui a connu un succès retentissant. Le général François Carbec, surnommé par ses camarades « Carbec mon Empereur », est l'arrière-petit-fils de Jean-Marie, le fondateur de la célèbre dynastie malouine. Après la défaite de Waterloo, chassé de l'armée par les ultras, il ne peut prendre son parti de devenir un simple civil. Relégué à Saint-Malo pour sédition bonapartiste, il puise dans la vieille cité l'énergie de surmonter les drames qui ont bouleversé sa vie : il part pour l'Amérique, et participe au projet fou de délivrer Napoléon de Sainte-Hélène pour le faire Empereur du Mexique. Entre Texas et Louisiane, il fera le difficile apprentissage de l'exilé, du pionnier et du bâtisseur de rêves.
Dans la nuit embaumée et chaude de Rabat, Jacques Lareuille confie l'histoire de l'amour fou qui l'a lié à Jeanne, une passion charnelle et intense dont la complexité et l'absolu peu à peu échappent au narrateur, amant désemparé et jaloux qui en subira le mystère et la douleur sans en comprendre l'issue. Bernard Simiot, dans une langue où la justesse de ton, la concision et la sobriété savent rendre l'étrange beauté de ce récit, le feu et la quête qui l'animent, nous invite à pénétrer au coeur du mystère de l'amour et à en méditer l'ineffable pouvoir. Paradis perdus renoue avec une veine plus intimiste, celle de Moi, Zénobie, reine de Palmyre, mais on y retrouve cette vivacité du récit, cette magie de l'espace qui réconcilient le réalisme et les mirages et ont fait l'extraordinaire succès de Ces messieurs de Saint-Malo.
Après les fièvres du règne de Louis XIV, où se sont enrichis et illustrés ces Messieurs de Saint-Malo, le Régent s'est installé et John Law a créé la grande Compagnie des Indes. Le temps des Carbec est venu. Mère, fils et fille vont se lancer à l'assaut des grandes affaires, de l'administration, de l'armée et des beaux mariages. On les verra à Paris et à Venise, en Guinée et à Saint-Domingue, à Pondichéry avec Dupleix, à Versailles avec le cardinal Fleury, à Nantes devenu le premier port du royaume grâce à la traite négrière et à ses manufactures. Ils n'en resteront pas moins d'éternels Malouins, face à la mer qui demeure la condition et la fierté de leur vie. Beaucoup plus qu'une saga familiale, le Temps des Carbec, c'est le roman puissant et profond d'une époque traversée d'idées nouvelles, d'une société effervescente où la bourgeoisie, avide d'honneurs et d'argent, affronte la noblesse, s'installe au parlement et dans les bureaux du roi. Le Temps des Carbec, c'est aussi un passionnant roman d'aventures, animé par des comploteurs et des négriers, des séducteurs et des banquiers, des capitaines et des diplomates et toute une galerie de femmes dont le charme, la force et l'audace ont une résonance curieusement moderne. On retrouvera ici le style coloré, l'invention et le rebondissement imprévu des situations, plus encore, la permanence et l'ampleur de lHistoire qui avaient signé, dans une mise en scène spectaculaire, la réussite de Ces Messieurs de Saint-Malo. Bernard Simiot est l'auteur de Moi, Zénobie, reine de Palmyre qui a obtenu le Goncourt du récit historique, et de Ces Messieurs de Saint-Malo, où commençait la saga des Carbec, et qui connut un immense succès de librairie.
La saga des Messieurs de Saint-Malo commencée sous Louis XIV s'est poursuivie sous Louis XV avec Le Temps des Carbec. Après les remous de la Révolution, leurs descendants se retrouvent périodiquement dans la propriété familiale de la Couesnière, l'ancien manoir légué par CIacla à sa filleule Marie-Thérèse Carbec qui avait épousé le capitaine de Kerelen. En juillet 1914, la grand-mère Léonie Carbec décide de renouer avec les traditions et d'organiser le premier rendez-vous du siècle à la malouinière : il y a là les deux fils de Léonie ; Jean-Marie armateur à Saint-Malo et Guillaume grand chirurgien parisien, leurs femmes et leurs enfants, le comte et la comtesse de Kerelen, Helmut von Keirelhein dont les arrière-grands-parents avaient émigré en Poméranie en 1792, David Carbeak de Kansas City et toute la jeune génération insouciante et rieuse que le tocsin du 1er août 1914 sonnant la mobilisation générale va brutalement projeter dans le XXe siècle, ses drames et ses changements radicaux. La famille Carbec n'échappe pas aux massacres, les survivants revennient désabusés ou pacifistes, les jeunes filles vont devenir garçonnes. Certains s'établissent au Maroc comme architecte, officier des Affaires indigènes ou tel Roger Carbec colon dans le bled tandis que les Carbec parisiens participent à la vie facile des années folles, celle des illusions nées d'une victoire payée trop cher, haut en scrutant le ciel européen où apparaissent troubles sociaux, tentation des fascismes, déclin des vieilles démocraties. De 1920 à 1940, il ne s'est écoulé qu'un petit espace de vingt ans, le temps de faire un garçon, de l'élever et de le voir partir à son tour... Les Carbec auront eux aussi leurs héros et leurs martyrs. Le dernier rendez-vous à la malouinière a lieu l'été 1946, Saint-Malo a été détruit, les Carbec qu'ils soient Parisiens, Marocains, Nantais, Malouins, Américains, sont à nouveau présents, bien décidés à reconstituer leur famille comme les Malouins ont juré de rebâtir leur cité foudroyée. Dans cette vaste fresque historique où les qualités littéraires et l'acuité d'observation prennent appui sur la mémoire personnelle, Bernard Simiot réussit à camper des personnages très attachants, émouvants et durs, lucides, et désemparés, l'image d'une époque fiévreuse et bouleversée, sans jamais perdre de vue leur implication dans l'histoire, l'aveuglement du moment et la frénésie de vivre.
Seul de tous les petits commerçants de Saint-Malo, Mathieu Carbec, dont les grands-parents vendaient naguère de la chandelle, a eu l'audace d'acheter trois actions de la Compagnie des Indes Orientales que vient de fonder Colbert. Ce sera le point de départ d'une grande saga familiale au moment où la bourgeoisie maritime se rue à la conquête des piastres, des charges et des titres nobiliaires. Négociants, armateurs, corsaires ou négriers, les Carbec, parmi tant d'autres, se lanceront sur toutes les mers du globe, de Terre-Neuve à Pondichéry, de la Chine au Pérou, sans se soucier de savoir si leurs écus ou leurs fleurons sentent trop les épices ou la traite, la ruse ou la fraude. Petit port de pêche aux maisons de bois, Saint-Malo deviendra en quelques décennies une cité de pierre aux façades orgueilleuses. Lorsque la Compagnie des Indes connaîtra de graves difficultés financières, le Roi lui-même décidera que pour la renflouer il convient de faire appel à « Ces messieurs de Saint-Malo ».
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
De quoi vivait Bonaparte ? Les historiens s'en tiennent volontiers à la légende du petit officier pauvre et du général Vendémiaire au costume râpé, légende soigneusement entretenue à Sainte-Hélène par Napoléon lui-même. Bernard Simiot, le romancier de Ces messieurs de Saint-Malo, prix Goncourt du récit historique, s'est posé la très indiscrète et redoutable question : le goût de l'argent a-t-il exercé une influence déterminante sur la carrière de Bonaparte ? Dépoussiérant le mythe du héros de la campagne d'Italie, il nous offre un portrait clair et passionnant de l'homme, retrace sa jeunesse et son extraordinaire ascension où l'attrait de l'argent mêlé à la passion du pouvoir ne joua pas le moindre des rôles.
« Moi, Lucius Cornelius Sylla, détenant la magistrature suprême, j'ai renoncé à des honneurs et à des pouvoirs qu'aucun Romain n'avait connus avant moi. J'avais reçu ceux-là sans vanité, j'ai exercé ceux-ci sans faiblesse. Premier magistrat de la République, j'avais vécu dans la pourpre, maintenant j'allais connaître le bonheur auprès de la jeune femme que j'aime : plus de messages à dicter, d'ambassadeurs à recevoir, de décrets à signer, de poignards à craindre... Né patricien, ni le pouvoir ni l'or ne m'ont jamais ébloui. Je les ai utilisés pour mieux courber, enchaîner ou compromettre ceux dont le service ou la complicité métaient nécessaires. J'ai dit à Pompée qu'il était grand, il l'a cru. J'ai mis des vierges dans le lit des pères de famille et des garçons dans celui des matrones, ils ne les ont pas repoussés. J'ai assuré Metellus qu'il était le meilleur général romain, il le savait déjà. J'ai murmuré à Caecilia qu'elle était la plus belle de toutes, elle m'a épousé. J'ai couvert d'or Archélaos, il a trahi Mithridate... » Renouant avec un genre qui lui valut pour Moi, Zénobie, reine de Palmyre le Goncourt du récit historique, l'auteur de Ces Messieurs de Saint-Malo nous entraîne dans les dernières décennies de la République romaine. À travers l'émouvante et apocryphe confession de Sylla, Bernard Simiot nous livre le portrait romancé d'un des personnages les plus énigmatiques de l'histoire, qui trouve dans son exil consenti le lieu d'une réflexion sur le pouvoir et l'impuissance, la démocratie et l'argent d'une troublante actualité.