Bernard Lahire
Bernard Lahire
Que signifie « échouer » ou « réussir » à l'école primaire ? Comment comprendre les difficultés éprouvées par des élèves d'origine populaire en lecture-écriture, grammaire, conjugaison, orthographe, vocabulaire, expression orale et expression écrite ? Comment se construisent, jour après jour, les processus de production des inégalités scolaires dans les salles de classe ? Ce livre tente de répondre à ces questions, en procédant à l'étude détaillée des pratiques et des productions scolaires d'élèves du CP au CM2 en français. Soulignant le rôle central du rapport au langage dans la production des différences scolaires, l'auteur fonde son analyse sur une sociologie de l'éducation informée des travaux anthropologiques et historiques concernant la spécificité des cultures écrites. Il entend ainsi rendre raison de l'« échec scolaire » du double point de vue d'une anthropologie de la connaissance et d'une anthropologie du pouvoir. Cet ouvrage est issu de l'enquête menée par Bernard Lahire pour sa thèse de doctorat, soutenue en 1990. Trente ans plus tard, les réflexions et analyses qu'il propose n'ont rien perdu de leur actualité. Dans une préface écrite à l'occasion de cette réédition, il souligne le poids de sa propre trajectoire sociale - son statut de transfuge de classe issu d'un milieu populaire - sur le choix de son objet d'étude.
See below for English description.Elise Gravel nous livre un nouvel album illustré sur la façon de se soutenir les uns les autres, de défendre ceux et celles qui ne peuvent s’exprimer et de bâtir des communautés plus fortes.Ensemble, nous sommes plus forts.Ensemble, nous pouvons changer les choses.Et ensemble, nous formons une communauté.À l’aide des monstres excentriques qui la caractérisent, Elise Gravel, autrice bien-aimée de livres pour enfants, explique l’importance de travailler ensemble et de former une communauté. D’autres personnes prennent soin de nous lorsque nous sommes malades ou blessé·es, nous apprennent des choses et nous protègent. Celles-ci nous aident à bien des égards, même si le fait d’être entouré·e d’autres personnes peut parfois nous faire nous sentir mal ou en colère.Avec ses propos poignants et pertinents, Elise souligne l’importance de l’amitié, de la mise en place de systèmes de soutien et de la façon dont, grâce aux liens qui nous unissent et à la coopération, nous pouvons garantir à chaque membre de nos communautés une prise en charge et la sécurité. Nos communautés prennent soin de nous, et nous devons prendre soin de nos communautés.A new picture book by Elise Gravel all about how to support one another, stand up for those who don’t have a voice, and build stronger communities.Together we are stronger.Together we can make a difference.And together we make a community.With her signature quirky monsters, beloved children’s book author Elise Gravel explains the importance of working together and creating community. Other people take care of us when we’re sick or hurt, teach us things, and protect us. They help us in many ways, even if being surrounded by other people can sometimes make us feel bad or angry.Poignant and relevant, Elise emphasizes the importance of friendship, creating support systems, and how through connection and support, we can ensure that everyone in our communities is taken care of and safe. Our communities take care of us and we have to take care of our communities.
"Le texte rêve" : manière de dire qu'un écrit littéraire vit une vie nocturne, et que de cette vie nous pouvons entrevoir quelques fantômes. Manière de reconnaître qu'un lecteur attentif peut amener un tel écrit à raconter dans une autre langue ce qui se passe sur la scène obscure qu'on dit être celle de l'inconscient. Manière de suggérer que le critique peut éclaircir un peu la nuit, reprendre en écho la rumeur, afin que le public sache où porter ses pas, à quoi prêter l'oreille. Pour que lecture et écriture manifestent leur séduction en donnant occasion à quelque vérité de se produire au jour, il faut qu'elles nous fassent rêver, il faut qu'elles nous incitent à rêvécrire, chacun pour son propre conte... Aucun destin, dans le roman de Mme de Lafayette, n'échappe à un principe où s'unissent l'image de la Mère et la faillite du Roi, tandis qu'une nouvelle vision du mariage se fait jour. Et c'est l'essence de ce principe que Mme de Clèves exprime en refusant d'épouser le duc de Nemours. Le refus conjugue des arguments rationnels, selon une tradition incarnée par Mme de Chartres, sa mère : des motivations cachées, régies par l'Imaginaire d'une loi fondée sur la mort du Père : des contraintes collectives, enfin, centrées sur les structures de parenté. L'analyse, de nature psychopolitique, délaisse les approches classiques pour une interprétation globale où les scènes majeures sont relues, et visités des épisodes jusqu'alors inexploités. L'oeuvre en toutes ses parties y trouve un autre sens, un autre visage.
Les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 ont marqué une rupture des rapports de force traditionnels entre pays en développement et pays industriels. Les hausses du prix du pétrole ont entraîné une redistribution du revenu mondial, l'alourdissement des factures pétrolières étant la contrepartie d'une accumulation d'excédents financiers considérables dans quelques pays de l'Opep. Mais elles ont également contraint les pays industriels à de profonds réajustements de leurs systèmes énergétiques. Une quinzaine d'années après le premier choc, l'« arme du pétrole » semble s'être retournée contre les pays en développement. Les pays de l'Opep n'ont pas réussi à maintenir durablement leurs revenus pétroliers. En outre, malgré la chute des prix en 1986, la sortie de la crise énergétique s'annonce plus difficile pour les pays en développement importateurs que pour les pays industriels. L'ampleur des réactions provoquées par les deux chocs pétroliers permet-elle d'exclure leur répétition dans un avenir prochain ? Chaque jour, les événements du Moyen-Orient rappellent à quels aléas politiques sont soumis les plus grands gisements d'hydrocarbures du monde. Les perspectives énergétiques mondiales - consommation, échanges et prix - ne s'en dessinent pas moins aujourd'hui de façon relativement claire.
Le géant égoïste est un très beau conte d'Oscar Wilde. Le géant, présenté comme égoïste au début de l'histoire, se laisse peu à peu attendrir par les enfants, qui viendront chaque jour jouer dans son jardin. L'histoire est pleine d'émotion, racontée avec finesse et talent. Elle contient des trésors de trouvailles poétiques et petits détails touchants qui en rendent la lecture captivante d'un bout à l'autre. Un texte d'une grande poésie, plein de fantaisie et de tendresse. La morale chrétienne qui habite le conte se fait poésie sous la plume de l'auteur. Si bien qu'à la fin du conte, on se retrouve tout ému et on n'a plus qu'une envie : le relire. En français, ce conte fut publié pour la première fois en 1905 (traducteur : Albert Savine). Une dizaine de jeux de vocabulaire (jeux de mots en désordre, jeu de l'intrus, jeu d'énigme...) viennent prolonger le conte. Le site de Claude : Pour-enfants.fr ____________________ Le début du conte : CHAQUE APRÈS-MIDI, quand ils revenaient de l'école, les enfants avaient l'habitude d'aller jouer dans le jardin du géant. C'était un grand jardin solitaire avec un doux gazon vert. Çà et là, sur le gazon, de belles fleurs brillaient comme des étoiles et il y avait douze pêchers qui, au printemps, fleurissaient une délicate floraison rose et blanche et à l'automne portaient de beaux fruits. Les oiseaux perchaient sur les arbres et chantaient si délicieusement que les enfants d'ordinaire arrêtaient leur jeu pour les écouter. - Comme nous sommes heureux ici ! s'écriaient-ils les uns aux autres. [...] ____________________ Un passage plein de fantaisie : [...] Un matin, le géant, déjà éveillé, était couché dans son lit, quand il entendit une musique délicieuse. Elle fut si douce à ses oreilles qu'il crut que les musiciens du roi devaient passer par là. En réalité, c'était une petite linotte qui chantait devant sa fenêtre, mais il y avait si longtemps qu'il n'avait entendu un oiseau chanter dans son jardin qu'il lui sembla que c'était la plus belle musique du monde. Alors la grêle cessa de danser sur la tête du géant et le vent du Nord de rugir. Un délicieux parfum arriva à lui à travers la croisée ouverte. - Je crois qu'enfin le printemps est venu, dit le géant. Et il sauta du lit et regarda. Que vit-il ? Il vit un spectacle étrange. [...] ____________________ Bonne lecture !
S'il est loisible de méditer sur les mystères insondables du monde que nous habitons, le fait que la science parvienne à le rendre compréhensible devrait être un sujet d'étonnement. Pourquoi l'ingéniosité du vivant anticipe-t‑elle nos techniques ? Pourquoi les mathématiques les plus abstraites décrivent-elles le réel ? Conjuguant sciences sociales et sciences du vivant, Bernard Lahire remonte aux racines du réalisme pour élucider l'" éternel mystère " : pourquoi comprenons-nous le monde ?
Programmes surchargés, obsession de l’évaluation et de la compétition, manque de temps et de moyens : l’enseignement et la recherche souffrent de nombreux maux. En plus de produire des élèves, étudiants et chercheurs malheureux, dont le désir de comprendre est malmené, tout cela menace la survie de sociétés humaines qui, depuis leurs lointaines origines, dépendent de la création continue de connaissances pour s'adapter à des environnements changeants. À l'heure où les sciences sont attaquées de toutes parts, il devient vital de rompre avec ces logiques destructrices et de mettre en œuvre une politique révolutionnaire de l’enseignement et de la création scientifique.
Et si les sociétés humaines étaient structurées par quelques grandes propriétés de l'espèce et gouvernées par des lois générales ? Et si leurs trajectoires historiques pouvaient mieux se comprendre en les réinscrivant dans une longue histoire évolutive ? En comparant les sociétés humaines à d'autres sociétés animales et en dégageant les propriétés centrales de l'espèce, parmi lesquelles figurent en bonne place la longue et totale dépendance de l'enfant humain à l'égard des adultes et la partition sexuée, ce sont quelques grandes énigmes anthropologiques qui se résolvent. Pourquoi les sociétés humaines, à la différence des sociétés animales non humaines, ont-elles une histoire et une capacité d'accumulation culturelle ? Pourquoi la division du travail, les faits de domination, et notamment ceux de domination masculine, ou les phénomènes magico-religieux se manifestent-ils dans toutes les sociétés humaines connues ? Pourquoi l'ethnocentrisme est-il si universel et pourquoi des conflits opposent-ils régulièrement des groupes qui s'excluent mutuellement ? C'est à ces questions cruciales que cherche à répondre Bernard Lahire en formulant, pour les sciences sociales, un paradigme unificateur fondé sur une synthèse des connaissances essentielles relatives à la vie sociale humaine et non humaine accumulées dans des domaines du savoir aussi différents que la biologie évolutive, l'éthologie et l'écologie comportementale, la paléoanthropologie, la préhistoire, l'anthropologie, l'histoire et la sociologie. Le pari de ce livre est que seul cet effort d'intégration permet de comprendre la trajectoire des sociétés humaines par-delà leur diversité et d'augmenter la maîtrise qu'elles peuvent avoir de leur destin incertain.
La publication en 2023 des Structures fondamentales des sociétés humaines a marqué un tournant majeur en sciences sociales. Bernard Lahire y opère un raccordement décisif entre sciences sociales et sciences de la vie en montrant que le social humain s'inscrit dans le continuum du vivant et ne se comprend que par une série de comparaisons entre sociétés humaines, mais aussi et surtout entre espèces sociales.Ce nouvel ouvrage a pour but d'introduire à une vision générale qui entend reconfigurer les sciences sociales et leurs rapports à d'autres disciplines. Au fil d'un échange nourri avec deux autres sociologues, Bernard Lahire éclaire son projet et répond aux critiques qui se sont exprimées depuis la parution du livre.On trouvera également à la fin de ce volume un texte inédit qui reprend et approfondit les résultats dégagés dans l'ouvrage précédent. En accroissant encore un peu plus leur degré de généralité, il les replace dans une réflexion sur les propriétés fondamentales du vivant et les enjeux auxquels toute forme de vie se trouve confrontée - les sociétés en général et les sociétés humaines en particulier n'étant qu'un moyen de faire, par la voie du collectif, ce que tout système vivant fait à l'échelle individuelle. Ce texte constitue un pas supplémentaire en direction d'une science sociale du vivant unifiée que le présent dialogue appelle de ses voeux.
Le rêve peut-il être appréhendé par les sciences sociales ? Objet devenu indissociable de la psychanalyse, il était jusqu'à ce jour largement ignoré des sociologues. Si quelques chercheurs ont pu s'interroger sur la manière dont le rêve a été perçu selon les époques et les milieux, Bernard Lahire entre ici dans la logique même de sa fabrication et le relie aux expériences que les individus ont vécues dans le monde social.L'ambition de cet ouvrage est d'élaborer une théorie générale de l'expression onirique. En partant des acquis du modèle d'interprétation proposé par Freud, il s'efforce d'en corriger les faiblesses et les erreurs, en tirant parti des nombreuses avancées scientifiques accomplies depuis L'Interprétation du rêve. À l'opposé de ce que croyait Freud, le rêve apparaît ici comme l'espace de jeu symbolique le plus complètement délivré de toutes les sortes de censures. Il livre des éléments de compréhension profonde de ce que nous sommes et permet de voir frontalement ce qui nous travailleobscurément, de comprendre ce qui pense en nous à l'insu de notre volonté.Cet ouvrage contribue aussi à donner de nouvelles ambitions à la sociologie. Si le rêve fait son entrée dans la grande maison des sciences sociales, ce n'est pas pour laisser le lieu en l'état, mais pour en déranger les habitudes.
Depuis plusieurs décennies, à gauche comme à droite, la sociologie est régulièrement accusée d'excuser la délinquance, le crime et le terrorisme, ou même de justifier les incivilités et les échecs scolaires. Dans ce livre accessible et vigoureux, Bernard Lahire démonte cette vulgate, ses fantasmes et ses contre-vérités. Un plaidoyer lumineux pour la sociologie et, plus généralement, pour les sciences qui se donnent pour mission d'étudier avec rigueur le monde social.
Dans ce petit livre conçu pour rendre plus largement visible le sens général de son travail et de la démarche qu'il y engage, Bernard Lahire s'efforce de faire apparaître le flou et les contradictions des discours savants ou demi-savants sur la " montée de l'individualisme ". Au moment où l'individu est de plus en plus souvent perçu ou rêvé comme un être isolé, autonome, responsable, opposé à " la société " contre laquelle il défendrait son " authenticité " ou sa " singularité ", les sciences sociales ont plus que jamais le devoir de mettre au jour sa fabrication sociale. Car le social ne se réduit pas au collectif ou au général, mais gît dans les plis les plus singuliers de chaque individu. Dans ce livre conçu pour expliciter le sens de son travail, Bernard Lahire soumet à la critique les discours sur la " montée de l'individualisme " et la figure de l'individu " libre et autonome " au cœur de nos mythologies contemporaines. Exposant la manière dont il est possible de faire de l'individu singulier un véritable objet sociologique en tant qu'être en permanence socialisé, il dialogue également avec les sciences cognitives qui, en mettant en lumière les phénomènes de plasticité cérébrale et la façon dont nos expériences sociales s'inscrivent dans nos cerveaux, nous rappellent que les individus ne perçoivent, ne pensent ou n'agissent qu'en tant que dépositaires de l'ensemble des formes d'expérience déterminées par leurs places et leurs situations dans le monde social. Prix de l'écrit social 2013
De caricatures en vulgarisations schématiques des travaux sociologiques, on a fini par penser que nos sociétés, marquées par le maintien de grandes inégalités sociales d'accès à la culture, étaient réductibles à un tableau assez simple : des classes dominantes cultivées, des classes moyennes caractérisées par une " bonne volonté culturelle " et des classes dominées tenues à distance de la culture.Dans ce livre qui combine solidité argumentative et ampleur du matériau empirique, Bernard Lahire propose de transformer cette vision simpliste. Il met ainsi en lumière un fait fondamental : la frontière entre la " haute culture " et la " sous-culture " ou le " simple divertissement " ne sépare pas seulement les classes sociales, mais partage les différentes pratiques et préférences culturelles des mêmes individus, dans toutes les classes de la société. Il montre qu'une majorité d'individus présentent des profils dissonants qui associent des pratiques culturelles allant des plus légitimes aux moins légitimes. Si le monde social est un champ de luttes, les individus sont souvent eux-mêmes les arènes d'une lutte des classements, d'une lutte de soi contre soi. Une nouvelle image du monde social apparaît alors, qui ne néglige pas les singularités individuelles et évite la caricature culturelle des groupes.
En 1657, Nicolas Poussin peint une Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s'opposent, des laboratoires d'analyse et des tribunaux s'en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s'approprier le chef-d'oeuvre. De quoi nous parle cette histoire aux allures d'intrigue policière ? Qu'est-ce qui fait la valeur d'une oeuvre d'art ? Et d'où vient cette aura attachée aux créateurs et aux oeuvres ? Bernard Lahire montre que le sacré n'a jamais disparu de notre monde mais que nous ne savons pas le voir. La magie sociale est omniprésente dans l'économie, la politique, le droit, la science ou l'art autant que dans la mythologie ou la religion. C'est cet effet d'enchantement qui transforme une sculpture d'animal en totem, un morceau de métal en monnaie, une eau banale en eau bénite ; et qui fait passer un tableau du statut de simple copie à celui de chef-d'oeuvre.Puisant avec érudition dans l'anthropologie, l'histoire et la sociologie, ce livre interroge les socles de croyance sur lesquels nos institutions et nos perceptions reposent. Questionnant radicalement l'art et son ambition émancipatrice, il révèle les formes de domination qui se cachent derrière l'admiration des oeuvres.
Des sociologues interrogent la légitimité de leur discipline.
L'artiste est inventeur de temps. Il façonne, il donne chair à des durées jusqu'alors impossibles ou impensables : apories, fables chroniques. Un petit film de Sarkis intitulé Au commencement, l'apparition donne ici l'occasion de réfléchir - historiquement et anthropologiquement - sur l'étrange figure composée du lait et de la mort. Entre l'écoute et la parole, une installation d'Esther Shalev-Gerz, permet quant à elle de reposer à nouveaux frais la question du témoignage historique et de ses « blancs », de ses événements de silence. Question qui ne peut être traitée de haut puisqu'elle met en cause notre langage lui-même, et qui cherche son propre phrasé à l'écoute de la littérature, qu'il s'agisse d'un poème de Mallarmé, d'une fable hassidique ou d'un récit de Georges Perec.
De quoi nous parlent nos rêves et pourquoi leur contenu nous déroute-t-il ? Dans L'Interprétation sociologique des rêves, Bernard Lahire élaborait un cadre général d'analyse de l'expression onirique nourri des apports de l'ensemble des disciplines qui ont abordé cette énigme. L'espace du rêve y apparaissait comme le lieu d'une communication de soi à soi, implicite et très peu censurée, mettant en jeu sous une forme transfigurée des problématiques existentielles profondément structurées par les expériences sociales des rêveurs. Ce second volume déploie le modèle et la méthode mis au point sur des corpus inédits de rêves. En reliant les fils de l'imaginaire nocturne de quatre femmes et de quatre hommes à des expériences récentes ou lointaines de leur vie, Bernard Lahire déchiffre les préoccupations que leurs rêves mettent en scène. Par-delà l'étrangeté ou l'incohérence apparente des pièces de ces puzzles oniriques construits nuit après nuit, il fait apparaître avec netteté l'image qui s'en dégage : l'épreuve de la domination masculine, les séquelles des abus sexuels, les affres de la condition de transfuge de classe, les heurts de la compétition scolaire, les rapports difficiles à l'héritage familial, les conséquences de la violence parentale physique ou symbolique, les effets d'une morale religieuse enveloppante ou les répercussions de l'abandon du père. En s'emparant, avec virtuosité, d'un objet traditionnellement considéré comme hors du champ de la sociologie, Bernard Lahire ne se contente pas de défaire un peu plus le mythe d'une intériorité préservée de toute influence sociale ; il nous donne les moyens d'accéder avec une plus grande lucidité à la part rêvée de nos existences.
Naissons-nous égaux ? Des plus matérielles aux plus culturelles, les inégalités sociales sont régulièrement mesurées et commentées, parfois dénoncées. Mais les discours, qu'ils soient savants ou politiques, restent souvent trop abstraits. Ce livre relève le défi de regarder à hauteur d'enfants les distances sociales afin de rendre visibles les contrastes saisissants dans leurs conditions concrètes d'existence. Menée par un collectif de 17 chercheurs, entre 2014 et 2018, dans différentes villes de France, auprès de 35 enfants âgés de 5 à 6 ans issus des différentes fractions des classes populaires, moyennes et supérieures, l'enquête à l'origine de cet ouvrage est inédite, tant dans son dispositif méthodologique que dans ses modalités d'écriture, qui articulent portraits sociologiques et analyses théoriques. Son ambition est de faire sentir, en même temps que de faire comprendre, cette réalité incontournable : les enfants vivent au même moment dans la même société, mais pas dans le même monde. Rendre raison des inégalités présentes dans l'enfance permet dès lors de retracer l'enfance des inégalités, autrement dit leur genèse et leur influence sur le destin social des individus. En donnant à voir ce qui est accessible aux uns et inaccessible aux autres, évident pour certains et impensable pour d'autres dans des domaines aussi différents que ceux du logement, de l'école, du langage, des loisirs, du sport, de l'alimentation ou de la santé, cet ouvrage met sous les yeux du lecteur l'écart entre des vies augmentées et des vies diminuées. Il éclaire les mécanismes profonds de la reproduction des inégalités dans la société française contemporaine, et apporte ainsi des connaissances utiles à la mise en œuvre de véritables politiques démocratiques. Sous la direction de Bernard Lahire, professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon (Centre Max Weber) et membre senior de l'Institut universitaire de France, avec la collaboration de Julien Bertrand, Géraldine Bois, Martine Court, Sophie Denave, Frédérique Giraud, Gaële Henri-Panabière, Joël Laillier, Christine Mennesson, Charlotte Moquet, Sarah Nicaise, Claire Piluso, Aurélien Raynaud, Fanny Renard, Olivier Vanhée, Marianne Woollven et Emmanuelle Zolesio.
Est-il possible de percer les mystères de la création littéraire ? La sociologie peut-elle entrer dans la chair même des oeuvres ? Est-elle en mesure de se confronter à des oeuvres particulièrement difficiles, et même étranges, qui découragent plus d'un lecteur et soumettent habituellement à rude épreuve le travail des interprètes ?
1937, Kentucky. Clay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographe et journaliste, sont envoyés dans le cadre du New Deal réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches. Dès leur arrivée, les habitants du village les mettent en garde sur une étrange famille qui vit au cœur de la forêt. Il n’en faut pas plus pour qu’ils partent à leur rencontre, dans l'espoir de trouver un sujet passionnant. Ce qu’ils découvrent va transformer à jamais la vie de Clay et stupéfier le pays entier. À travers l'objectif de son appareil, se dévoile une jeune femme splendide, Jubilee Buford, dont la peau teintée d’un bleu prononcé le fascine et le bouleverse. Leur histoire sera émaillée de passion, de violence, de discorde dans une société américaine en proie au racisme et aux préjugés. Inspiré par un fait réel, ce roman est une bouleversante histoire d'amour et un hymne à la différence. Isla Morley a grandi en Afrique du Sud puis s'est installée aux Etats-Unis où elle vit aujourd’hui. Son premier roman, Come Sunday, a obtenu le Janet Heidinger Prize, prestigieux prix littéraire féminin. Le Vallon des lucioles est son premier roman à paraître en France.
Comment dessiner une vue d'ensemble du monde social lorsque les cloisonnements disciplinaires et l'hyperspécialisation du savoir poussent les chercheurs à étudier des parcelles de plus en plus restreintes de ce monde ? Si cette fragmentation est une conséquence du processus de différenciation sociale qu'ils s'attachent à penser, elle est aussi ce qui les empêche d'en faire une lecture globale. Une question centrale donne pourtant aux sciences humaines et sociales un socle commun : pourquoi les individus font-ils ce qu'ils font ? Et elles y répondent d'autant mieux qu'elles parviennent à saisir les pratiques des acteurs au croisement de leurs expériences passées incorporées et des contextes de leurs actions présentes. Si la plupart des chercheurs en conviennent, peu s'accordent toutefois sur les cadres pertinents dans lesquels les acteurs doivent être situés pour analyser telle ou telle dimension de leurs pratiques. Soumettre les notions de " champ ", de " monde ", de " système " ou de " cadre de l'interaction " à l'examen critique, c'est dès lors œuvrer à leur jonction théorique. Bernard Lahire s'efforce ici de marquer une distance par rapport à l'état actuel des sciences humaines et sociales et aux clivages qui les traversent en nous donnant la possibilité d'entrevoir l'unité cachée d'un espace en apparence très morcelé. Bernard Lahire, professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon, a publié une quinzaine d'ouvrages, parmi lesquels L'Homme pluriel (Nathan, 1998), La Culture des individus (La Découverte, 2004) et Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010).
Le Corps des bibliothécaires coule à nouveau des jours paisibles, après avoir pu tirer Komaki sain et sauf des griffes du Comité d'amélioration. Mais, à la Saint-Valentin, Iku voit une jeune femme offrir des chocolats à Dojo... Pendant ce temps, Shibasaki fait la connaissance d'un usager de la bibliothèque. Alors qu'Iku s'inquiète des rumeurs qui courent sur cette relation, elle apprend que Temps nouveaux publierait un article illégal ?!
En mettant au jour leurs conditions d'existence sociales et économique, cette enquête exceptionnelle permet de pénétrer les aspects les plus concrets du travail de dizaines d'écrivains contemporains. Bien que les écrivains soient l'objet d'une grande attention publique, force est de constater qu'on les connaît en réalité très mal. Faute d'enquêtes sérieuses, on se contente bien souvent de la vision désincarnée d'un écrivain entièrement dédié à son art. Et l'on peut passer alors tranquillement à l'étude des textes littéraires en faisant abstraction de ceux qui les ont écrits. Ce livre fait apparaître la singularité de la situation des écrivains. Acteurs centraux de l'univers littéraire, ils sont pourtant les maillons économiquement les plus faibles de la chaîne que forment les différents " professionnels du livre ". À la différence des ouvriers, des médecins, des chercheurs ou des patrons, qui passent tout leur temps de travail dans un seul univers professionnel et tirent l'essentiel de leurs revenus de ce travail, la grande majorité des écrivains vivent une situation de double vie : contraints de cumuler activité littéraire et " second métier ", ils alternent en permanence temps de l'écriture et temps des activités extra-littéraires rémunératrices. Pour cette raison, Bernard Lahire préfère parler de " jeu " plutôt que de " champ " (Pierre Bourdieu) ou de " monde " littéraire (Howard S. Becker) pour qualifier un univers aussi faiblement institutionnalisé et professionnalisé. Loin d'être nouvelle, cette situation de double vie – dont témoignaient Franz Kafka et le poète allemand Gottfried Benn - est pluriséculaire et structurelle. Et c'est à en préciser les formes, à en comprendre les raisons et à en révéler les effets sur les écrivains et leurs œuvres que cet ouvrage est consacré. Il permet de construire une sociologie des conditions pratiques d'exercice de la littérature. En " matérialisant " les écrivains, c'est-à-dire en mettant au jour leurs conditions d'existence sociales et économiques, et notamment leur rapport au temps, il apparaît que ni les représentations que se font les écrivains de leur activité ni leurs œuvres ne sont détachables de ces différents aspects de la condition littéraire.
Með kldu glotti og kurteisu viðmóti umgekkst hann hvern mann og dró sig hvergi í hlé. Með því espaði hann gremju þá og óbeit, sem nóg var af í skapi manna.Leysing er ein af samtímasgum Jóns Trausta. Skáldsagan segir frá daglegu lífi Íslendinga í kaupstðum á 20. ldinni. Hér snertir hfundur á íslenskri hagsgu í samfélagslegu samhengi en sguþráðurinn tekst á við ástir, sekt og samvisku manna.Jón Trausti er skáldanafn Guðmundar Magnússonar. Hann ólst upp við fátækt hjá foreldrum sem voru í Húsmennsku. Eftir fermingu lærði hann prentiðn og í kjlfar þess fékk fátæki sveitadrengurinn fjlmrg tækifæri. Hann gaf út sína fyrstu ljóðabók árið 1899 og átti farsælan feril sem rithfundur en sumir telja hann vera fyrsta metsluhfund Íslands. Árið 1918 var Guðmundur meðal þeirra 484 Íslendinga sem létust úr spænsku veikinni.
Piekna ksiezniczka, która w zamkowej wiezy oczekuje dzielnego wybawcy, jej srogi ojciec, smok grozacy ´smiercia wszystkim rycerzom chetnym wybawi´c piekno´s´c z niewoli... Kto z nas nie zna slynnego ba´sniowego schematu? Tym razem klasyka podlega licznym i arcyzabawnym modyfikacjom. Uwieziona ksiezniczka czaruje nie tylez uroda, co cietym dowcipem, straznik wzbudza u´smiech oraz sympatie czytelników, a smok okazuje sie smoczyca Paskuda, z wielkim zaangazowaniem konsumujaca niedoszlych wybawicieli ksiezniczki. Pelna humoru opowie´s´c o niebanalnym trio spodoba sie wszystkim milo´snikom przelamywania schematów oraz fanom kultowego "Shreka". Magdalena Kozak - pisarka, autorka powie´sci fantastycznych, lekarz, zolnierz. Jej literackim debiutem jest opowiadanie Nuda, a pierwsza powie´s´c - Nocarz - doczekala kontynuacji w powie´sciach Renegat, Nikt i Mlody. W´sród jej powie´sci znajduja sie takze, m.in., Fiolet, Lzy diabla oraz Paskuda & Co. Smoczyca Paskuda jest ponadto bohaterka wielu opowiada´n autorki. Magdalena Kozak byla nominowana do Nagrody Literackiej Jerzego Zulawskiego (za powie´s´c Lzy diabla), czterokrotnie do nagrody Nautilus (powie´sci Nocarz i Renegat, opowiadania Operacja "Faust" oraz Cynglarze), a takze pieciokrotnie do Nagrody Fandomu Polskiego imienia Janusza A. Zajdla (powie´sci Nocarz, Renegat, Nikt, Lzy diabla i opowiadania Sznurki przeznaczenia oraz Strasznie mi sie podobasz). Kozak pasjonuje sie strzelectwem oraz skacze ze spadochronem.
Qu'est-ce que la connaissance sociologique ? Quels sont ses critères de valeur scientifique ? Une approche iconoclaste dans cet antimanuel de sociologie.
Tableaux de famille Comment expliquer qu'une partie de ceux qui ont la plus grande probabilité de redoublement à l'école élémentaire peut échapper à ce risque et même, parfois, occuper les meilleures places dans les classements scolaires ? La réponse à cette question est au cœur de ce livre. Des portraits familiaux montrent comment un capital culturel peut se transmettre ou non, ou bien comment, malgré un contexte familial peu propice à l'apprentissage, les savoirs scolaires peuvent tout de même être appropriés par les enfants. En fin de compte, ce sont les notions mêmes de capital culturel, de transmission ou d'héritage qui perdent de leur pertinence dès lors que, changeant d'échelle d'observation, on s'attache à la description et à l'analyse des modalités de la socialisation familiale ou scolaire. Bernard Lahire Professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon, il a publié une vingtaine d'ouvrages, parmi lesquels La Culture des individus (La Découverte, 2004), Monde pluriel (Seuil, 2012) et Dans les plis singuliers du social (La Découverte, 2013).
nouvelle présentationL'homme que les sciences humaines et sociales prennent pour objet est le plus souvent étudié dans un seul contexte ou à partir d'une seule dimension. On l'analyse en tant qu'élève, travailleur, consommateur, conjoint, lecteur, pratiquant d'un sport, électeur, ect. Or, dans des sociétés où les hommes vivent souvent simultanément et successivement des expériences sociolisatrices hétérogènes et parfois contradictoires, chacun est inévitablement porteur d'une pluralité de dispositions, de façons de voir, de sentit et d'agir. S'interroger sur les manières dont la pluralité des mondes et des expériences s'incorpe au sein de chaque individu, observer son action sur une diversité de scènes, voilà l'horizon scientifique vers lequel tend cet ouvrage. Sociologue, l'auteur noue un dialogue avec une partie de la psychologie, de l'histoire, de l'anthropologie et de la philosophie. Ses réflexions débouchent sur le programme d'une sociologie et s'attachent à mettre en évidence les plis les plus singuliers du social. Bernard Lahire est professeur de sociologie à l'École normale supérieure Lettres et Sciences Humaines et chercheur au Groupe de recherche sur la socialisation (CNRS).
nouvelle présentationChaque individu est le « dépositaire » de manières de penser, de sentir et d'agir qui sont les produits de ses multiples expériences socialisatrices. Modelés par un monde social que nous façonnons en retour, nous ne lui échappons d'aucune façon.C'est ce que cet ouvrage met en évidence à travers huit portraits sociologiques de personnes longuement interviewées, à plusieurs reprises, sur des thèmes très différents : l'école, la famille, le travail, les amis, les loisirs et les activités culturelles, le sport, l'alimentation, la santé, l'habillement... Le lecteur découvre ainsi des femmes et des hommes dans leurs constances et leurs variations et comprend mieux les raisons de leurs actions.Renoncer à l'idée d'une « subjectivité » absolue, au mythe de « l'intériorité », du libre-arbitre ou de l'existence « personnelle » hors de toute influence sociale, pour faire apparaître les forces et contre-forces, internes (dispositionnelles) comme externes (contextuelles), auxquelles nous sommes soumis depuis notre naissance et qui déterminent nos comportements et nos attitudes, voilà à quoi nous invite la sociologie de Bernard Lahire. Elle peut nous aider à progresser dans la connaissance de soi et des autres.Bernard LAHIRE est professeur de sociologie à l'École normale supérieure Lettres et Sciences humaines et chercheur au Groupe de recherche sur la socialisation (CNRS). Il est notamment l'auteur de Tableaux de familles (Gallimard/Seuil, 1995), L'Homme pluriel (Nathan, 1998) t L'Invention de « l'illettrisme » (La Découverte, 1999), À quoi sert la sociologie ? (La Découverte, 2004).