Bernard Golse
Bernard Golse
Les enfants aveugles et déficients visuels sévères sont proches et lointains des autres enfants. Ils sont nombreux, certains venus de l'étranger, vivant dans des conditions difficiles. Précoce, leur cécité a produit un développement original de leur psychique, proche de celui des autistes. Tardive elle est responsable de difficultés dans leurs façons de penser, leur rapport à leur corps, au temps et à l'espace, à leurs parents, aux autres, à la société. Comme d'autres enfants handicapés, ou étrangers, ils interrogent les voyants, leurs parents et tous ceux qui sont confrontés à eux, y compris les psychanalystes, sur leur rapport à la différence. Ils nous apprennent beaucoup sur la place de la vue et du regard dans la construction de notre psychique et de notre rapport au monde. Ce livre, sans équivalent, décrit la clinique psychanalytique avec ces enfants et ces adolescents. Ses théorisations et conseils s'adressent à ceux qui sont confrontés à eux, mais aussi aux enfants autistes et aux enfants étrangers, et plus largement à tous ceux qu'intéressent la psychanalyse et ses extensions.
Au fil des textes, apparaît le constat qu'exister, finalement, ne va pas de soi. « Copyright Electre »
Savoir si leur enfant parlera ou non est une question essentielle et lancinante pour les parents d'enfants autistes. Trois problématiques sont explorées par les auteurs : quels sont les chemins qui mènent au langage, quels sont les différents types de langage (verbal ou préverbal), quel est l'au-delà du langage ?
Quelle lumière, quels liens précoces font naître ce Moi encore informe ? Et comment les représentations parentales, souvent inconscientes, viennent-elles en préfigurer les contours ? Le bébé, traversant le passage du sentiment d'être à celui d'exister, pressent à la fois l'objet et son propre Moi à venir. À l'adolescence, cette ombre reparaît : les éprouvés de vide, de désorganisation, d'atteinte au langage, témoignent d'un Moi menacé, en quête de forme. L'ouvrage s'interroge ainsi sur ce qui, dans la clinique, dans la relation thérapeutique, permet de déplier cette ombre, de la reconnaître sans chercher à l'abolir. À travers des contributions plurielles de cliniciens et le référentiel psychanalytique, il propose une réflexion sur la subjectivation, à l'endroit même où le Moi peine à s'incarner mais où sa trace, son ombre, appelle une élaboration.
Loin de défendre une thèse dans une logique binaire - pour ou contre -, ce livre présente une diversité de points de vue argumentés par des cliniciens qui reçoivent des patients préoccupés par des questionnements de genre. Dans un espace de discussion polyphonique, les auteurs soulèvent les principales interrogations des soignants : quel dialogue la psychanalyse et la pensée du genre entretiennent-elles ? Comment se construit l'identité de genre ? Quelle est la demande des patients concernés ? Que peut la psychiatrie pour y répondre ? Quelle importance accorder à la temporalité psychique ? Qu'est-ce que le questionnement de genre doit à l'évolution de notre société ? Face à de telles questions, ils apportent des réponses prudentes et nuancées qui respectent la parole des patients tout en cherchant à l'inscrire dans ce moment si particulier qu'est l'adolescence et ses tourments.
Au début du XXe siècle, la pensée freudienne a apporté un éclairage anthropologique nouveau en accordant au sexuel une fonction structurante originale dans le développement affectif normal de tout un chacun. Chemin faisant, les recherches cliniques sur les économies narcissiques, psychosomatiques et psychotiques ont conduit à une exploration de la vie infantile. L'enfant et, plus récemment, le bébé ont été les grands bénéficiaires de cette orientation. La vie prénatale et le foetus aquatique constituent encore aujourd'hui la face cachée, le négatif du règne de sa majesté le bébé aérien. Ce livre est dédié à cette archéologie de l'Atlantide intime et refoulé au bénéfice de la clinique de tous les âges de la vie et de reformulations théoriques métapsychologiques. Dans ce contexte, les auteurs proposent une troisième topique, qui serait celle de la représentation mentale du lien avec la double idée - paradoxale en apparence - que d'une part, les liens primitifs pourraient être investis avant même que le sujet et l'objet soient clairement délimités et que, d'autre part, cette fondation préobjectale soit la condition sine qua non de l'émergence de l'objet.
Il aura fallu des années pour que les adultes admettent que les bébés sont en mesure de ressentir et d'éprouver la souffrance physique. Il en aura fallu plus encore pour qu'ils reconnaissent que les nouveau-nés pensent, écoutent et regardent le monde. Or, si le devenir des bébés dépend en grande partie de ce qu'ils vivent, ce qu'ils vivent dépend pour beaucoup de la manière dont nous les regardons et dont nous les aidons. En plein essor depuis la fin du XXe siècle, la psychiatrie du bébé repose sur la prise en compte des compétences, des besoins et de la vulnérabilité spécifiques du petit d'homme qui font de lui un être de liens, en interaction vitale avec ceux qui l'entourent. Elle étudie les troubles propres aux bébés, et propose des approches thérapeutiques particulières afin de favoriser leur développement ultérieur.
Dans une société marquée par des risques d'isolement humain, par l'effacement des différences et des limites, par des horloges qui tournent trop vite et par un narcissisme exhibé, comment ne pas craindre les fragilités et les dangers que la rupture des liens réels et psychiques entraîne ? Les menaces sur les liens interrogent tout autant la nécessaire continuité de la vie psychique que ses transformations potentielles, heureuses ou malheureuses. Elles se révèlent d'une grande diversité dans leurs formes, leurs significations et leurs fonctions. La clinique nous confronte aux menaces qui affectent le sujet, du bébé à l'adolescent, et bien au-delà encore. Certaines seraient-elles plus spécifiquement rencontrées dans la clinique du bébé comme les menaces d'intrusion ou d'abandon, d'autres dans la clinique de l'adolescence, comme la menace dépressive ou de castration ? La menace d'effondrement réactiverait-elle à l'adolescence un vécu éprouvé par le bébé ? Des spécialistes expérimentés dans la clinique du bébé ou de l'adolescent ouvrent toutes ces questions qui, incontestablement, méritent un approfondissement et témoignent de la complémentarité qui existe entre l'observation clinique et l'écoute psychanalytique.
Si la clinique renvoie au singulier de la rencontre transférentielle et contre-transférentielle et si la recherche vise au repérage du général, clinique et recherche se situent, en réalité, bien plus dans un lien dialectique que dans une opposition irréductible. Dans le champ de la psychopathologie - en particulier psychanalytique - les cliniciens et les chercheurs qui s'intéressent aux troubles du spectre autistique se doivent d'être dans une posture d'ouverture à l'inattendu, et non pas dans une simple démarche de vérification d'attendus à confirmer ou à infirmer. Plus que d'hypothèses posées a priori, c'est dans le terreau des faits cliniques que s'enracinent de nouvelles pistes de réflexion éclairant le fonctionnement de chaque patient et de nouvelles perspectives d'élargissement des connaissances. Ce dialogue entre la clinique et la recherche est la condition même de l'innovation, de l'invention et de la créativité, tant du point de vue de l'évaluation que des dispositifs de soins, que tous les professionnels doivent aux patients et à leurs familles. Ouvrage publié avec la CIPPA.
Longtemps considérées comme antagonistes, la psychanalyse et la théorie de l'attachement de John Bowlby sont convoquées dans leurs complémentarités pour penser la clinique auprès des enfants, des adolescents et de leur famille. John Bowlby s'est toujours revendiqué comme psychanalyste, même s'il a tenté d'intégrer à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Ses travaux, trop souvent réduits à la théorie de l'attachement, ont longtemps été frappés d'une sorte de « conspiration du silence » par l'ensemble de la communauté psychanalytique. Mais depuis au moins vingt ans, la plupart des psychanalystes, prenant en compte la fécondité de cette notion, ont intégré l'attachement dans leurs théorisations. Cet ouvrage a pour ambition d'approfondir ce dialogue, afin de saisir ce qu'il a encore à nous apprendre, non seulement à un niveau théorique mais aussi en prenant en compte ses implications sur les pratiques cliniques, qu'elles soient plus classiquement psychanalytiques et adaptées aux différents âges de la vie ou qu'elles s'étendent à des approches familiales ou institutionnelles.
Le bébé est un monde en soi, un monde de possibles, de virtualités, d'ouvertures, qui nous émerveille et nous surprend. Son étude a mobilisé Bernard Golse tout au long de sa trajectoire professionnelle. Il nous montre qu'elle nous offre désormais de nouvelles pistes de réflexion pour comprendre comment nous devenons des sujets et comment le bébé que nous avons été demeure inscrit au plus profond de chacun d'entre nous. À partir des conditions initiales de sa conception et de sa naissance, le bébé éprouve le monde qui l'entoure, il perçoit, il ressent, il doit se situer par rapport aux autres et faire face, parfois, à des traumatismes très précoces. Nous savons aujourd'hui que la question de son devenir dépend fondamentalement de la manière dont nous prenons soin de lui. Tout ceci nous oblige, à la lumière de différentes approches théoriques, à repenser la question du lien et de la causalité dans le champ psychique.
Si la dimension rythmique des premières interactions est désormais conçue comme essentielle dans le champ du développement précoce, il apparaît nécessaire d'étudier les conséquences des troubles sensoriels sur le développement. En effet, les entraves à la polysensorialité peuvent faire le lit de troubles développementaux de type notamment autistique. Entre ces deux issues, émerge la question de la créativité artistique, car celle-ci trouve sa source dans la nature même des interactions et les matériaux psychiques les plus précoces, voire archaïques du tout premier développement. Sous forme d'un dialogue entre deux psychanalystes d'enfants, cet ouvrage analyse l'incidence de la sensorialité sur le développement de l'enfant et sur sa créativité.
Le concept « sense of being », introduit par Winnicott à la fin de sa vie, peut se traduire en français par l'expression « sentiment d'être » ou par celle de « sentiment d'exister ». Or ces deux composantes sont fort différentes dans la mesure où le sentiment d'être est sans doute inhérent à tout organisme vivant alors que le sentiment d'ex-ister fait référence à l'extérieur, à l'environnement et aux objets relationnels qui le composent. Il apparaît aujourd'hui que le bébé peut se représenter psychiquement le lien avant de pouvoir se représenter l'objet concerné par ce lien. Le soin du lien est donc essentiel car c'est par là que le bébé va progressivement découvrir l'autre (accès à l'intersubjectivité) et par son truchement se découvrir lui-même comme un sujet, comme une personne (travail de subjectivation). Alors que la pédiatrie a fait d'énormes progrès pour aider les bébés à mieux naître physiquement, le défi de la périnatalité est de prendre soin des liens précoces afin d'aider les enfants à mieux naître psychiquement, sans violence ni traumatisme développemental.
L'approfondissement de l'étude du monde interne des personnes autistes est désormais une priorité scientifique du fait des enjeux thérapeutiques qui en dépendent. En nous intéressant à comment les personnes autistes voient le monde qui les environne plutôt qu'au pourquoi il en est ainsi, nous sommes amenés à dépasser les clivages entre les parents, les psychanalystes et les autres professionnels qui prennent soin des personnes autistes. Pouvoir comprendre et partager quelque chose de leur vision cognitive, émotionnelle, fantasmatique ou artistique permet de les aider à accéder à l'intersubjectivité et à la subjectivation. En effet, en sentant que leur monde interne et le nôtre peuvent différer sans que cela soit une catastrophe, que c'est justement parce qu'ils sont différents qu'ils peuvent interagir sans risque de fusion, d'engloutissement ou de collage, s'ouvrent pour les personnes autistes une théorie de l'esprit et la possibilité d'identifications projectives normales. C'est le pari d'un possible partage que relève ce livre en se proposant d'articuler des paroles de parents et d'adultes autistes avec les avancées des neuroscientifiques et des psychanalystes. Ouvrage publié avec la CIPPA.
Ce livre se présente sous la forme d'un dialogue écrit entre deux psychanalystes, l'un travaillant surtout avec des adultes et des adolescents (R. Roussillon), l'autre travaillant surtout avec des enfants et de très jeunes enfants (B. Golse).Leurs réflexions, ancrées dans leurs pratiques respectives, s'avèrent tout à fait convergentes quant à la problématique de la naissance de l'objet qui apparaît ainsi comme le fruit d'un processus fondamentalement dynamique, c'est-à-dire comme un authentique travail de co-construction entre le futur sujet et ses objets à venir.Différentes thématiques sont ainsi mises en interrogation dialectique : les destins de l'originaire, l'homosexualité primaire, la naissance de la vie psychique, la pulsion et l'intersubjectivité, la fonction symbolisante de l'objet, la structure des processus de croissance et de maturation psychiques, le langage du corps et de l'acte, et même, enfin, la psychanalyse des bébés.Le premier objet pour l'enfant ne peut être, dans le même temps, qu'un objet-autre-sujet, ce qui fait de la subjectivation, un processus beaucoup plus complexe que l'intersubjectivité, processus éclairé par les commentaires et les questions intercritiques que s'adressent les deux co-auteurs de cet ouvrage.
L'autisme infantile précoce demeure, encore aujourd'hui, une question délicate. Il est nécessaire de l'aborder avec le plus grand calme et le plus grand sérieux pour ne pas relancer des polémiques passionnelles et stériles. Par ailleurs, d'un point de vue éthique, il importe de manier avec prudence toute nouvelle information scientifique en ce domaine afin de ne pas faire naître d'espoirs trop hâtifs, véritables surenchères à la souffrance des enfants et de leurs familles à l'origine de déceptions et de rancoeurs parfois insurmontables. Les meilleurs spécialistes de l'autisme développent ici les principaux axes des études les plus actuelles et proposent donc un état des lieux complet sur la question. Les lecteurs disposent là d'un outil leur permettant de trouver, non pas l'ensemble des réponses à chacune de leurs demandes, mais au moins la ou les références dont ils auraient besoin pour les retrouver et les approfondir. Bernard Golse est professeur de psychiatrie infantile (Paris). Pierre Delion est professeur de psychiatrie infantile (Lille).
Le mal de vivre inhérent à l'histoire de l'humanité peut-il toucher l'être humain dès ses premiers moments ? Pourquoi la tristesse représente-t-elle un des sentiments les plus douloureux à l'adolescence ? Qu'il s'agisse du bébé ou de l'adolescent, le psychisme aurait-il besoin d'une certaine dose d'angoisse devant l'incompréhensible pour se révolter et donner sens à la vie ? La mélancolie serait-elle paradoxalement indispensable au désir de vivre, à l'acceptation d'être soi, ni trop triomphant, ni trop fatigué ? Les auteurs parcourent ces diverses questions, afin de tenter de mieux comprendre et de mieux aider les bébés ou les adolescents, en s'appuyant sur l'observation, l'écoute et la parole. Chef de service de la consultation pour adolescents du Centre Philippe Paumelle, Alain Braconnier est médecin, psychiatre, et psychanalyste (Paris). Bernard Golse est professeur de psychiatrie infantile, psychanalyste, chef de service à l'hôpital Necker (Paris).
L'approche transdisciplinaire des organisations autistiques, c'est-à-dire la réflexion à l'interface des différentes disciplines concernées, amène aujourd'hui à considérer les troubles de la sensorialité comme un maillon essentiel de l'étude des origines étiologiques des autismes. Au-delà des polémiques stériles et coûteuses qui n'ont pas encore cessé d'encombrer le champ des troubles du spectre autistique, ce nouvel ouvrage se centre sur le « comment » plutôt que sur le « pourquoi » des troubles autistiques. Il montre comment la question de la sensorialité et de ses dysfonctionnements (dyssensorialités) s'avère éclairante du point de vue développemental, clinique, mais aussi évolutif et thérapeutique. Ouvrage publié avec la CIPPA.
Qu'il s'agisse du bébé ou de l'adolescent, la référence au clivage prend de multiples visages. Pourquoi, à ces différents âges de la vie sommes-nous souvent contraints de prendre en compte son existence et d'en préciser l'influence ? Serait-ce le fait de la menace constante des enjeux de la construction de la psyché ? Ou encore, celui de la difficulté à établir des liens avec soi et avec l'autre ? L'aptitude à se diviser intérieurement ne vaut-elle pas comme une ressource humaine qui nous mène de l'amour primaire à l'ambivalence ? Face au bébé et à l'adolescent, les ponts semblent parfois rompus, menaçant les uns et les autres d'une déchirure si ce n'est d'un effondrement. Le clivage permettrait-il alors de freiner le tourbillon des séparations et d'éviter ainsi les ruptures intrapsychiques, intersubjectives et interpersonnelles ? À partir de leurs pratiques cliniques, les auteurs interrogent cette notion psychanalytique, en allant au-delà de la seule référence au clivage du moi comme processus de défense face au « conflit entre la revendication de la pulsion et l'objection faite par la réalité » (Freud, 1938).
"Ce livre se penche particulièrement sur la question de l'excès d'amour, que ce soit l'amour fou de la mère pour son bébé ou l'amour fou de l'adolescent pour l'autre tant désiré. Comment se joue l'amour fou dans la rencontre entre le bébé et sa mère ? Se rejoue-t-il à l'adolescence ? La dimension hallucinatoire de la première rencontre entre le bébé et sa mère jusqu'au drame triangulaire de la tragédie oedipienne de l'enfance est-elle réactivée dans l'après-coup du coup de foudre amoureux de l'adolescence et de la jalousie des pairs ? à partir de leur expérience clinique, les auteurs se penchent sur la nécessité de mieux différencier l'amour fou de la passion amoureuse. L'amour fou évoque une attraction irrépressible à la fois pulsionnelle et passionnelle : pulsionnelle où la source et l'objet se confondent ; passionnelle où le complémentaire et l'identique s'estompent. L'amour fou pose la question des modalités d'un travail analytique et en particulier des obstacles au transfert, tout autant avec le couple mère(père)-bébé qu'avec l'adolescent."
Peut-on prévoir ou prédire le développement de l'enfant ? En choisissant de parler de « destins » ou d'« avenirs » d'enfance, Bernard Golse s'oppose très clairement à cette assertion dont il dénonce les nombreuses dérives, scientifiques, épistémologiques, éthiques et politiques. Le développement de l'enfant et ses destins se jouent à l'entrecroisement de la part personnelle de l'enfant (déterminants internes) et de l'influence de son environnement (déterminants externes) : c'est tout l'enjeu éthique de la qualité des soins précoces qui lui sont apportés. Ainsi la place, le rôle et les fonctions de ceux qui prennent soin du bébé et de l'enfant par leur présence, leur attention, leurs gestes, et finalement leur travail psychique, sont essentiels dans le développement. Dans cette nouvelle édition actualisée, il a souhaité privilégier trois domaines où la question des liens primitifs se trouve posée - le développement précoce, l'autisme et les troubles qui s'y rattachent, l'adoption enfin - pour réaffirmer que l'avenir de nos positions infantiles demeure indéfiniment ouvert, ménageant un espace de liberté pour la prévention, aux antipodes de la prédiction.
De la destruction de l'objet à l'exaltation dans la haine, dix-sept psychanalystes explorent cette problématique en parcourant la riche clinique du bébé et de l'adolescent. Confrontés à la destructivité des uns, à l'exaltation des autres, à l'association des deux chez de nombreux sujets, ils s'interrogent en effet, individuellement ou en groupe, sur leur capacité d'empathie ainsi que sur leurs contre-attitudes ou leurs contre-transferts. Comment « faire face » aux phobies d'impulsion en périnatalité ou à la destructivité et à la radicalité meurtrière de l'adolescent ? De Prométhée à Frankenstein en passant par Francis Bacon, la culture nous éclaire-t-elle ? La destructivité surgirait-elle lorsque l'exaltation devient trop forte ? Quelles formes prend la destructivité dans la rencontre psychanalytique ? Telles sont quelques-unes des questions que les auteurs abordent en mobilisant leur sublimation personnelle et culturelle.
D.W. Winnicott est, aujourd'hui, davantage connu pour ses travaux sur le bébé que pour ceux sur l'adolescent, pourtant inséparables les uns des autres. Dans la perspective des travaux précédents qui ont exploré certaines convergences entre le fonctionnement psychique des bébés et celui des adolescents, les auteurs se proposent ici d'étudier, de parcourir et de « jouer avec Winnicott ». Ils s'attachent à approfondir et à éclairer l'oeuvre de ce grand amoureux de la nature humaine et de la clinique de l'âme, à partir de leur expérience clinique, de leur subjectivité et de leurs réflexions personnelles.
Cet ouvrage a été en partie réalisé à partir des contributions communiquées lors de la journée du 29 novembre 2001 à l'Hôpital Necker-enfants malades, intitulée : « La grossesse entre mummy blues et Arrêt Perruche », organisée par le « World Association for Infant Mental Health », branche francophone fondée par le professeur Serge Lebovici et présidée par le professeur Bernard Golse. Faire entendre et comprendre le double registre de l'arbre de vie, nom donné au placenta maternel et foetal, sur les plans métaphorique, psychique et physiologique, tel est le but de ce périple péri-natal. L'irruption du pré-natal dans les maternités est aussi une chance à saisir pour éviter idéalisation excessive mais aussi désintéressement traumatisant pour la mère.
L'apport de la psychanalyse à la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent est fondamental. La psychiatrie de l'enfant nécessite une démarche diagnostique pour orienter le pronostic et décider d'un traitement. L'objectif est aussi de prévenir la survenue de troubles mentaux à l'âge adulte. Il est nécessaire de s'interroger sur les textes préconisant une optimisation des soins. On peut en effet constituer des bases de données pour établir certaines corrélations, encore faut-il que ces données soient pertinentes. Le PMSI mis au point à partir de la classification de l'OMS permet d'évaluer l'activité et les coûts en psychiatrie, mais son utilisation à des fins comptables semblent dangereuse pour les professionnels : cet ouvrage montre que les souffrances psychiques graves doivent être prises en charge. En psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, le traitement de l'enfant comporte une dimension de prévention souvent non quantifiable.
En 2012, l'hôpital Necker ouvrira avec une rénovation profonde de ses locaux, un grand pôle mère-enfant et un centre de recherche sur les maladies génétiques. Cet ouvrage propose une plongée au coeur de cet hôpital pédiatrique d'excellence avec un aperçu original et exhaustif de l'aide psychique apportée aux enfants hospitalisés dans tous les services. Située à l'interface de plusieurs domaines - psychopathologie, pédiatrie, psychiatrie, éthique, social -, la pédopsychiatrie de liaison se décline de façon spécifique et originale. Psychiatrie de couloir, sans bureau, elle est confrontée à l'histoire d'enfants malades, aux drames des familles et à la souffrance des soignants. Cet ouvrage autant pratique que théorique tente de poser pour la première fois les fondements de la pédopsychiatrie de liaison. À partir de cas cliniques documentés, les auteurs ont voulu montrer comment cette médecine fait le pont, dans une position humaniste déterminée, entre la médecine du corps et celle de l'âme en respectant la dignité de la personne. Bernard Golse, pédopsychiatre est chef du service de pédopsychiatrie. Sylvie Séguret est psychologue clinicienne.
Qui dit destin, dit développement non entièrement endogène, mais intégrant, au contraire, tout le poids des effets de rencontre (bonnes ou mauvaises, parentales ou professionnelles...). La vision psychodynamique et psychanalytique du développement montre qu'aucune des étapes franchies, du bébé jusqu'à l'adolescent, ne disparaît totalement. Les éléments qui la constituaient vont soit fournir le socle des étapes suivantes, soit se réactiver à des phases ultérieures du développement, soit enfin, voir les processus qui l'agençaient repris et transposés en tant que modalités contenantes de travail psychique. L'auteur soutient ici que l'avenir de nos positions infantiles demeure ainsi indéfiniment ouvert, ménageant un espace de liberté pour la prévention, aux antipodes la prédiction. Cette position a bien sûr des incidences en matière de traitement psychothérapique ou psychanalytique des enfants.
Pensez-vous posséder un outil efficace et toujours disponible pouvant vous apporter équilibre et bien-être ? Tout un chacun possède ce bien précieux : la respiration ! Fonction vitale et automatique, source de vie, bercement harmonieux entre l’inspiration et l’expiration, elle est un fidèle reflet de votre état de santé physique et psychologique. Basées sur la Méthode Iris® et conçues pour répondre aux besoins et aux rythmes de la vie moderne, les techniques proposées dans ce livre s’intégreront en douceur dans votre quotidien. Elles vous permettront, grâce à des exercices simples et rapides, de vous détendre, de vous dynamiser, de réguler vos émotions et de gérer votre stress.
Tout bébé a l'art d'éveiller des affects surchargés de violence chez ceux qui l'élèvent, s'en occupent, le soignent ou l'accueillent. Si l'on sait depuis Winnicott - et assurément bien avant - que toute mère a de fort bonnes raisons de penser un jour jeter bébé par la fenêtre avec ou sans l'eau de son bain, on a encore peu élaboré les hypothèses qui éclairent la compréhension psychopathologique de ces mouvements agressifs que nous font vivre les bébés et qui nous culpabilisent tant. Cet ouvrage collectif, écrit par des psychologues, psychiatres et psychanalystes, essaie de penser ces situations, dans toutes leurs implications, tant cliniques qu'institutionnelles.