Béatrice Shalit
Béatrice Shalit
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Sa mère leur avait offert ce cadeau, un morceau entier de vie sans aspérités, sans mémoire particulière, un ruissellement de petits faits glissant calmement les uns à la suite des autres le long des rigoles d'argile de leur maison africaine. À la place de ces souvenirs, quelques taches de couleur. Vêtement bleu de Stéphane, de ce bleu particulier dont il recherchait vainement à travers le monde la teinte exacte, car là-bas, même sa haine pour son père avait été douce. Yeux complètement marron de Bala, son ami nigérien, marron brûlant, disait-il, marron nègre, répliquait Bala qui lui enviait ses yeux clairs. Ocre profond de la brousse, jaune paille de la savane, eau grise, moirée du fleuve dans laquelle il plongeait ses doigts, comptait jusqu'à dix et s'étonnait chaque fois en ressortant sa main de la retrouver blanche et non pas zébrée de gris. »
1918, Marville. Quand un soldat écossais débarque dans un asile abandonné, il découvre un monde où la folie le dispute à la poésie. Roi de coeur mêle humour, tendresse et absurdité pour une fable intemporelle sur la liberté et l’amour.
Manuel, dix-sept ans et Laura, sa demi-soeur, partent à la recherche de leur père, qui s'est enfui au bout du monde. Manu commence alors son carnet de voyage, qui deviendra un voyage dans le temps. Le temps des bleus à l'âme et des illusions perdues, le temps de l'amour et de la mort, le temps des fugues, des paradis artificiels et le temps du bonheur aussi, que Manu, avec un curieux mélange de candeur, d'humour et de ressentiment, tentera malgré tout d'apprivoiser. Poudre d'ange est un roman tendre, douloureux mais sans pathos. C'est aussi, et surtout, un roman d'apprentissage : comment devenir adulte quand les adultes vous en empêchent, comment aimer la vie quand elle vous le rend mal, comment aider les autres quand c'est déjà trop tard ?
« Une journée bien remplie. De l'amour, du sexe, du suspense, une trace de toi, des nouvelles inattendues de Lucas. Il me cherche, cet enfant, depuis qu'il est né c'est toujours la même rengaine. Que je l'aime, ce n'est pas encore assez, il faudrait que je me taillade les veines, que je lui offre des petits morceaux de mon corps, un plat de mes viscères pour le petit-déjeuner, ce qu'il veut, c'est la mère, le ventre qui l'a porté et autre chose d'indéfinissable, de meurtrier. Il me convoite dans ma totalité... »
Rue La Fayette, à Paris, au fond d'un jardin, s'élève un charmant hôtel particulier un peu décati que ses habitants nomment affectueusement la " Roulotte ". Annette Rahbani et son mari Maurice en sont les heureux propriétaires. Ils y accueillent quelques résidents farfelus : un retraité sans ressources, une actrice dont la carrière stagne, un jeune peintre amateur de poker, une Afghane sans papiers et un mystérieux Libanais qui paye sans rechigner un loyer conséquent. La dernière venue, une jeune Israélienne prénommée Talia, s'est installée là dans un but bien précis. Son arrivée va provoquer une cascade d'événements cocasses ou dramatiques. James, le chat de la maison, ne perd pas une miette de ces imbroglios qu'il raconte avec délectation. Béatrice Shalit nous livre ici une comédie sentimentale pleine d'humanité avec des personnages tous plus attachants les uns que les autres.
De l'inconvénient d'avoir un trop grand appartement, une famille envahissante et d'avoir dit à tout le monde qu'on prenait une année sabbatique...Lorsque Louise, sa fille, la réveille au milieu de la nuit pour l'informer de la présence dans le salon d'un probable cadavre, Laura Abner laisse éclater sa mauvaise humeur. Elle ne sait pas encore que cette plaisanterie plutôt macabre n'est que le premier épisode d'un déferlement de catastrophes.L'idée de prendre une année sabbatique pour se consacrer à ses équilibres intérieurs et à ses travaux d'écriture lui avait paru excellente. Elle n'avait pas imaginé que cette initiative serait si mal interprétée par ses proches. Pour eux. Laura s'offrait une année d'oisiveté et se trouvait donc disponible pour s'intéresser à leurs affaires d'amour, de sexe et d'argent.Le bunker austère mais délicieux où notre héroïne rêvait de s'enfermer devint très rapidement la nef des Cinglés.Mais Laura est-elle aussi désolée qu'elle le prétend ?
Quand Alice et Myriam se rencontrent par hasard, elles ne s'étaient pas vues depuis l'université. À l'époque, elles faisaient partie d'une bande de huit inséparables. Myriam, Alice, Claire, Jeanne, Olivier, Oscar, Éric, Chopin. Un jour, Olivier avait proposé de jouer à la roulette russe, Chopin avait saisi le revolver et s'était fait bêtement sauter le crâne. Trente ans plus tard, la situation est la suivante : Myriam a une fille de vingt ans et un père atteint de la maladie d'Alzheimer. Alice, psychiatre, a deux fils. Elle a perdu son mari, gelé au cours d'une course en montagne. Claire, qui a brillamment réussi dans les affaires, est clouée dans un fauteuil à la suite d'un accident de voiture. Jeanne, restauratrice, vient d'assassiner accidentellement son mari chinois d'un coup de tire-bouchon. Éric est dessinateur. Oscar est avocat. Olivier a disparu depuis vingt ans... Et Chopin est mort, comme vous le savez si vous avez suivi jusque-là. C'est au moment où tous ces gens reprennent contact, non sans heurts, qu'Olivier réapparaît. Avec son humour ravageur, Béatrice Shalit entraîne ses personnages et ses lecteurs dans un tourbillon de situations cocasses et tragiques.
Il n'est jamais agréable d'apprendre que l'homme avec qui vous avez partagé vingt ans de votre vie a décidé de se mettre en ménage avec votre gynécologue. Confrontée à cette pénible expérience, Pauline Keller éprouve un sentiment de profonde injustice et une colère haineuse à l'égard de l'humanité tout entière. Son humeur ne s'arrange pas quand elle découvre, en rentrant chez elle, une adolescente assise sur son paillasson. Olga a quinze ans. Elle est polonaise et elle vient s'installer pour un mois chez les Keller, comme le lui a gentiment proposé M. Keller lui-même avant de s'embarquer pour de nouvelles aventures. Dommage qu'il ait oublié de prévenir sa femme. Si l'on ajoute que la jeune Olga fait preuve dès le premier contact d'un caractère abominable, on devine que la vie de Pauline Keller et de tous ceux et celles qui gravitent dans son entourage vient d'entrer dans une période de pénibles turbulences.
De la fenêtre de son cabinet de psychanalyste, Éva contemple l'agitation qui règne sur le chantier d'en face. Fascinée par ces hommes bottés, casqués et casaqués de jaune fluo, tel le grutier qui, du haut de son engin surnaturel, manipule des charges considérables avec une précision de couturière, elle regarde les ouvriers, mais les ouvriers, de leur côté, la regardent aussi. Surtout Louis, le chef de chantier, et Pedro, le grutier. Et à force de regarder, on finit par voir des choses...À la façon de Hitchcock dans Fenêtre sur cour, Béatrice Shalit met en scène la rencontre entre deux mondes qui habituellement s'ignorent. Avec beaucoup de finesse et de sensibilité, elle nous livre un roman pétri d'humanité.
Avec beaucoup de cocasserie et d'autodérision, Béatrice Shalit nous livre vingt-sept nouvelles racontant les mésaventures d'une femme qui ne cesse malgré elle de se mettre dans l'embarras : fous rires garantis. Certaines personnes ont le chic pour se mettre dans les situations les plus invraisemblables. C'est le cas de la narratrice de ces nouvelles hilarantes dans lesquelles on pourrait voir, à rebours, un recueil de préceptes décrivant tous les pièges à éviter pour mener une vie paisible. Se méfier du coup de foudre pour un Don Juan qui vous a invitée à le rejoindre à Florence après une simple conversation : vous pourriez découvrir qu'il aime se travestir en femme et ne voit en vous qu'une consoeur avec qui échanger ses robes ; ne jamais accepter une invitation à la campagne chez sa psychanalyste, même si celle-ci vous a assuré que votre traitement était terminé : déconvenues, transfert et contre-transferts inévitables ; s'interdire de tomber amoureuse d'un bel inconnu à la dernière minute, surtout pendant le voyage qui vous mène vers une nouvelle vie aux côtés de votre fiancé : remords assurés... Dans ces nouvelles d'une drôlerie irrésistible, on retrouvera aisément l'influence de cet humour juif qui a fait le succès de Woody Allen, Philip Roth ou Isaac Bashevis Singer. Une influence revendiquée par l'auteur, et un héritage familial qui transparaît dans certaines de ses nouvelles où il est souvent question de voyage, de famille, d'amour et d'amitié. Volontairement rétive à toute chronologie, Béatrice Shalit explore néanmoins tous les âges de la vie de sa narratrice, de la petite fille en quête d'amour maternel à la grand-mère pas tout à fait certaine d'être à la hauteur de sa fonction, en passant par la jeune fille pressée de vivre une " première fois " inoubliable. Au final, ces vingt-sept nouvelles dressent un portrait original de femme attachante et sensible dont la mauvaise fortune est un régal pour le lecteur.
Rosa Hoffmann trouvait sa vie quelque peu ronronnante ces derniers temps... Si elle avait su ce que l'avenir lui réservait, elle serait sans doute restée à rêvasser dans son bureau ! Rosa Hoffmann, journaliste en crise professionnelle et personnelle, décide d'inaugurer un courrier du coeur adressé exclusivement aux hommes. Dès sa première chronique, intitulée " Messieurs, parlez-moi de vous ", les lecteurs sont conquis. Parmi les nombreuses réponses qu'elle reçoit, celle d'un mystérieux admirateur, très au fait de son intimité, lui adressant un courrier au ton prophétique et menaçant. Or, depuis quelques mois, des jeunes femmes ont été agressées dans le quartier de Rosa. Surnommé " le Monstre " par la police et le voisinage, l'auteur de ces crimes reste introuvable et l'enquête piétine. Mais Rosa fait immédiatement le lien avec son " admirateur " secret. Sous la houlette d'un inspecteur aussi séduisant qu'agaçant, elle choisit de maintenir un contact épistolaire, toujours par l'entremise du journal, avec celui qu'elle pense être le psychopathe. Dès lors, c'est toute sa vie qui explose. On la menace, on l'épie, elle est contrainte de prendre chez elle les deux jumeaux de cinq ans de sa gardienne d'immeuble qui vient d'être sauvagement agressée... L'horreur ! Mais qui peut bien s'acharner ainsi sur elle ? Ses collègues jalouses, ses voisins suspicieux, ses amants éconduits. Ou, pourquoi pas, le policier plein de sollicitude chargé de la protéger ? À coups de dialogues drôlissimes et avec un irrésistible sens de la dérision, Béatrice Shalit nous livre un polar burlesque au rythme échevelé, attachant et totalement déjanté.