Aurélie Damet
Aurélie Damet
Cette enquête historique sur les conflits familiaux s'appuie sur des sources antiques longtemps envisagées isolément, le théâtre, les plaidoiries judiciaires et les élaborations philosophiques de l'époque classique athénienne. De Médée mère infanticide au tyran platonicien incestueux, de Socrate responsable de l'émancipation des fils athéniens à Démosthène le pupille spolié, du fiston comique dépensier à la jeune fille héritière délaissée, le conflit familial est un motif récurrent dans la cité démocratique. Conjugalité, fraternité, consanguinité, parentalité, autant de relations qui, interrogées au prisme du conflit, mettent en lumière l'irréductibilité et la fragilité des liens familiaux. Les violences familiales, refoulées et dénoncées, futiles et meurtrières, divines et si humaines, déchirent l'harmonie du foyer athénien mais aussi l'édifice civique. Dans l'Athènes classique, la frontiè
Des vies en clair-obscur, ainsi pourrait-on résumer le destin des femmes de l'Antiquité grecque. Hydna la plongeuse, Euthymia la magistrate, Phanostratè la pédiatre, Corinne la poétesse ou Nikarétè la vendeuse de rubans : ces femmes et leurs consoeurs participèrent chacune à leur manière à l'histoire des cités. Les sources anciennes mettent en lumière le rôle des femmes dans des domaines aussi variés que la transmission de la citoyenneté, les transactions financières, le service des dieux, la pratique médicale, l'intendance des gymnases, la vente au détail, l'ascèse philosophique ou le sabotage de navires. Des pans entiers de leur vie ont été éclairés par les recherches récentes portant sur la petite enfance, le sport, le monde du travail, les honneurs publics, l'eugénisme ou le droit de la famille. Dix-huit récits de vie révèlent des destinées façonnées malgré l'ombre omniprésente des structures patriarcales. Des actrices, longtemps cantonnées au second plan, à qui cet ouvrage rend hommage.
La question du rapport entre famille et société, aux résonances si contemporaines, constitue le coeur de cet ouvrage. Le lecteur trouvera les définitions nécessaires pour saisir les « familles » grecque et romaine, les parentés de l'alliance et de la naissance, l'unité économique de production, la famille des droits et des devoirs. L'ouvrage offre une synthèse des différentes étapes de la vie en famille (naissance, mariage, adoption, funérailles), ces moments de sociabilité parfois générateurs de tensions, où s'entremêlent des intérêts autant familiaux que civiques : la famille s'inscrit dans la cité, qui la modèle, la contrôle et la surveille car elle en constitue la première unité. En puisant dans les sources dramaturgiques comme dans la documentation épigraphique, en croisant les théories philosophiques et les textes de loi, les auteurs ont souhaité offrir au lecteur un tableau synthétique et vivant des familles et des systèmes de parenté grecs et romains. Histoire du droit, histoire des sentiments, anthropologie de la parenté, histoire sociale, prosopographie, autant de méthodes réconciliées par le prisme familial que propose cette étude.