Arthur Nesnidal
Arthur Nesnidal
« Je suis de gauche. En fait, c'est pire. Je suis gauchiste. De naissance, excusez du peu. Je suis toujours gauchiste, mais je ne suis plus enfant de choeur de l'armée rouge. Adulte, j'ai des mauvaises pensées. J'ai lu Weber, et je me suis dit : pourquoi pas. J'ai dit du mal des syndicats. J'ai oublié l'odeur des lacrymos, moi qui ai fait les « Nuits debout » et qui marchais dans les manifs avant de savoir marcher. Est-ce que la tentation de la droite s'insinuerait en moi ? Et si mon âme était corrompue ? Oh mon Dieu, je parle d'âme et je dis oh mon Dieu. Mon coeur s'égare, mes cheveux tombent. Je dois rentrer en mon être à la rencontre du garçon que j'étais à sept ans. Il est venu, le temps d'écrire mes confessions, mes souvenirs encore tendres de cette enfance, celle d'une fleur de barricade éprise de discipline, mère de liberté. »
« Je suis de gauche. En fait, c'est pire. Je suis gauchiste. De naissance, excusez du peu. Je suis toujours gauchiste, mais je ne suis plus enfant de choeur de l'armée rouge. Adulte, j'ai des mauvaises pensées. J'ai lu Weber, et je me suis dit : pourquoi pas. J'ai dit du mal des syndicats. J'ai oublié l'odeur des lacrymos, moi qui ai fait les « Nuits debout » et qui marchais dans les manifs avant de savoir marcher. Est-ce que la tentation de la droite s'insinuerait en moi ? Et si mon âme était corrompue ? Oh mon Dieu, je parle d'âme et je dis oh mon Dieu. Mon coeur s'égare, mes cheveux tombent. Je dois rentrer en mon être à la rencontre du garçon que j'étais à sept ans. Il est venu, le temps d'écrire mes confessions, mes souvenirs encore tendres de cette enfance, celle d'une fleur de barricade éprise de discipline, mère de liberté. »
Silencieux et docile, Marcel n'a jamais eu, de toute sa vie, d'autres horizons que les murs de son usine. L'usine est assassine. Elle brutalise, humilie, écrase, dégrade, mutile. Dans ce roman singulier, à la fois cruel et tendre, Arthur Nesnidal utilise tous les styles d'écriture, de la prose au calligramme en passant par les formes les plus diverses de l'expression poétique et théâtrale, pour donner à ces vies effacées leur épaisseur et leur dignité.
Silencieux et docile, Marcel n'a jamais eu, de toute sa vie, d'autres horizons que les murs de son usine. L'usine est assassine. Elle brutalise, humilie, écrase, dégrade, mutile. Dans ce roman singulier, à la fois cruel et tendre, Arthur Nesnidal utilise tous les styles d'écriture, de la prose au calligramme en passant par les formes les plus diverses de l'expression poétique et théâtrale, pour donner à ces vies effacées leur épaisseur et leur dignité.
" Vous, Mademoiselle, dites-nous ce que vous en pensez, vous qui avez raté votre devoir. " Aucune forteresse ne résiste à cela. Blême, frissonnante, l'expression fissurée par la déflagration, l'estomac enfoncé, l'espérance perdue, elle se faisait violence avec un héroïsme en tous points admirable pour ne pas fondre en larmes ou sombrer sous la table. Sans complaisance, un étudiant décrit le quotidien d'une année d'hypokhâgne, sacro-sainte filière d'excellence qui prépare au concours d'entrée à l'École normale supérieure. Face au bachotage harassant, au formatage des esprits et aux humiliations répétées de professeurs sadiques, la révolte gronde dans l'esprit du jeune homme... Féroce et virtuose, La Purge dénonce la machine à broyer les individus qu'est l'éducation élitiste à la française. Avec pour toutes armes la tendresse d'un Prévert et les fulgurances d'un Rimbaud, Arthur Nesnidal y taille en pièces l'académisme rance de ses professeurs et retourne contre l'oppresseur sa prose ciselée. Dans la plus pure tradition du roman d'apprentissage, un manifeste pour la liberté.
Dans une ville aux allures rétrofuturistes, la colère gronde : l'insurrection générale inquiète le pouvoir qui exerce une violente répression. L'inspecteur Andrieux, plongé malgré lui dans le cercle fermé de ceux qui dirigent l'État, poursuit Cartera, un financier qui dicte en coulisse sa conduite au gouvernement. Il y découvre un milieu social qui le dépasse. À force d'allers-retours entre les classes populaires dont il est issu et les classes dirigeantes, corrompues et déconnectées, il se forge une conscience morale et politique incompatible avec l'obéissance aveugle... Avec cette fresque sociale sur fond de révolte populaire et de corruption des puissants, Arthur Nesnidal nous livre une dystopie empreinte d'une saine colère.