Aquilino Morelle
Aquilino Morelle
« Les électeurs de Trump et de son MAGA sont les cousins américains de ceux de Marine Le Pen et du RN. Même colère sociale et identitaire, même réaction à la désindustrialisation et à la dureté de la vie quotidienne, même pauvreté, même sentiment de relégation sociale, même exaspération à l'endroit de l'idéologie woke, même malaise national, même attente déçue de considération et de respect de la part de ceux dont la vocation politique est de représenter et de défendre ces classes populaires : la gauche. » On connait la parenté historique de l'Amérique et de la France : deux pays dont la Révolution a prétendu accoucher d'un modèle universel exportable au monde. On sait aussi combien les courants profonds que l'on peut observer du côté de l'oncle Sam anticipent souvent les changements de climat de notre côté de l'Atlantique. Or, ici et là-bas, les valeurs historiques du « camp du progrès », délaissées par la gauche, ont été reprises comme en un miroir déformé par les mêmes mouvements puissants, qualifiés paresseusement de « populistes » : à qui la faute ? « Le malheur est sourd aux leçons de morale » écrivait Gilles Perrault : la diabolisation est une posture morale, pas un projet politique, et son incidence électorale est nulle -quand elle n'est pas contre-productive. Si l'on veut éviter que l'élection présidentielle française ne rejoue en 2027 le scénario américain de 2024, il faut analyser précisément ce qui s'est produit aux USA, ce qui est en train de se produire en France, et se poser la seule question qui vaille : comment faire en sorte que la contre-révolution américaine ne débouche pas sur une contre-révolution française ? « Quand les gens se sentent en insécurité, ils préfèrent un fort qui a tort plutôt qu'un faible qui a raison » (Bill Clinton) : qui ne sent que nous vivons un retournement historique où la force de la loi est piétinée par la loi de la force ? Cet essai, par un va-et-vient éclairant entre le cas américain et le cas français, appelle à un effort de lucidité sur le nouveau nouveau monde qui se dessine là-bas et s'annonce ici.
La « santé publique » constitue d'abord un objectif politique, celui de préserver et d'élever le niveau de santé des populations. Elle s'appuie sur l'analyse des phénomènes de santé pour identifier et maîtriser les facteurs de risques. Elle s'applique au travers de politiques publiques et grâce à l'action de professionnels et d'intervenants variés : médecins, mais aussi éducateurs, économistes, ingénieurs... Comment se définit et s'articule une politique de santé ? Quels sont les rôles respectifs de la promotion de la santé, de la prévention, de la sécurité sanitaire et des soins ? Des premières mesures hygiénistes à la récente pandémie de Covid-19, de l'indispensable sécurité sanitaire à l'utopie d'une santé parfaite, cet ouvrage permet d'appréhender toutes les dimensions, tous les enjeux et toutes les ambitions de la santé publique, mais aussi tous les débats qu'elle suscite.
Raymond Aron avait analysé en son temps l'emprise du communisme sur les esprits dans L'opium des intellectuels. Et si l'opium des élites était aujourd'hui l'européisme ? On nous endort tous les cinq ans en nous promettant des lendemains qui chantent, alors que les vrais choix politiques ont été opérés il y a plus de trente ans. Et n'ont jamais été expliqués aux Français, auxquels on a au contraire raconté des fables lénifiantes. « La gauche devrait-elle opter pour l'Europe contre le socialisme, ou pour le socialisme contre l'Europe ? » s'interrogeait François Mitterrand dans une longue tribune publiée dans Le Monde en 1968. Eh bien, c'est précisément François Mitterrand une fois Président qui, avec le tournant de mars 1983 puis l'Acte Unique européen de 1986, a fait prendre à la France puis à l'Europe entière le chemin du fédéralisme. De sorte que loin d'être un bouclier contre la dérégulation, comme il nous a été répété à l'envi, l'Europe fut la matrice, puis le vecteur de la mondialisation libérale. Mieux (ou pire) : ce sont les Français qui ont été les chevilles ouvrières du néo-capitalisme financier, les anglo-saxons ne faisant que s'engouffrer dans la brèche que nous avons nous-mêmes ouverte, avec Fabius et Beregovoy au pouvoir en France, Delors et Lamy à la tête de la commission européenne, Chavranski à l'OCDE, Trichet à la Banque centrale européenne (BCE), Camdessus au FMI et Lamy à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce). La civilisation européenne était supposée reposer sur l'État, plus l'État-Nation, plus l'État de droit, plus l'État-Providence. Or, l'État perd son pouvoir, l'État-Nation est voué aux gémonies au profit d'un fédéralisme hors-sol qui s'apparente à une religion politique, et l'État-Providence fut sacrifié, jusqu'au « quoi qu'il en coûte » de Macron, sur l'autel de la rigueur Maastrichienne. Cela s'appelle l'abdication d'une démocratie, selon la belle mise en garde de Pierre Mendès France: « L'abdication d'une démocratie: la délégation de tous les pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique ». Résultat : aucune majorité présidentielle ou parlementaire n'a été reconduite en France depuis 1983, le FN est passé de 0,8% des voix à plus de 25%, le pouvoir régalien parait illégitime ou impuissant, et ce que les élites appellent le « populisme » gronde. On connait la formule de Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères) en 1953: « Faire l'Europe sans défaire la France ». Nous avons défait la France en catimini au nom de l'Europe, sans pour autant parvenir à faire l'Europe démocratique qu'attendent les peuples et pour laquelle plaide l'auteur. Nous avons en somme perdu sur les deux tableaux. Un sursaut est possible : après une analyse au scalpel de la décomposition française (première partie) et une déconstruction non moins rigoureuse de l'idéologie européenne (deuxième partie), c'est à quoi se consacre la troisième partie de cet ouvrage. Un essai politique de fond, puisant aux meilleures sources françaises et internationales, puissant et argumenté, qui fera date tant il remet en cause les opinions convenues.
Déjà deux fois finaliste de la présidentielle, en 2017 et 2022, devenue la candidate des classes populaires, du monde du travail, des chômeurs aussi, débarrassée de son père et du fatras antisémite et xénophobe qui était le sien, progressant dans toutes les catégories sociales et dans tous les territoires, Marine Le Pen est désormais considérée comme la favorite pour les élections présidentielles de 2027. Comment en est-on arrivé là? Analyser de manière précise et sur le long terme les étapes de la propagation du vote FN/RN en France, comprendre qui furent les vrais responsables de cette situation inédite, avant d'envisager la voie -étroite- à emprunter pour barrer le chemin de Marine Le Pen vers l'Élysée : telle est l'ambition de ce livre. Il reste un peu plus de 40 mois avant la prochaine présidentielle: c'est peu -peut-être trop peu. C'est assez, si l'on accepte de regarder la réalité en face et de ne plus se payer de mots, ainsi que nous y invite ici Aquilino Morelle.
« Après moi, il n'y aura plus de grand Président » avait prophétisé François Mitterrand. Peut-être en effet la prose du réel devait-elle succéder à la poésie des lendemains qui chantent. Mais l'abandon du romantisme révolutionnaire ne nous condamnait pas inexorablement à celui de la volonté politique. Comment en est-on arrivé là ? Pour la première fois, ce n'est pas François Hollande qui distille ses confidences ni un ministre démissionné ses commentaires ou un journaliste ses observations, mais un conseiller de premier plan, dont le bureau, « la chambre d'Eugénie », jouxtait celui du Président de la République, qui nous fait voyager au coeur de la machine de l'Etat. Il ne se contente pas de raconter mille et une « choses vues », scènes et dialogues vécus. Il analyse, avec une profondeur historique éclairante, les tendances lourdes comme les traits de caractère qui ont conduit notre monarque républicain à l'abdication. Une abdication qu'il a annoncée aux Français le 1er décembre 2016 mais dont on découvrira ici qu'il y avait consenti dès le premier jour de son mandat. A travers ce témoignage prennent vie non seulement un Président demeuré pour beaucoup « une énigme, entourée d'un mystère, cachée dans un secret », mais aussi les figures qui veulent refonder une politique progressiste dans notre pays : qu'ont dit et fait Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Emmanuel Macron et les autres lors des grands rendez-vous du quinquennat qui s'achève ? Un livre politique de haute tenue.