Antoine Perraud
Antoine Perraud
Le capitalisme, une fois terrassé l'ennemi communiste en 1989, s'est retrouvé sans contre-modèle. Tout à son hubris de vainqueur, ce système effréné a adopté les tares du vaincu : bureaucratie, opacité, autoritarisme, inégalitarisme. Il ne manquait plus que la preuve par le virus : la pandémie de Covid-19 a fait office de révélateur et d'accélérateur en cette année 2020. Trente-quatre ans après Tchernobyl, qui avait signé l'arrêt d'obsolescence du " socialisme réel ".Rongée par la financiarisation galopante, au service d'une nomenklatura échappant à l'impôt, cette économie globale de marché en est venue à saper les services publics et à désintégrer la classe moyenne, gage de démocratie. Tournant le dos aux approches keynéso-rooseveltiennes, débarrassé du devoir d'incarner un modèle attractif aux yeux de populations vivant sous un régime communiste, le système a muté. Et ce pour déboucher sur un capitalisme de surveillance propre à deux puissances laboratoires en la matière : la Chine et la Russie.L'heure est au droit de grève traité en activité anticapitaliste, aux samizdats électroniques (Leaks en tous genres), voire aux dissidents (d'Edward Snowden à Julian Assange) ; tandis que Donald Trump prend des airs de Nicolae Ceausescu. Le tout sur fond de croyance indécrottable en un marché total - le pendant de l'État total des démocraties populaires de naguère. Trente et un ans après la chute du mur de Berlin, voici que le soviétisme s'avère stade suprême du capitalisme.
Outreau, affaire Alègre, RER D... Certains des emballements médiaticojudiciaires de ces dernières années ont été d'effroyables ratages. À chaque fois, le journalisme cède à une tentation qui le fait chuter. Pourquoi celui-ci en est-il arrivé à dénoncer sans vérifier, se posant en justicier alors qu'il n'était que puissant accusateur ? Comment s'est-il transformé en machine à fabriquer des bavures ? De tels fiascos laissent un sentiment fait d'incrédulité, d'incompréhension, et d'effroi. À l'exception de la commission parlementaire qui tenta de comprendre la catastrophe sans précédent d'Outreau, très peu a été entrepris ces dernières années pour penser de telles fautes, pour cerner leur même logique perverse à l'oeuvre, pour percer leurs mécanismes concrets. À Toulouse, par exemple, l'affaire Alègre a bouleversé la vie de quelques innocents livrés en pâture, puis la fureur dénonciatrice a laissé place au silence gêné. Or, même s'il est aujourd'hui permis de parler à son sujet de manipulation, peu d'occasions se sont présentées jusqu'à présent d'apprendre les tenants et les aboutissants de cette ténébreuse cabale. Ce livre vient combler ce vide. En analysant trois moments où la presse s'est substituée à la justice pour imposer son credo et son tempo,Antoine Perraud, qui ne se résigne pas à cette situation mais n'hésite pas à stigmatiser cette barbarie journalistique, décortique l'art et la manière de faire un malheur en toute impunité.
Outreau, affaire Alègre, RER D... Certains des emballements médiaticojudiciaires de ces dernières années ont été d'effroyables ratages. À chaque fois, le journalisme cède à une tentation qui le fait chuter. Pourquoi celui-ci en est-il arrivé à dénoncer sans vérifier, se posant en justicier alors qu'il n'était que puissant accusateur ? Comment s'est-il transformé en machine à fabriquer des bavures ? De tels fiascos laissent un sentiment fait d'incrédulité, d'incompréhension, et d'effroi. À l'exception de la commission parlementaire qui tenta de comprendre la catastrophe sans précédent d'Outreau, très peu a été entrepris ces dernières années pour penser de telles fautes, pour cerner leur même logique perverse à l'oeuvre, pour percer leurs mécanismes concrets. À Toulouse, par exemple, l'affaire Alègre a bouleversé la vie de quelques innocents livrés en pâture, puis la fureur dénonciatrice a laissé place au silence gêné. Or, même s'il est aujourd'hui permis de parler à son sujet de manipulation, peu d'occasions se sont présentées jusqu'à présent d'apprendre les tenants et les aboutissants de cette ténébreuse cabale. Ce livre vient combler ce vide. En analysant trois moments où la presse s'est substituée à la justice pour imposer son credo et son tempo,Antoine Perraud, qui ne se résigne pas à cette situation mais n'hésite pas à stigmatiser cette barbarie journalistique, décortique l'art et la manière de faire un malheur en toute impunité.