Antoine Peillon
Antoine Peillon
Coeur de boxeur revient, dans le détail, sur « l'affaire Christophe Dettinger », du nom de ce « boxeur gitan » qui a brutalisé des gendarmes mobiles, à Paris, le 5 janvier 2019, lors de l'Acte VIII des Gilets jaunes. Affirmant qu'il a défendu une dame violemment frappée, au sol, par les forces de l'ordre, l'ex-champion de France de boxe anglaise est devenu le symbole de la révolte contre les violences policières, de la résistance à la dérive monarchique d'Emmanuel Macron, mais aussi de la « décence commune », si chère à George Orwell, opposée à l'indécence extraordinaire des puissants. Disons-le clairement : ce livre ne promeut en aucun cas la violence, bien au contraire, et Christophe Dettinger a lui-même admis qu'il n'aurait pas dû agir comme il l'a fait instinctivement. Mais Coeur de boxeur entend montrer que, depuis le commencement du mouvement des Gilets jaunes, les violences policières ont spectaculairement dépassé ce qu'elles avaient été, en France, depuis Mai 68, et qu'elles attisent l'incendie politique. Cet essai humaniste prend donc la défense de toutes celles et tous ceux qui souffrent de n'être pas entendus, malgré leur mobilisation intrépide, par un chef de l'État qui, manifestement, les méprise.
En vingt ans, la corruption a connu en France un développement vertigineux. Au point qu'elle menace aujourd'hui de mettre à bas l'édifice de l'Etat et la société tout entière. Mais s'il est vrai qu'elle est le fruit naturel de l'institution du marché, comment en venir à bout ? En prenant d'abord la mesure exacte du phénomène. Et qui, mieux que celui qui ouvrit sa carrière de grand-reporter en apportant des éléments décisifs sur l' " Affaire Carignon ", il y a précisément vingt ans, pouvait s'en charger ? En comprenant ensuite que si nous devons contraindre nos gouvernants à mobiliser tous les moyens politiques et judiciaires propres à lutter contre cette pathologie de la démocratie, il nous faut également prendre conscience que le mal traverse - au-delà des hautes sphères dirigeantes - chacun d'entre nous : la République gangrénée ne se meurt-elle pas aussi et surtout des conflits d'intérêt de tous les jours et des petits arrangements de chacun avec la morale civique ? Depuis que des hommes achètent les actes et la conscience d'autres hommes, philosophes, écrivains, hommes de sagesses et de religions ont accumulé un trésor de réflexions et d'expériences propres à nous enseigner l' esprit de résistance à la corruption. En voici les plus beaux joyaux, en forme d'invitation à l'action. Car nous sommes tous responsables de notre bien commun, la République. Antoine Peillon est grand-reporter à La Croix. Il est l'auteur de Ces 600 milliards qui manquent à la France (Seuil, 2012).
Voici le manifeste du boycott civique de l'élection présidentielle de 2017. Depuis la Libération, la prétendue démocratie représentative n'a jamais produit autant de révolte des citoyens. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à se libérer d'un devoir de voter qui a viré à l'absurde. La rupture radicale avec ce rituel épuisé est un appel à l'action. Elle inaugure la reconquête de notre souveraineté.Voici le manifeste du boycott civique de l'élection présidentielle de 2017. Depuis la Libération, la prétendue démocratie représentative n'a jamais produit autant de révolte des citoyens. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à se libérer d'un devoir de voter qui a viré à l'absurde. La rupture radicale avec ce rituel épuisé est un appel à l'action. Elle inaugure la reconquête de notre souveraineté. Plus de 20 millions de non-votants. Sur près de 45 millions d'inscrits, au moins 9 millions s'abstiendront résolument, consciencieusement et bruyamment, lors de l'élection présidentielle ; plus de 2 millions feront l'effort de déposer bulletins blancs ou nuls dans les urnes ; ils seront quelque 3 millions de non-inscrits et 6,5 millions de " mal-inscrits ". En 2012, déjà, François Hollande n'a été élu qu'avec 18 millions de voix, à comparer avec les plus de 20,5 millions de non-votants... S'abstenir, un acte rationnel et volontaire. Le boycott affirmé des urnes présidentielles sera fondé en raison, car les raisons de ne pas voter sont désormais indéniables. Les exposer est l'un des projets essentiels de ce livre où l'expérience du journaliste d'enquête sera autant mobilisée que les analyses savantes de notre monde. Corruption, dislocation du patrimoine social, explosion des inégalités, dictature exécutive, violence sécuritaire incontrôlée, fermeture brutale des frontières... sont autant de malfaisances oligarchiques qui appellent l'abstention volontaire. Instaurer la souveraineté populaire ! Sabotons donc la présidentielle du printemps 2017 par une désobéissance civile digne de Thoreau, de Gandhi et de Martin Luther King. Boycottons le train-fantôme d'un scrutin morbide organisé par les disciples de Louis XIV et de Napoléon le Petit, comme les démocrates américains boycottèrent, avec un succès mémorable, les bus ségrégationnistes de Montgomery. En 1885, Elisée Reclus affirmait déjà : " Voter, c'est abdiquer, c'est renoncer à sa propre souveraineté. N'abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! " C'était un prophète. Journaliste, Antoine Peillon est l'auteur, entre autres, de Ces 600 milliards qui manquent à la France : enquête au coeur de l'évasion fiscale (Seuil, 2012, prix Ethique ANTICOR 2012 pour l'investigation), de Corruption (Seuil, 2014) et de Résistance ! (Seuil, 2016).
L'auteur des 600 milliards qui manquent à la France ne désarme pas. En témoignent les documents inédits par lesquels il démonte le processus d'effondrement de la République. Et puisque sous couvert du "secret défense", du "secret des affaires" et maintenant de l' "état d'urgence" prospèrent les violences systémiques et la corruption qui attisent la guerre civile, c'est à la résistance qu'il appelle. Rejetant le populisme autant qu'elle dénonce la dictature du marché, cette nouvelle résistance civique se cherche. Mais sa montée en puissance semble irrésistible. Sur le terrain des " grands projets inutiles imposés " qui suscitent autant de ZAD (" zones à défendre "), mais aussi dans les champs ou les ateliers bio et alternatifs, dans les communautés écologistes et libertaires, les résistants au pire des mondes proclament : " la République, c'est maintenant ! " Mais de quelle République et de quelle résistance peut-il aujourd'hui s'agir, les mots eux-mêmes semblant plus épuisés que jamais à force d'avoir été trahis ? C'est aussi l'ambition de ce livre d'apporter à ces questions un commencement de réponse raisonnée, de nourrir intellectuellement le mouvement spontané des citoyens indignés afin de faire rimer à nouveau résistance avec espérance. Antoine Peillon est grand reporter à La Croix. Il est l'auteur de Ces 600 milliards qui manquent à la France (2012) et de Corruption (2014), auquel ce nouvel essai fait suite.
600 milliards d'euros : c'est la somme astronomique qui se cache depuis des décennies dans les paradis fiscaux, soit près de 10% du patrimoine des Français. Comment cette évasion fiscale massive a-t-elle été rendue possible ? Et pourquoi l'évasion de ce patrimoine fait-elle l'objet d'une telle omerta judiciaire, alors que les institutions de contrôle, la police, la justice, la douane, les services de renseignements, etc. en possèdent l'essentiel des preuves ? Quand on connaît la situation des comptes publics de la France, la question mérite d'être posée... Exploitant une somme impressionnante de données ultraconfidentielles, l'auteur de ce livre met pour la première fois au jour l'étendue, les circuits, les mécanismes secrets de cette gigantesque fraude fiscale. Il montre quelles techniques sophistiquées - et parfaitement illégales - utilise une grande banque étrangère pour opérer sur le territoire français, pour approcher les fortunes privées, celles du showbiz, du sport et des affaires. S'appuyant sur des témoignages exceptionnels, il révèle comment s'organise l'impunité de tous ceux qui participent à ce système qui soustrait à la France une part colossale de sa richesse nationale. Où l'on croise alors d'autres réseaux et circuits de financement, politiques cette fois... Antoine Peillon est grand reporter à La Croix.