Annie Guedez
Annie Guedez
Longtemps relégué du côté du folklore, étudié au mieux par quelques historiens du mouvement ouvrier, le compagnonnage français est, pour la première fois, l'objet d'une enquête sociologique qui restitue ses modes d'inscription dans le temps présent. Au terme d'une recherche, par observation et entretiens effectués dans les maisons de compagnons qui ont remplacé les auberges du Tour de France, se déchiffrent à la fois une structure sociale originale et un paysage mental. Il s'ensuit une analyse de thèmes, qui débordent par leur actualité l'enceinte du compagnonnage et des métiers : travail manuel, échec scolaire, apprentissage, formation alternée. Vingt mille hommes à peine se réclament aujourd'hui de la tradition des Devoirs mais, oeuvrant en collaboration étroite avec les pouvoirs publics, ils proposent une vision de l'homme, du travail, de l'éducation qui élargit leur sphère d'influence bien au-delà des deux mille cinq cents jeunes conduits chaque année à entreprendre le Tour de France.
Accusé par l'intelligentsia d'avoir tué l'homme et les sciences humaines, pris pour le porte parole de la philosophie technocratique, renié par les structuralistes ou rejeté dans leur clan selon la mode et le vent de la critique, Michel Foucault, professeur au Collège de France a, pour le moment, déserté les pages littéraires des magazines pour réapparaître quelquefois dans celles des faits divers - puisque c'est là que se traitent les actes politiques extra-institutionnels. Les voix qui s'étaient élevées nombreuses et bruyantes autour des Mots et les choses, ne font plus aujourd'hui qu'un murmure. Sans doute est-il temps, une fois le silence revenu, de commencer enfin à lire. Peut-être s'apercevra-t-on que la production de Michel Foucault est une pièce maîtresse dans la construction d'une épistémologie que les sciences humaines revendiquent, depuis plusieurs années déjà, pour leur propre compte.