Andrée Chédid
Andrée Chédid
Neuf nouvelles, situées pour la plupart en Égypte et au Liban, qui cherchent à parler du coeur universel des hommes, de ce coeur sans frontières, de ces vrais visages qui existent derrière l'âge, le pays, la condition. Les retrouvailles de l'ami perdu, l'attente du fils absent, la solidarité à la mort du portefaix, le départ de la maison promise à la démolition, la longue patience de la mère de famille nombreuse : ces récits, et les autres, s'enracinent dans le concret, embrassent la cruauté de la vie, mais aussi l'espoir et l'amour...
Avec ces deux courts textes qui empruntent autant au conte poétique qu'à la chronique sociale, Andrée Chedid nous convie à une bien singulière rencontre - familière, sous bien des aspects. Une fois encore, l'auteur fait la part belle aux sens, à l'indicible, et s'il n'y prend garde, le lecteur succombera aisément au sentiment de quiétude qui imprègne chacun de ces récits.
Six nouvelles, tour à tour tragiques ou drôles, toujours émouvantes. Du vieil homme riche, dont le seul complice est son âne, de l'ermite qui a choisi la mer comme univers, au truculent Batine... Tous les personnages d'Andrée Chedid sont porteurs d'un message de fraternité et d'amour.
"Rien, en Poésie, ne s'achève. Tout est en route, à jamais. En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription. Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ? Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité ? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin ? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire ? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions ? La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.' Andrée Chedid.
"Rien, en Poésie, ne s'achève. Tout est en route, à jamais. En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription. Ne sommes-nous pas, en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ? Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité ? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin ? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire ? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions ? La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.' Andrée Chedid.
Dans la rue déserte d'une ville ravagée par la guerre, Marie s'effondre, touchée par une balle, alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Steph. Ces retrouvailles devaient sceller leur réconciliation et l'aveu d'un amour partagé. Marie parviendra-t-elle à transmettre son message ? TOUT POUR COMPRENDRE o Notes lexicales o Biographie de l'autrice o Contexte historique et littéraire o Genèse et genre de l'oeuvre o Chronologie et carte mentale TOUT POUR RÉUSSIR o Questions sur l'oeuvre o Histoire des arts o Éducation aux médias et à l'information o Vers le brevet GROUPEMENTS DE TEXTES o L'amour et la guerre : textes poétiques o Écrire contre la guerre : textes engagés CAHIER ICONOGRAPHIQUE.
Dans la rue déserte d'une ville ravagée par la guerre, Marie s'effondre, touchée par une balle, alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Steph. Ces retrouvailles devaient sceller leur réconciliation et l'aveu d'un amour partagé. Marie parviendra-t-elle à transmettre son message ? TOUT POUR COMPRENDRE o Notes lexicales o Biographie de l'autrice o Contexte historique et littéraire o Genèse et genre de l'oeuvre o Chronologie et carte mentale TOUT POUR RÉUSSIR o Questions sur l'oeuvre o Histoire des arts o Éducation aux médias et à l'information o Vers le brevet GROUPEMENTS DE TEXTES o L'amour et la guerre : textes poétiques o Écrire contre la guerre : textes engagés CAHIER ICONOGRAPHIQUE.
« Ton manège est beau. Mais moi, j'en ferai le plus beau de la ville. Le plus beau de tout le pays ! » À douze ans, Omar-Jo quitte le Liban en guerre après une explosion qui a coûté la vie à ses parents et l'a privé d'un bras. Arrivé à Paris, il rencontre Maxime, un forain qui tient un modeste manège. Grâce au jeune garçon, le manège reprend ses couleurs et se ranime. Et l'espoir renaît...
« Ton manège est beau. Mais moi, j'en ferai le plus beau de la ville. Le plus beau de tout le pays ! » À douze ans, Omar-Jo quitte le Liban en guerre après une explosion qui a coûté la vie à ses parents et l'a privé d'un bras. Arrivé à Paris, il rencontre Maxime, un forain qui tient un modeste manège. Grâce au jeune garçon, le manège reprend ses couleurs et se ranime. Et l'espoir renaît...
La famille Chedid se réunie autour d'un livre-disque événement ! Pilou n'aime plus jouer, ni même rire. Il ne supporte plus les moqueries de ses copains au sujet de ses grandes oreilles et préfère encore rester seul à attendre que l'obscurité le fasse disparaître aux yeux de tous. Mais alors que la nuit tombe, Pilou voit ses oreilles grandir, s'ouvrir, devenir si énormes qu'il se sent sur le point de s'envoler. Entraîné par une nuée d'hirondelles, le voilà qui décolle et entreprend un magnifique voyage. Réunis autour du premier album jeunesse d'Andrée Chedid écrit dans les années 1970, Émilie, Louis et Matthieu ont mis en commun leurs talents au service d'un conte musical poétique et fabuleux sur la différence et l'acceptation de soi.
« Un livre n'est que le portrait du coeur, chaque page une pulsation », écrit Emily Dickinson. À cela Andrée Chedid ajoute qu'un livre est aussi la soif d'un ailleurs, une salve d'avenir. Dans L'Étoffe de l'univers, la poétesse née au Caire remonte aux origines de sa vie, explore à travers de courts poèmes le mystère du passage sur terre, la beauté et la force, mais aussi la fragilité, surtout quand l'aventure est malmenée par la vieillesse, la mort qui rôde. En revenant à saint Augustin et Shakespeare, Rilke ou encore Dylan Thomas, Andrée Chedid éclaire sa propre écriture. Sans qu'aucune certitude ne tienne le haut du pavé, elle précise : « Ne vous méprenez pas / Je ne suis que de passage / Un être fictif sur un trajet/Sans itinéraire / Je pousse des portes / Qui s'ouvrent / Sur la vie / Et d'autres portes / Qui mènent je ne sais où ».
Dans un pays en guerre, une jeune femme, Marie, est blessée par une balle. Malgré la douleur, elle ne pense qu'à une chose : rejoindre Steph, qui habite de l'autre côté de la ville. Entre eux, il y a un pont. Ils partagent une passion très vive et viennent de traverser une crise. Malgré cela, Marie est prête à tout pour revoir Steph. C'est le message qu'elle avait pour lui, avant d'être mortellement touchée. Elle vacille sous la lumière de midi. Le sang coule de sa blessure. À mesure qu'elle avance, des images de son passé surgissent, emportée par une mort au ralenti que rien n'arrêtera. D'autres personnages l'aident, comme aimantés par ce lieu où la vie, le hasard et le destin mélangent leurs cartes. Dans ce roman, son premier depuis L'Enfant multiple, paru en 1991, Andrée Chedid convoque tous les massacrés, les fusillés, les suppliciés. Ils convergent vers ce coeur aux abois, vers cette femme à la fois anonyme et singulière.
Dans un pays en guerre, une jeune femme, Marie, est blessée par une balle. Malgré la douleur, elle ne pense qu'à une chose : rejoindre Steph, qui habite de l'autre côté de la ville. Entre eux, il y a un pont. Ils partagent une passion très vive et viennent de traverser une crise. Malgré cela, Marie est prête à tout pour revoir Steph. C'est le message qu'elle avait pour lui, avant d'être mortellement touchée. Elle vacille sous la lumière de midi. Le sang coule de sa blessure. À mesure qu'elle avance, des images de son passé surgissent, emportée par une mort au ralenti que rien n'arrêtera. D'autres personnages l'aident, comme aimantés par ce lieu où la vie, le hasard et le destin mélangent leurs cartes. Dans ce roman, son premier depuis L'Enfant multiple, paru en 1991, Andrée Chedid convoque tous les massacrés, les fusillés, les suppliciés. Ils convergent vers ce coeur aux abois, vers cette femme à la fois anonyme et singulière.
« Elle aurait aimé crier, se battre, soustraire Jean à cette fin. Elle aurait tant voulu prolonger leurs âges, vivre jusqu'au bout. Qu'ils s'accompagnent mutuellement, longuement, le plus longuement possible et entrer dans la nuit ensemble en se tenant la main. Maintenant il fallait peu à peu envisager, admettre, accepter le poids de cette main froide, qui n'avait plus de vie, qui n'avait plus de sens. Admettre, accepter, se résigner. Non. Jamais. Ce serait comme trahir. » De la guerre d'Espagne à la chute du mur de Berlin, Andrée Chedid fait le portrait d'un enfant du siècle dans ce roman profond et émouvant qui est comme la quintessence de toute son oeuvre.
"Est-ce durablement éprouvé entre le possible et le possible, est-ce dialogue à toute force poursuivi entre l'individu et la multitude, qui ont porté Andrée Chedid vers le théâtre ?... Il lui était nécessaire, sans aucun doute, d'ouvrir un champs plus concret à ces figures qui depuis longtemps la hantent et de poursuivre le seul débat qui l'intéresse en termes plus généraux et en images plus exemplaires : le bruit de l'histoire, les ambiguï
"Est-ce durablement éprouvé entre le possible et le possible, est-ce dialogue à toute force poursuivi entre l'individu et la multitude, qui ont porté Andrée Chedid vers le théâtre ?... Il lui était nécessaire, sans aucun doute, d'ouvrir un champs plus concret à ces figures qui depuis longtemps la hantent et de poursuivre le seul débat qui l'intéresse en termes plus généraux et en images plus exemplaires : le bruit de l'histoire, les ambiguïtés de la paix et de la guerre, les chances de transformer le monde des hommes, le problème irrésolu des origines, ces questions sont au coeur de son oeuvre théâtrale. Qu'elle la situe très loin dans le temps et dans l'espace comme Bérénice d'Égypte et Les Nombres, ou dans le lieu indéfini des mythes, pour mettre en place le jeu d'ombre du Montreur, Andrée Chedid ne se préoccupe que d'une chose : faire surgir "des bribes de notre visage commun" aujourd'hui". M.C Granjon
Billie nous livre avec une grande sincérité les poèmes sublimes et pleins de vie de son arrière-grand-mère. Composé à plus de 80 ans par Andrée Chedid, "Rythmes" apparaît pourtant comme un livre de jeunesse, tant il manifeste une capacité d'étonnement et d'émerveillement devant la vie et ses métamorphoses, tant il fait montre, en dépit d'une lucidité sans compromis sur les faiblesses, travers et failles de l'humain, d'un optimisme obstiné, vigoureux, sans cesse renaissant. On y retrouve, d'une façon extraordinairement vive et franche, tous les thèmes de l'oeuvre d'Andrée Chedid, son appétit de l'ouvert et du mouvement, sa généreuse passion de l'autre en toute chose, passion qui permet de sortir de son « étroite peau » et de bousculer ce qui limite la conscience et l'avancée. Même si l'on entend dans ces poèmes quelques échos de la vieillesse et du combat contre l'effacement et la perte, ce chant poétique ne s'en tient jamais à la confidence personnelle, il élargit toujours ses résonnances, au rythme vibrant d'un coeur obstiné, avec en perspective l'ensemble de l'aventure humaine et ses questionnements face à l'énigme qui perdure et à l'inconnu qui vient. Sans doute n'y a-t-il rien de plus émouvant, au seuil de la mort, que cet éloge convaincu et raisonné de la vie. Couverture : d'après photo © Universal Photo / Sipa
Cet enregistrement reproduit les lectures diffusées sur France Culture dans Poésie sur Parole (une émission d'André Velter - Jean-Baptiste Para - Vanessa Nadjar) au cours d'une semaine spéciale consacrée à Victor Hugo. Chacun des onze poètes contemporains a choisi un texte dans son oeuvre, ou a composé un inédit, en résonance avec l'un de ses poèmes préférés de Victor Hugo. Onze comédiens ont prêté leurs voix à ces jeux d'échos, donnant ainsi à entendre les connivences et les différences.
Ces pages, lues à deux voix, sont issues de deux recueils, « Textes pour un poème » (1949-1970) et « Poèmes pour un texte » (1970-1991), creuset de quarante années de la poésie d'Andrée Chedid. Accompagnées des notes légères de fifre, tambour, mandoline et flûte de Pan, les voix entrelacées du comédien et de la poétesse donnent souffle, corps et rythme à ces poèmes lumineux et remplis d'espérance. « Chaque poème achevé devrait apparaître comme un caillou dans la forêt insondable de la vie ; comme un anneau dans la chaîne qui nous relie à tous les vivants. Le Je de la poésie est à tous Le Moi de la poésie est plusieurs Le Tu de la poésie est au pluriel. » A.C. Textes pour un poème, Flammarion, 1987. Poèmes pour un texte (1970-1991), Flammarion, 1991.
Aléfa chante et danse le chagrin, la gaieté, la mort, la vie. Aléfa a cent ans, mille ans, qu'importe ! Elle hante et sillonne cette Ville qui la passionne ; elle y découvre des sources. Eprise des vivants, sans cesse elle les rencontre. Aléfa s'attache aux pas d'un jeune couple de comédiens, Simon et Livie. Ceux-ci ont quitté le confort de leur milieu pour tenter une autre vie. Mais un soir, par lassitude, la jeune femme abandonne l'aventure. Un second couple, la quarantaine, installé dans la réussite sociale, est brusquement au bord du naufrage. Deric, bouleversé par la mort de son meilleur ami, remet en cause le sens de son existence, au désespoir de Natia, son épouse. Aléfa, toujours en mouvement, regarde. Ici, ailleurs, partout : bonheurs, malheurs chevauchent. Aléfa aime. C'est TOUTE la réponse, c'est la SEULE réponse qu'elle connaisse à l'angoisse des jours. La Cité fertile est un roman à la fois plein d'humour, de tragique et de poésie, une sorte de rêve grandiose où la déraison est raison de vivre, où la dérision se mue tout à coup en tendresse, où la femme-bouffon qu'est Aléfa prend les dimensions du Destin.
Aléfa chante et danse le chagrin, la gaieté, la mort, la vie. Aléfa a cent ans, mille ans, qu'importe ! Elle hante et sillonne cette Ville qui la passionne ; elle y découvre des sources. Eprise des vivants, sans cesse elle les rencontre. Aléfa s'attache aux pas d'un jeune couple de comédiens, Simon et Livie. Ceux-ci ont quitté le confort de leur milieu pour tenter une autre vie. Mais un soir, par lassitude, la jeune femme abandonne l'aventure. Un second couple, la quarantaine, installé dans la réussite sociale, est brusquement au bord du naufrage. Deric, bouleversé par la mort de son meilleur ami, remet en cause le sens de son existence, au désespoir de Natia, son épouse. Aléfa, toujours en mouvement, regarde. Ici, ailleurs, partout : bonheurs, malheurs chevauchent. Aléfa aime. C'est TOUTE la réponse, c'est la SEULE réponse qu'elle connaisse à l'angoisse des jours. La Cité fertile est un roman à la fois plein d'humour, de tragique et de poésie, une sorte de rêve grandiose où la déraison est raison de vivre, où la dérision se mue tout à coup en tendresse, où la femme-bouffon qu'est Aléfa prend les dimensions du Destin.
« En attendant, votre manège tourne dans ma tête : je le chéris et le décore de tous les fruits de mon jardin.»Fils d'un musulman d'Égypte et d'une chrétienne libanaise, petit-fils d'un troubadour, Omar-Jo est un enfant heureux. Mais il habite Beyrouth où, en 1987, les hommes se font la guerre.Un beau dimanche ensoleillé, devant la porte de sa maison... L'explosion. Assourdissante, meurtrière, elle lui arrache plus que la vie. Ses parents. Son bras. Pourtant, l'enfant qui quitte le Liban revendique l'espoir et l'imaginaire. À Paris, il rencontre Maxime, le forain au manège usé par le temps et la mélancolie de son propriétaire. L'enfant rendra alors toute leur magie aux chevaux de bois, comme il insufflera à Maxime la force nécessaire au rêve et au bonheur, à la jeunesse et à l'amour.
« En attendant, votre manège tourne dans ma tête : je le chéris et le décore de tous les fruits de mon jardin.»Fils d'un musulman d'Égypte et d'une chrétienne libanaise, petit-fils d'un troubadour, Omar-Jo est un enfant heureux. Mais il habite Beyrouth où, en 1987, les hommes se font la guerre.Un beau dimanche ensoleillé, devant la porte de sa maison... L'explosion. Assourdissante, meurtrière, elle lui arrache plus que la vie. Ses parents. Son bras. Pourtant, l'enfant qui quitte le Liban revendique l'espoir et l'imaginaire. À Paris, il rencontre Maxime, le forain au manège usé par le temps et la mélancolie de son propriétaire. L'enfant rendra alors toute leur magie aux chevaux de bois, comme il insufflera à Maxime la force nécessaire au rêve et au bonheur, à la jeunesse et à l'amour.
Serrée dans le carcan des coutumes, en butte à la dureté et au sommeil des coeurs, ne trouvant aucun écho à sa voix, à ses soifs, n'ayant aucun moyen de se « délivrer », une jeune femme, Samya, s'enfonce, seule, peu à peu, dans le silence et dans la tragédie. Ce premier livre d'Andrée Chedid est plus que jamais un livre d'aujourd'hui. Traversant le temps et les frontières, le cri de Samya rejoint d'autres appels, d'autres refus, d'autres espérances. « D'autres, comme moi, ont dû sentir leur vie s'effriter au long d'une existence sans amour. Si je crie, je crie un peu pour elles... Mais nos filles, nos filles peut-être ne seront plus semblables à ces mousses qui végètent autour des troncs morts. Nos filles seront différentes. Elles surgiront de l'engourdissement... »Roman à suspense, écrit dans un style dépouillé et sobre, mais lourd d'une chaude poésie, Le sommeil délivré nous atteint et nous bouleverse.
Serrée dans le carcan des coutumes, en butte à la dureté et au sommeil des coeurs, ne trouvant aucun écho à sa voix, à ses soifs, n'ayant aucun moyen de se « délivrer », une jeune femme, Samya, s'enfonce, seule, peu à peu, dans le silence et dans la tragédie. Ce premier livre d'Andrée Chedid est plus que jamais un livre d'aujourd'hui. Traversant le temps et les frontières, le cri de Samya rejoint d'autres appels, d'autres refus, d'autres espérances. « D'autres, comme moi, ont dû sentir leur vie s'effriter au long d'une existence sans amour. Si je crie, je crie un peu pour elles... Mais nos filles, nos filles peut-être ne seront plus semblables à ces mousses qui végètent autour des troncs morts. Nos filles seront différentes. Elles surgiront de l'engourdissement... »Roman à suspense, écrit dans un style dépouillé et sobre, mais lourd d'une chaude poésie, Le sommeil délivré nous atteint et nous bouleverse.
La Fourmi et la Cigale « Fini, fini ! » Dit la Fourmi. « Au diable, la parcimonie ! Dès aujourd'hui Je convie Toutes cigales affranchies A me chanter leurs mélodies, Et nous fêterons, en compagnie, La vie qui bouge, La vie qui fuit ! » « Holà, holà ! » Fit la Cigale Poussant un cri très vertical. « Pour moi, adieu le carnaval ! L'hiver, l'hiver m'a tant appris, Et le souci tant rétrécie, Que j'ai rangé toutes mes rêveries Pour m'établir En bourgeoisie ! »
La Fourmi et la Cigale « Fini, fini ! » Dit la Fourmi. « Au diable, la parcimonie ! Dès aujourd'hui Je convie Toutes cigales affranchies A me chanter leurs mélodies, Et nous fêterons, en compagnie, La vie qui bouge, La vie qui fuit ! » « Holà, holà ! » Fit la Cigale Poussant un cri très vertical. « Pour moi, adieu le carnaval ! L'hiver, l'hiver m'a tant appris, Et le souci tant rétrécie, Que j'ai rangé toutes mes rêveries Pour m'établir En bourgeoisie ! »
Ces récits tentent d'accorder le présent de nos CORPS et le TEMPS sans mesure ; nos existences actuelles avec une permanence du souffle humain qui traverse les âges et les lieux. S'enracinant dans le concret, ils vont parfois du réalisme à l'insolite, essayant de rendre l'imaginaire familier : deux amies sont broyées par la guerre civile ; une tête se réveille, seule, sur un trottoir ; une femme au volant de son taxi parcourt les rues surpeuplées du Caire ; précédée par son corps, Eva se promène dans un jardin de Paris ; sur un lit d'hôpital, quelqu'un fait l'apprentissage de la mort ; la dernière lettre de l'alphabet entre en révolte ; un paysan de la vallée du Nil affronte les dieux ; au bord de la Seine un homme étrange attend le voyageur... Noter bref passage sur terre, avant l'engloutissement final, brasse les temps révolus avec le nôtre, renferme un monde de fenêtres, de rires, d'interrogations ; contient l'angoisse, mais aussi sa dynamique ; embrasse toutes les cruautés, mais aussi l'amour. À ces nouvelles ont été ajoutées, à la fin du volume, celles de L'étroite peau. Ce livre, paru en 1965, est maintenant épuisé.
Ces récits tentent d'accorder le présent de nos CORPS et le TEMPS sans mesure ; nos existences actuelles avec une permanence du souffle humain qui traverse les âges et les lieux. S'enracinant dans le concret, ils vont parfois du réalisme à l'insolite, essayant de rendre l'imaginaire familier : deux amies sont broyées par la guerre civile ; une tête se réveille, seule, sur un trottoir ; une femme au volant de son taxi parcourt les rues surpeuplées du Caire ; précédée par son corps, Eva se promène dans un jardin de Paris ; sur un lit d'hôpital, quelqu'un fait l'apprentissage de la mort ; la dernière lettre de l'alphabet entre en révolte ; un paysan de la vallée du Nil affronte les dieux ; au bord de la Seine un homme étrange attend le voyageur... Noter bref passage sur terre, avant l'engloutissement final, brasse les temps révolus avec le nôtre, renferme un monde de fenêtres, de rires, d'interrogations ; contient l'angoisse, mais aussi sa dynamique ; embrasse toutes les cruautés, mais aussi l'amour. À ces nouvelles ont été ajoutées, à la fin du volume, celles de L'étroite peau. Ce livre, paru en 1965, est maintenant épuisé.
Comment te nommer, Liban ? Comment ne pas te nommer ! Comment crier du fond de tes abîmes hors des camps et des clans loin des catéchismes de la discorde ? A.C. © Flammarion, 1976
Comment te nommer, Liban ? Comment ne pas te nommer ! Comment crier du fond de tes abîmes hors des camps et des clans loin des catéchismes de la discorde ? A.C. © Flammarion, 1976
Surgie du tréfonds, vêtue de mots, de langues, quelque part la parole nous soulève et réunit. À travers ailes et chutes, enlisements et flambées, ces textes - à la suite des autres : poèmes ou prose - s'obstinent à forer le chemin des ressemblances, à dénombrer les preuves d'une terre commune, à dévoiler les traces d'une fraternité. Malgré nos enclos, nos Babels, nos ravages, quelque part la parole converge et nous relie. A.C. © Flammarion, 1976