André Gorz
André Gorz
L'autisme est un paradigme de la psychopathologie d'aujourd'hui. Le modèle psychanalytique est passé d'un repère central à une position d'éviction drastique dans toutes les recommandations actuelles. Cet ouvrage témoigne a contrario de la valeur d'une approche psychanalytique, allant de la clinique de nourrisson à risques d'autisme à l'absolue nécessité d'un accompagnement psychique de ces pathologies graves et précoces, toujours dans une dynamique ouverte, articulée avec d'autres approches. Les enjeux fondamentaux du corporel, du psychomoteur et du sensorimoteur préconisés dans tout accompagnement sont ainsi mis en valeur. Le plaidoyer défendu ici est de toujours travailler à plusieurs, dans une complémentarité des théories comme des techniques. Corps, psyché, développement et interventions précocissimes définissent ainsi l'axe princeps de ce livre. Les auteurs rassemblent ici de nouvelles élaborations entre corps et psyché qui fait suite à un premier ouvrage sur la question du langage dans l'autisme : Langage, voix et parole dans l'autisme (« Le fil rouge », 2007).
Il faut apprendre à discerner les chances non réalisées qui sommeillent dans les replis du présent. Il faut vouloir s'emparer de ces chances, s'emparer de ce qui change. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt, et qui ne renaîtra plus. Il faut oser l'Exode. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la « crise », car il n'y a plus de crise : un nouveau système s'est mis en place, qui abolit massivement le « travail ». Il restaure les pires formes de domination, d'asservissement, d'exploitation, en contraignant tous à se battre contre tous, pour obtenir ce « travail » qu'il abolit. Ce n'est pas cette abolition qu'il faut lui reprocher : c'est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même « travail » dont il abolit les normes, la dignité et l'accessibilité. Il faut oser vouloir l'Exode de la « société de travail » : elle n'existe plus et ne reviendra pas. Il faut vouloir la mort de cette société, qui agonise afin qu'une autre puisse naître sur ses décombres. Il faut apprendre à distinguer les contours de cette société autre derrière les résistances, les dysfonctionnements, les impasses dont est fait le présent. Il faut que le « travail » perde sa centralité dans la conscience, la pensée, l'imagination de tous : il faut apprendre à porter sur lui un regard différent ; ne plus le penser comme ce qu'on a ou n'a pas, mais comme ce que nous faisons. Il faut oser vouloir nous réapproprier le travail.
"Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien." André Gorz revient avec cinquante ans de recul sur les années décisives de son histoire. Il restait beaucoup à dire. Car ce n'était pas la sienne seulement.
"Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien." André Gorz revient avec cinquante ans de recul sur les années décisives de son histoire. Il restait beaucoup à dire. Car ce n'était pas la sienne seulement.
Vorace, le capitalisme est à l'affût constant de surplus de valeur. S'il l'a trouvé, par le passé, dans la robotisation ou la rationalisation, il le cherche désormais dans le travail dit "immatériel", qui repose sur les connaissances. Au profit des avancées scientifiques et technologiques, nos matières grises sont désormais exploitées comme le seraient des matières premières. Problème : le savoir, libre et gratuit, contredit la logique concurrentielle du marché. Création de monopoles, droits et brevets, surveillance des cadres... Tous les moyens sont bons pour y remédier et retrancher du bien commun ce qui peut l'être. Dans un tel système, qui étouffe, divise et aliène les travailleurs, comment penser la dissidence ? Avec cet essai critique, le philosophe André Gorz pose les jalons d'un projet radical de transformation sociale et dessine les contours d'une nouvelle économie. Un appel salutaire à l'émancipation.
Cela ne s'appelait pas encore la "mondialisation libérale", que déjà André Gorz, voilà bientôt vingt ans, en pionnier critique d'une rare intelligence analytique, dénonçait la croyance quasi religieuse que 'plus vaut plus', que toute activité - y compris la maternité, la culture, le loisir - est justiciable d'une évaluation économique et d'une régulation par l'argent. Gorz détermine les limites - existentielles, culturelles, ontologiques - que la rationalité économique ne peut franchir sans se renverser en son contraire et miner le contexte socioculturel qui la porte. Le lecteur découvre pourquoi et comment la raison économique a pu imposer sa loi, provoquer le divorce du travail et de la vie, de la production et des besoins, de l'économie et de la société. Pourquoi, sous nos yeux, elle désintègre radicalement la société ; pourquoi nombre d'activités ne peuvent être transformées en travail rémunéré et en emploi, sans être dénaturées dans leur sens.
" Émile ! Émile ! Les cris déchirent le silence de la montagne, éclatent comme des fusées de détresse sonore. Émile ne répond plus. " Le 8 juillet 2023, à 18h12, un appel à la gendarmerie fait basculer un été paisible. Le petit Émile Soleil a disparu. Commence alors l'une de grandes enquêtes de ces dernières années. Battues, hélicoptères, chiens, analyses ADN, découverte d'ossements, garde à vue... L'affaire s'emballe, une information en chasse une autre, rien ne se résout et très vite, la question " Que s'est-il passé ? " se mue en " Qui est coupable ? ". Journaliste spécialisée, Peggy Poletto, reprend l'affaire depuis son origine et nous en propose un récit immersif. De la reconstitution des dernières minutes fatidiques de la disparition, aux premières heures de recherches jusqu'à l'enquête qui semble tourner en rond depuis maintenant 3 ans. Elle décortique cette affaire, revient sur chacun des éléments de l'enquête et évoque les multiples rebondissements de l'instruction. Elle confronte également les différentes pistes aux affaires non élucidées les plus glaçantes d'autres disparitions d'enfants et détaille la compétence du pôle cold case de Nanterre. Trois ans après la disparition d'Émile, ce livre propose une plongée saisissante au coeur d'un mystère qui demeure l'un des plus troublants de notre époque.
La crise climatique et la question écologique occupent désormais le devant de la scène, mais la profondeur des questionnements nécessaires, sur nos façons de produire, de travailler, de consommer et de nous épanouir, manque souvent à ce brouhaha médiatique. Cette anthologie, la première réunissant les principaux textes d'un des plus grands penseurs de l'écologie et du capitalisme tardif, décédé en 2007, comble ce vide. Elle offrira des repères et des perspectives solides pour les tempêtes en cours : pensée de l'autonomie et de la liberté prolongeant l'existentialisme, lecture critique des derniers avatars du capitalisme et de sa crise écosystémique. Pour Gorz, loin de mesures gestionnaires et technocratiques, l'écologie est d'emblée politique impliquant une critique radicale des formes de domination, tant par le travail que sur la nature ou via le consumérisme.Textes rassemblés et présentés par Françoise Gollain et Willy GianinazziFrançoise Gollain,sociologue, a notamment publié André Gorz, une philosophie de l'émancipation (L'Harmattan, 2018) et André Gorz, pour une pensée de l'écosocialisme (Le Passager Clandestin, 2014).Willy Gianinazzi,historien, a notamment publié André Gorz, une vie (La Découverte, 2016) et Le Fil rouge de l'écologie. Entretiens inédits en français d'André Gorz (Éditions de l'EHESS, 2015).
Pour André Gorz, défense du « monde vécu » et défense du « milieu naturel » sont les deux faces d'une même résistance. Il inscrit la question écologique dans le cadre plus vaste de la domination des « systèmes » (marché capitaliste et administration étatique) sur le « monde vécu ». Tandis que le capital, à l'accroissement illimité, menace la nature qu'il pille autant que la société qu'il manipule, l'autogestion est une autolimitation, selon le « principe de suffisance » : une gestion raisonnable et un lissage des richesses atténuent les tensions sociales et préservent les ressources naturelles. Le choix de la décroissance est un arbitrage démocratique entre efforts consentis et besoins reconnus, qui assure tout à la fois moins de charge de travail (redistribué), plus d'autonomie (espaces coopératifs) et de sécurité (revenu garanti), et qui laisse leur temps aux activités qui valent pour elles-mêmes.
"Nous avons tous commencé par être "trahis" ; ce n'est que très exceptionnellement que nous nous sommes sciemment et délibérément engagés comme nous nous trouvons l'être. La réalité venue à nos intentions "innocentes" nous a conduits à être ce que nous n'avions pas voulu. Nous n'avons jamais fait cela seulement que nous voulions faire, mais encore ce que les autres et l'histoire ont décidé que nous avions fait. Entre l'intellectuel qui, pour échapper à ce risque, s'isole et se veut inagissant, et tous ceux qui s'excusent par leurs pieuses intentions de la réalité qu'en fait ils opèrent mais dont ils se disent prisonniers, une voie doit être trouvée. Il faut vouloir que l'acte déborde son intention, car sa réalité est à ce prix. Il faut vouloir être engagé par les autres plus avant qu'on ne pensait et ne pouvait le faire tout seul. Mais pour être capable de la vouloir réellement (au lieu de produire seulement une volonté imaginaire et vide, masquant le fatalisme) encore faut-il le faire sciemment : connaître la situation globale dans laquelle l'acte lancé va s'inscrire ; le camp et le sens dans lequel on souhaite être engagé. C'est ce que j'ai essayé de faire. C'est dans les limites de cette volonté que j'accepte d'être "trahi" (c'est-à-dire conduit plus loin que je ne peux aller tout seul)." André Gorz.
« Boy Diola », c'est ainsi qu'on appelait le villageois de Casamance venu à Dakar pour trouver du travail. Ce villageois, c'est toi, mon père, Apéraw en diola. À force de côtoyer de trop près la souffrance, tu as décidé de partir. Pendant des mois, tu t'es rendu au port jusqu'à ce que ton tour arrive, un matin de 1969. Tu as laissé derrière toi les histoires racontées autour du feu, les animaux de la brousse, les arachides cultivées toute ta jeunesse. De ce voyage tu ne dis rien. Ensuite, tout s'enchaîne très vite. L'arrivée à Marseille, l'installation à Aulnay-sous-Bois, la vie d'ouvrier chez Citroën, le licenciement, la débrouille. Odyssée depuis le fin fond de l'Afrique jusqu'aux quartiers populaires de la banlieue parisienne, Boy Diola met en scène, avec une pointe d'humour et beaucoup d'émotion, cet homme partagé entre deux mondes et donne ainsi corps et voix à ceux que l'on n'entend pas.
« Boy Diola », c'est ainsi qu'on appelait le villageois de Casamance venu à Dakar pour trouver du travail. Ce villageois, c'est toi, mon père, Apéraw en diola. À force de côtoyer de trop près la souffrance, tu as décidé de partir. Pendant des mois, tu t'es rendu au port jusqu'à ce que ton tour arrive, un matin de 1969. Tu as laissé derrière toi les histoires racontées autour du feu, les animaux de la brousse, les arachides cultivées toute ta jeunesse. De ce voyage tu ne dis rien. Ensuite, tout s'enchaîne très vite. L'arrivée à Marseille, l'installation à Aulnay-sous-Bois, la vie d'ouvrier chez Citroën, le licenciement, la débrouille. Odyssée depuis le fin fond de l'Afrique jusqu'aux quartiers populaires de la banlieue parisienne, Boy Diola met en scène, avec une pointe d'humour et beaucoup d'émotion, cet homme partagé entre deux mondes et donne ainsi corps et voix à ceux que l'on n'entend pas.
se constitue d'une série d'entretiens menés par François Noudelmann auprès d'André Gorz quelques années avant sa disparition. Á la faveur de ces échanges, l'auteur du nous offre un regard original sur l'ensemble de son parcours intellectuel.