Amin Maalouf
Amin Maalouf
Une discussion édifiante autour d'un thème universel et actuel, " la fraternité ", à l'heure où nos sociétés sont confrontées aux divisions et aux tensions.La fraternité ne va pas de soi : elle se construit, se choisit, se défend. À une époque où les fractures contemporaines menacent le vivre-ensemble, Amin Maalouf et Éric Fottorino engagent un dialogue essentiel pour interroger ce qui permet encore de faire société. Un ouvrage de pensée vivante, accessible et profond pour empêcher que le monde se défasse.
Une guerre dévastatrice vient d'éclater au coeur de l'Europe, qui ravive les pires traumatismes du passé ; des menaces de cataclysme nucléaire sont constamment agitées, alors qu'on les croyait définitivement écartées ; un bras de fer planétaire se déroule, opposant l'Occident à la Chine et à la Russie... Il est clair qu'un bouleversement majeur est en train de se produire, qui affecte déjà notre mode de vie, et qui remet en cause les fondements mêmes de notre civilisation. Chacun en a conscience, mais personne encore n'a contemplé cette crise avec la profondeur de champ qu'elle mérite. Comment en est-on arrivé là ? Amin Maalouf remonte, dans ce livre, aux origines de ce nouvel affrontement entre l'Occident et ses adversaires, en retraçant l'itinéraire de quatre grandes nations : d'abord le Japon de l'ère Meiji, qui fut le premier pays d'Asie à défier la suprématie des nations « blanches », et dont la modernisation accélérée fascina l'humanité entière, notamment les autres pays d'Orient, qui tous rêvèrent de l'imiter ; puis la Russie soviétique, qui constitua, pendant trois-quarts de siècle, une formidable menace pour l'Occident, son système et ses valeurs, avant de s'effondrer ; ensuite la Chine, qui représente en ce vingt-et-unième siècle, par son développement économique, par son poids démographique et par l'idéologie de ses dirigeants, le principal défi à la suprématie de l'Occident ; et enfin les Etats-Unis, qui ont tenu tête à chacun des trois « challengers », et qui sont devenus, au fil des guerres, le chef suprême de l'Occident et la première superpuissance planétaire. L'ensemble de ces récits constitue une grande fresque historique qui éclaire, comme on ne l'avait jamais vu jusqu'ici, les enjeux des conflits en cours, les motivations des protagonistes, et les étranges paradoxes de notre époque. En exergue du livre, l'auteur cite cette parole si pertinente de Faulkner : « Le passé ne meurt jamais. Il ne faut même pas le croire passé. »
Alec, dessinateur d'âge mûr, et Ève, romancière à succès d'un unique livre mythique, sont les seuls occupants d'un minuscule îlot de la côte atlantique. Ils ne se fréquentent pas, jusqu'au jour où une panne inexplicable de tous les moyens de communication les contraint à sortir de leur jalouse solitude. Comment s'explique ce black-out ? La planète aurait-elle été victime d'un cataclysme ? Des menaces de conflit nucléaire et de terrorisme à grande échelle planaient déjà. Y aurait-il eu, quelque part dans le monde, un dérapage dévastateur ? Qu'en est-il de l'archipel tout proche ? Et du pays ? Et du reste de la planète ? Alec va peu à peu dénouer le fil du mystère. Grâce à son vieil ami Moro, devenu l'un des proches conseillers du Président des Etats-Unis, il parvient à reconstituer le déroulement précis des événements. Si l'on a échappé au désastre, découvre-t-il, c'est d'une manière si étrange, et si inespérée, que l'Histoire ne pourra plus jamais reprendre son cours d'avant. La rencontre tumultueuse de nos contemporains déboussolés avec des « frères inattendus » qui se réclament de la Grèce antique, et qui ont su se doter d'un savoir médical beaucoup plus avancé que le nôtre, fait la puissance dramatique de ce roman, tout en lui donnant des allures de conte moderne. A travers la fiction et la parabole, l'auteur traite ici de manière romanesque les grands sujets abordés dans plusieurs de ses essais (Les identités meurtrières, Le naufrage des civilisations).
Il faut prêter attention aux analyses d'Amin Maalouf : ses intuitions se révèlent des prédictions, tant il semble avoir la prescience des grands sujets avant qu'ils n'affleurent à la conscience universelle. Il s'inquiétait il y a vingt ans de la montée des Identités meurtrières ; il y a dix ans du Dérèglement du monde. Il est aujourd'hui convaincu que nous arrivons au seuil d'un naufrage global, qui affecte toutes les aires de civilisation. L'Amérique, bien qu'elle demeure l'unique superpuissance, est en train de perdre toute crédibilité morale. L'Europe, qui offrait à ses peuples comme au reste de l'humanité le projet le plus ambitieux et le plus réconfortant de notre époque, est en train de se disloquer. Le monde arabo-musulman est enfoncé dans une crise profonde qui plonge ses populations dans le désespoir, et qui a des répercussions calamiteuses sur l'ensemble de la planète. De grandes nations « émergentes » ou « renaissantes », telles la Chine, l'Inde ou la Russie, font irruption sur la scène mondiale dans une atmosphère délétère où règne le chacun-pour-soi et la loi du plus fort. Une nouvelle course aux armements paraît inéluctable. Sans compter les graves menaces (climat, environnement, santé) qui pèsent sur la planète et auxquelles on ne pourrait faire face que par une solidarité globale qui nous fait précisément défaut. Depuis plus d'un demi-siècle, l'auteur observe le monde, et le parcourt. Il était à Saigon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l'avènement de la République islamique. Dans ce livre puissant et ample, il fait oeuvre à la fois de spectateur engagé et de penseur, mêlant récits et réflexions, racontant parfois des événements majeurs dont il s'est trouvé être l'un des rares témoins oculaires, puis s'élevant en historien au-dessus de sa propre expérience afin de nous expliquer par quelles dérives successives l'humanité est passée pour se retrouver ainsi au seuil du naufrage.
La vie d'un prêtre, figure du milieu littéraire de la IIIe République ayant su allier un authentique apostolat à son amour pour l'art et les oeuvres de l'esprit.L'abbé Mugnier (1853-1944) a hanté sa vie durant le faubourg de Saint-Germain, pénétrant là où Proust rêvait d'être reçu, directeur de conscience des grands de ce monde, ami intime d'écrivains, d'artistes, de poètes, qui se confiaient d'autant plus volontiers à lui qu'il comprenait tout, excusait tout et pardonnait tout. Il a laissé un Journal vite devenu célèbre dans lequel il tient la chronique d'un monde aujourd'hui disparu. Cette première biographie, parsemée de nombreux portraits de personnalités littéraires et artistiques, raconte sa double ascension vers l'Olympe aristocratique et le Parnasse des lettres, animé qu'il fut jusqu'à la fin par cet enthousiasme en lequel il voyait le plus beau don de Dieu. Ghislain de Diesbach est l'auteur de nombreuses biographies à succès dont Chateaubriand, Ferdinand de Lesseps, Madame de Staël, et, bien sûr, Proust.
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Cette autobiographie imaginaire part d'une histoire vraie. En 1518, un ambassadeur maghrébin, revenant d'un pélerinage à la Mecque, est capturé par des pirates siciliens, qui l'offrent en cadeau à Léon X, le grand pape de la Renaissance. Ce voyageur s'appelait Hassan al- Wazzan. Il devient le géographe Jean-Léon de Médicis, dit Léon l'Africain. Ainsi, après avoir vécu à Grenade, sa ville natale, à Fès, à Tombouctou, au Caire, à Constantinople, Léon passe plusieurs années à Rome, où il enseigne l'arabe, écrit la partie hébraïque d'un dictionnaire polyglotte, et rédige, en italien, sa célèbre "Description de l'Afrique", qui va rester pendant quatre siècles une référence essentielle pour la connaissance du continent noir. Mais plus fascinante encore que l'oeuvre de Léon, c'est la vie, son aventure personnelle que ponctuent les grands événements de son temps : il se trouvait à Grenade pendant la Reconquista, d'où, avec sa famille, il a dû fuir l'Inquisition; il se trouvait en Egypte lors de sa prise par les Ottomans; il se trouvait en Afrique noire à l'apogée de l'empire de l'Askia Mohamed Touré; il se trouvait enfin à Rome aux plus belles heures de la Renaissance, ainsi qu'au moment du sac de la ville par les soldats de Charles Quint. Homme d'Orient et d'Occident, homme d'Afrique et d'Europe, Léon l'Africain est, d'une certaine manière, l'ancêtre de l'humanité cosmo- polite d'aujourd'hui. Son aventure méritait d'être reconstituée, d'une année à l'autre, d'une ville à l'autre, d'un destin à l'autre.On pouvait difficilement trouver dans l'Histoire un personnage dont la vie corresponde davantage à ce siècle étonnant que fut le XVIe siècle. A cela s'ajoute le style d'Amin Maalouf, celui d'un grand écrivain. Amin Maalouf est l'auteur des Croisades vues par les Arabes, paru aux éditions Jean-Claude Lattès en 1983, devenu un classique en plusieurs langues.
Samarcande, c'est la Perse d'Omar Khayyam, poète du vin, libre penseur, astronome de génie, mais aussi celle de Hassan Sabbah, fondateur de l'ordre des Assassins, la secte la plus redoutable de l'Histoire. Samarcande, c'est l'Orient du XIXe siècle et du début du XXe, le voyage dans un univers où les rêves de liberté ont toujours su défier les fanatismes. Samarcande, c'est l'aventure d'un manuscrit né au XIe siècle, égaré lors des invasions mongoles et retrouvé six siècles plus tard. Une fois encore, nous conduisant sur la route de la soie à travers les plus envoûtantes cités d'Asie, Amin Maalouf nous ravit par son extraordinaire talent de conteur. A la suite d'Edgar Allan Poe, il nous dit : « Et maintenant, promène ton regard sur Samarcande ! N'est-elle pas reine de la terre , Fière, au-dessus de toutes les villes, et dans ses mains leurs destinées ? »
« Dans Les désorientés, je m'inspire très largement de ma propre jeunesse. Je l'ai passée avec des amis qui croyaient en un monde meilleur. Et même si aucun des personnages de ce livre ne correspond à une personne réelle, aucun n'est entièrement imaginaire. J'ai puisé dans mes rêves, dans mes fantasmes, dans mes remords, autant que dans mes souvenirs. Les protagonistes du roman avaient été inséparables dans leur jeunesse, puis ils s'étaient dispersés, brouillés, perdus de vue. Ils se retrouvent à l'occasion de la mort de l'un deux. Les uns n'ont jamais voulu quitter leur pays natal, d'autres ont émigré vers les Etats-Unis, le Brésil ou la France. Et les voies qu'ils ont suivies les ont menés dans les directions les plus diverses. Qu'ont encore en commun l'hôtelière libertine, l'entrepreneur qui a fait fortune, ou le moine qui s'est retiré du monde pour se consacrer à la méditation ? Quelques réminiscences partagées, et une nostalgie incurable pour le monde d'avant. »A. M.
« Mesdames et Messieurs de l'Académie,Quand on a le privilège d'être reçu au sein d'une famille comme la vôtre, on n'arrive pas les mains vides. Et si on est l'invité levantin que je suis, on arrive même les bras chargés. Par gratitude envers la France comme envers le Liban, j'apporterai avec moi tout ce que mes deux patries m'ont donné : mes origines, mes langues, mon accent, mes convictions, mes doutes, et plus que tout peut-être mes rêves d'harmonie, de progrès et de coexistence.Ces rêves sont aujourd'hui malmenés. Un mur s'élève en Méditerranée entre les univers culturels dont je me réclame. Ce mur, je n'ai pas l'intention de l'enjamber pour passer d'une rive à l'autre. Ce mur de la détestation - entre Européens et Africains, entre Occident et Islam, entre Juifs et Arabes -, mon ambition est de le saper, et de contribuer à le démolir. Telle a toujours été ma raison de vivre, ma raison d'écrire, et je la poursuivrai au sein de votre Compagnie. Sous l'ombre protectrice de nos aînés. Sous le regard lucide de Claude Lévi-Strauss. »A. M.Ce volume reprend le discours de réception à l'Académie française d'Amin Maalouf, prononcé le 14 juin 2012, suivi de la réponse de Monsieur Jean-Christophe Rufin. Comme le veut la tradition, ces deux textes sont suivis du discours de remise de l'épée, prononcé par Jean d'Ormesson.
Une enquête sans précédent sur l'enfance et la jeunesse des sept présidents de la Ve République.Que partagent Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ? L'ambition, bien sûr ! Mais cette ambition ne s'est manifestée ni au même âge, ni de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Remontant à leurs enfances respectives, Robert Schneider cerne la personnalité des sept présidents de la Ve République. Famille, éducation, religion, politique, culture, argent, il révèle tout ce qui les a façonnés. Alors que la France s'apprête à élire le prochain président de la Ve République, cet ouvrage enlevé et riche en anecdotes offre un regard original sur nos chefs d'État et leur perception du pouvoir.
En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l'Académie française depuis 1634, Amin Maalouf ne retrace pas seulement cette « généalogie en partie fictive » dont parlait son prédécesseur Lévi-Strauss ; il nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles d'histoire de France. Si « un roman est un miroir que l'on promène le long d'un chemin », selon le mot de Stendhal, le roman de la France que nous relate ici l'auteur est une Légende des Siècles à partir d'un fauteuil. Son premier occupant se noie dans la Seine, Montherlant se suicide dans son appartement avec vue sur la Seine, et l'Académie elle-même siège dans un petit périmètre longé par la Seine, entre le Louvre et le quai Conti ; unité d'un lieu à partir duquel se déploie le kaléidoscope d'une histoire en train de se faire. Le pouvoir des rois et des cardinaux, des hommes d'épée et des négociateurs, l'autorité grandissante ou déclinante des philosophes et des savants, l'influence des poètes, des librettistes, des dramaturges et des romanciers : autant de visages de la gloire qui nous parlent des âges différents de la Nation. Les conflits d'idées et d'égos, les cabales pour faire trébucher Corneille, Voltaire ou Hugo, les intrigues de couloir et les histoires d'amour contrariées tissent la trame de cette si singulière histoire de France. On revisite ici la querelle du Cid et la révocation de l'Edit de Nantes, la Fronde et le jansénisme, l'expulsion des jésuites et l'émergence de la franc-maçonnerie, la Révolution de 1789, l'insurrection du 13 Vendémiaire et le coup d'état du 18 Brumaire, le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris, l'invention de l'anesthésie et celle des funérailles nationales, l'Affaire Dreyfus et les grandes guerres du XXe siècle... À partir d'un simple fauteuil, lieu de mémoire fragile et chaleureux posé sur les bords de la Seine, Amin Maalouf nous fait redécouvrir les riches heures du passé de la France, la permanence de son « génie national », ainsi que ses constantes métamorphoses.
Il existe sur les marchés d'Orient des "fèves" mystérieuses auxquelles d'antiques superstitions prêtent le pouvoir de favoriser la naissance d'enfants mâles. Un peu partout, en effet, les naissances féminines vont se raréfier ; les "fèves" en seraient-elles la cause ? A travers une enquête à rebondissements qui les entraîne jusqu'à l'équateur, un savant français, spécialiste des scarabées, et sa compagne cherchent une explication. Ce roman d'Amin Maalouf se prête à plus d'une lecture. Roman de l'amour "maternel" d'un père envers sa fille, roman d'un homme attaché à "la féminité du monde", roman du partage de notre planète entre un Sud qui dépérit et un Nord qui s'exaspère, roman de l'effrayante rencontre entre les perversions de l'archaïsme et celles de la modernité... Mais peut-être est-ce avant tout un conte philosophique, celui de notre fin de siècle déconcertante, et aussi, un regard inquiet vers le vingt et unième, si présent déjà, et que l'auteur appelle, énigmatiquement, "le premier siècle après Béatrice". Par l'auteur de Léon l'Africain.
Prix Goncourt 1993. L'histoire de ce roman tourne autour d'un personnage illustre dans tout le Moyen-Orient et dont nul ne sait s'il fut réel ou légendaire : Tanios-Kichk ; et quand Amin Maalouf commence son récit, ce patronyme désigne un rocher sur lequel les enfants n'ont pas le droit de jouer. Tanios avait, autrefois, assassiné un prélat qui lui avait "dérobé" une femme. Par la suite, Tanios avait erré en Méditerranée avant de tomber dans un piège tendu par la famille dudit prélat trente années après le meurtre de leur ancêtre. Tanios est assassiné, puis transformé en rocher dans la région des Monts-Liban... On pourrait dire que cette légende est le sujet de ce roman. Or, ce n'en est que le point de départ... Le livre que l'on va lire, en effet, est l'enquête menée par un narrateur dont la famille a été mêlée à l'assassinat de Tanios-Kichk. Dès lors, dans une construction romanesque savante et pleine d'aventures, le lecteur entreprend un grand voyage dont le thème pourrait ainsi se résumer : comment et pourquoi naissent les légendes ?
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Les jardins de Lumière, c'est l'histoire de Mani, un personnage oublié, mais dont le nom est encore, paradoxalement, sur toutes les lèvres. Lorsqu'on parle de "manichéen", de "manichéisme", on songe rarement à cet homme de Mésopotamie, peintre, médecin et prophète, qui proposait, au IIIe siècle de notre ère, une nouvelle vision du monde, profondément humaniste, et si audacieuse qu'elle allait faire l'objet d'une persécution inlassable de la part de toutes les religions et de tous les empires. Pourquoi un tel acharnement ? Quelles barrières sacrées Mani avait-il bousculées ? Quels interdits avait-il, pour faire retenir un cri à travers le monde". Plus que jamais, en cette époque déroutante qui est la nôtre, son cri mérite d'être entendu. Et son visage redécouvert. C'est à Mani que ce livre est dédié, c'est sa vie qu'il raconte. Sa vie, ou ce qu'on peut en deviner encore après tant de siècles de mensonge et d'oubli. Amin Maalouf est l'auteur des Croisades vues par les Arabes, de Léon l'Africain, et de Samarcande.
En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmonieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d'une perturbation de notre système de valeurs. Dérèglement climatique, qui résulte d'une longue pratique de l'irresponsabilité... L'humanité aurait-elle atteint son « seuil d'incompétence morale » ? Dans cet essai ample, l'auteur cherche à comprendre comment on en est arrivé là et comment on pourrait s'en sortir. Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une « guerre des civilisations » qu'à l'épuisement simultané de toutes nos civilisations, et notamment des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l'Occident et le Monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une impasse historique. Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d'espoir : la période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune.
Amin Maalouf est né au Liban en 1949. Il vit en France depuis 1976. Ses livres sont traduits dans plus de 27 langues. Il a publié Les Croisades vues par les Arabes, Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier siècle après Béatrice (Grasset, 1992), Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993), Les Échelles du Levant (Grasset, 1996), Les identités meurtrières (Grasset, 1998) et Le Périple de Baldassare (Grasset, 2000). Le Livre: L'amour de loin, opéra en cinq actes de Kaika Saariaho sur un livret original d'Amin Maalouf, a été créé en août 2000 à Salzbourg, et sera repris en novembre 2001 au Théâtre du Châtelet. Au XIIème siècle, en Aquitaine Jaufré Rudel, prince de Blaye, s'est lassé de la vie de plaisirs des jeunes gens de son rang. Il aspire à un amour différent, lointain, qu'il s'est résigné à ne jamais voir satisfait. Ses anciens compagnons, en choeur, lui reprochent ce changement et le moquent. Ils lui disent que la femme qu'il chante n'existe pas. Mais un pèlerin, arrivé d'Outremer, affirme qu'une telle femme existe, et qu'il l'a rencontrée. Jaufré ne pensera plus qu'à elle. Reparti en Orient, le pèlerin rencontre Clémence, la comtesse de Tripoli, et lui avoue qu'en occident, un prince-troubadour la célèbre dans ses chansons en l'appelant son « amour de loin ». D'abord offusquée, la dame se met à rêver de cet amoureux étrange et lointain. Mais elle se demande aussi si elle mérite une telle dévotion. Revenu à Blaye, le pèlerin rencontre Jaufré et lui avoue que la dame sait désormais qu'il la chante. Ce qui décide le troubadour à se rendre en personne auprès d'elle. Clémence, de son côté, semble préférer que leur relation demeure lointaine. Elle ne veut pas vivre dans l'attente et ne veut pas souffrir. Parti en mer, Jaufré est impatient de retrouver son « amour de loin », mais il redoute cette rencontre. Il regrette d'être parti sur un coup de tête, et son angoisse est telle qu'il en tombe malade, de plus en plus malade à mesure qu'il approche de Tripoli. Quand le bateau accoste, le pèlerin prévient Clémence que Jaufré est là et qu'il va au plus mal. Le troubadour arrive à la Citadelle de Tripoli inconscient, porté sur une civière. En présence de la femme qu'il a chantée, il reprend peu à peu ses esprits. Les deux « amants de loin » se rencontrent, et l'approche du malheur leur fait brûler les étapes.
"Ce que la présence de cette femme a apaisé en moi, ce n est pas la soif charnelle d'un voyageur, c'est ma détresse originelle. Je suis né étranger, j'ai vécu étranger et je mourrai plus étranger encore. Je suis trop orgueilleux pour parler d'hostilité d'humiliations, de rancoeur, de souffrances, mais je sais reconnaître les regards et les gestes. Il y a des bras de femmes qui sont des lieux d'exil, et d'autres qui sont la terre natale." Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d'Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d'un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence. Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l'amour, à l'heure où il ne l'attendait plus. Amin Maalouf a déjà publié six romans : Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier Siècle après Béatrice, Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993) et Les Echelles du Levant.
"Chaque fois que nous évoquons les croisades, c'est à travers les récits des croisés. Mais il y a aussi ceux qui ont été envahis par les croisés. Mais il y a aussi ceux qui ont été envahis par les croisés, et qui étaient les habitants de ces territoires. Justement, Amin Maalouf publie chez Jean-Claude Lattès Les croisades vues par les arabes. Voilà l'autre bout de la lorgnette ! Il faut bien constater que les versions orientales et occidentales ne coïncident guère. Nous avons, nous, écrit notre propre vision ; pendant ce temps, ils ont écrit la leur. C'est pourquoi cette nouvelle histoire des croisades ne ressemble à aucune autre". Alain Decaux de L'Académie française. France Inter. "Un ouvrage remarquable qui complète plus qu'il ne contredis celui de René Grousset". Eugène Mannoni. Le Point. "Amin Maalouf a écrit une histoire attachante, agréable à lire, qui constitue une image renversée de ces contes de fées que sont pour nous les croisades". The New Yorker. "Les croisades vues par les Arabes nous offres une perspective inhabituelle de la confrontation entre l'Europe occidentale chrétienne et le Moyen-Orient musulman". The Economist. Londres. Amin Maalouf est l'auteur de Léon l'Africain. Les croisades vues par les Arabes, publié pour la première fois en 1983, est désormais un classique, traduit en plusieurs langues.
Ce qui se produit sous nos yeux n'est pas une simple accélération du progrès des sciences et des techniques comme nous en avons connue dans le passé mais d'une tout autre nature. La métamorphose à l'oeuvre, que nous ne pouvons ni empêcher ni ralentir mais que nous pourrions encore orienter si l'on parvient à en saisir vraiment la singularité, déterminera la place de l'homme dans l'univers et l'avenir de l'espèce humaine. Le présent essai synthétise et analyse les principaux vecteurs de cette métamorphose : l'Intelligence artificielle générative ; les biotechnologies et le génie génétique ; les énergies renouvelables et le dérèglement climatique. Il existe une inadéquation croissante entre l'accélération exponentielle des progrès de la science et la manière dont nos sociétés humaines sont gouvernées. Nous ne parvenons pas à nous détacher de la vision ancienne de nous-même et de l'Autre : nous nous percevons encore comme des « tribus » distinctes et rivales alors que cette vision est obsolète, inopérante et dangereuse. Serons-nous capables d'élaborer un nouvel universalisme et un nouveau récit fondateur pour l'espèce humaine ? De piloter notre métamorphose pour la détourner à notre profit plutôt que de la laisser nous marginaliser, puis nous anéantir ? Cette question, la plus cruciale de tout l'histoire humaine, sera tranchée avant le milieu de ce siècle... Interprétation humaine. Durée : 03H30
Une guerre dévastatrice vient d'éclater au coeur de l'Europe, qui ravive les pires traumatismes du passé ; un bras de fer oppose l'Occident à la Chine et à la Russie... Il est clair qu'un bouleversement majeur est en train de se produire, qui remet en cause les fondements mêmes de notre civilisation. Chacun en a conscience, mais nul n'a encore donné à cette crise la profondeur de champ qu'elle mérite. Amin Maalouf remonte ici aux origines de ce nouvel affrontement entre l'Occident et ses adversaires. Il retrace l'itinéraire de quatre grandes nations : le Japon de l'ère Meiji, qui fut le premier pays d'Asie à défier la suprématie des nations « blanches », et dont la modernisation accélérée fascina l'humanité entière ; la Russie soviétique, qui constitua, pendant trois quarts de siècle, une formidable menace pour l'Occident, avant de s'effondrer ; la Chine, qui représente en ce vingt et unième siècle le principal défi à l'hégémonie de l'Occident ; enfin les États-Unis, qui ont tenu tête à chacun des trois « challengers », et qui sont devenus, au fil des guerres, la première superpuissance planétaire. L'ensemble de ces récits compose une fresque historique qui éclaire d'une lumière inédite les conflits en cours, les motivations des protagonistes et les étranges paradoxes de notre époque. Une boussole indispensable à qui veut comprendre les grands enjeux du monde contemporain. Durée : 10H48
« Depuis que j'ai quitté le Liban pour m'installer en France, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais "plutôt français" ou "plutôt libanais". Je réponds invariablement : "L'un et l'autre !" Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu'en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité... » Partant d'une question anodine qu'on lui a souvent posée, Amin Maalouf s'interroge sur la notion d'identité, sur les passions qu'elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile d'assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi faut-il que l'affirmation de soi s'accompagne si souvent de la négation d'autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s'y côtoient n'ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d'origine ? Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l'Histoire qui condamne les hommes à s'entretuer au nom de leur identité ? C'est parce qu'il refuse cette fatalité que l'auteur a choisi d'écrire les Identités meurtrières. Ce livre empreint de sagesse et de lucidité, d'inquiétude mais aussi d'espoir est toujours aussi pertinent plus de vingt ans après sa parution, et s'est imposé comme un livre de référence. Durée : 04H15
Dans cet essai, Amin Maalouf, écrivain d'origine libanaise, élu à l'Académie française, propose une exploration d'une période bien connue en Occident, les croisades, mais cette fois-ci du point de vue oriental. Depuis 1095 et durant près de deux siècles, les croisés occupent les villes et l'imaginaire des peuples de la Terre Sainte, dans des campagnes relevant à la fois de l'expansion militaire et de la mission divine, revendiquant les territoires sacrés tout en lynchant et pillant les territoires sur leur passage. A travers les récits de chroniqueurs et historiens arabes de l'époque, d'épisodes de batailles épiques ou de tranches de vie quotidienne au coeur des cités de la Terre Sainte, l'auteur explore de manière à la fois rigoureuse et accessible l'impact que ces évènements ont pu avoir sur l'évolution et la mémoire collective des civilisations Arabes. TABLE DES MATIERES Avant-propos Prologue Première partie : L'INVASION (1096-1100) Chap. 1. - Les Franj arrivent Chap. II. - Un maudit fabricant de cuirasses Chap. III. - Les cannibales de Maara Deuxième partie : L'OCCUPATION (1100-1128) Chap. IV. - Les deux mille jours de Tripoli Chap. V. - Un résistant enturbanné Troisième partie : LA RIPOSTE (1128-1146) Chap. VI. - Les complots de Damas Chap. VII. - Un émir chez les barbares Quatrième partie : LA VICTOIRE (1146-1187) Chap. VIII. - Le saint roi Noureddin Chap. IX. - La ruée vers le Nil Chap. X. - Les larmes de Saladin Cinquième partie : LE SURSIS (1187-1244) Chap. XI. - L'impossible rencontre Chap. XII. - Le juste et le parfait Sixième partie : L'EXPULSION (1244-1291) Chap. XIII. - Le fouet mongol Chap. XIV. - Fasse Dieu qu'ils n 'y mettent plus jamais les pieds Epilogue Durée : 10H59
Il faut prêter attention aux analyses d'Amin Maalouf : ses intuitions se révèlent des prédictions, tant il semble avoir la prescience des grands bouleversements de l'Histoire. Il s'inquiétait il y a vingt ans de la montée des « identités meurtrières » ; il y a dix ans du « dérèglement du monde ». Il nous explique aujourd'hui pourquoi toutes les aires de civilisation sont menacées de naufrage. Depuis plus d'un demi-siècle, l'auteur observe le monde, et le parcourt. Il était à Saigon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l'avènement de la République islamique. Dans ce livre puissant et ample, il fait oeuvre de spectateur engagé et de penseur, mêlant récits et réflexions, racontant parfois des événements majeurs dont il s'est trouvé être l'un des rares témoins oculaires, puis s'élevant en historien au-dessus de sa propre expérience afin de nous expliquer par quelles dérives successives l'humanité est passée pour se retrouver ainsi au seuil du désastre. Un sursaut s'impose, conclut-il. Le paquebot des hommes ne peut continuer à naviguer ainsi vers sa perte. Prix Aujourd'hui 2019, Prix spécial du jury du Prix du livre de géopolitique. Durée : 07H32
Amin Maalouf, élu au 29e fauteuil de l’Académie française et successeur de Claude Lévi-Strauss, compose les portraits des dix-huit grands hommes qui l’ont précédé, à travers l’évocation de leur histoire publique et privée, et nous fait revivre ainsi quatre siècles d’histoire de la nation française. Créée en 1634, l’Académie française fut le théâtre où se jouent, encore aujourd’hui, les enjeux culturels et scientifiques qui constituent « L’Esprit français » : la chambre d’écho des métamorphoses de la société et du pouvoir. De la querelle du Cid à la Révolution française, de la Commune de Paris à l’affaire Dreyfus ou la seconde guerre mondiale, c’est dans l’éternelle imbrication de l’histoire politique et culturelle française qu’Amin Maalouf nous entraîne avec talent. Durée : 08H11
Attention, pépite ! Le premier roman jeune adulte de Sophie Kinsella !Audrey a 14 ans. Elle souffre de troubles anxieux. Elle vit cachée derrière ses lunettes noires, recluse dans la maison de ses parents à Londres. Ça, c'était avant. Avant que Dr Sarah, son psychiatre, lui demande de tourner un film sur sa famille, pour voir la vie d'un oeil nouveau : celui de la caméra. Avant que Linus, un copain de son frère, débarque. Avec son grand sourire et ses drôles de petits mots griffonnés sur le coin d'une feuille, il va pousser Audrey à sortir. Et à redécouvrir le monde... " Audrey retrouvée est un de ces livres qui vous laissent sans voix, et impatient de lire très vite un autre roman jeune adulte de Sophie Kinsella. "The Guardian
Testée et plébiscitée par un panel de lecteurs exigeants au cours d'une étude de marché. Cautionnée par des personnalités et des marques de la gastronomie tendance ! Les Délices de Solar : une collection indispensable !
De l'île au continent, de l'exil à la découverte, des traditions à la modernité... Comment une jeune insulaire découvre avec surprise et émotion Marseille et le continent au début du XXe siècle. Une ode généreuse à la famille et à la culture méditerranéenne.Comme d'autres avant elle, Marie, fille de Lola Baldini, a quitté la maison familiale pour suivre son mari à Marseille. Quartier de la Plaine, rue Château-Payan. Une épopée ou presque ! Tout est si différent de sa Balagne : le goût des figues, l'accent, l'agitation des rues, la pile et l'eau, l'eau qui coule directement du robinet... Couturière aux doigts de fée, elle construit son quotidien au gré des escales de son mari navigateur, entre Jeanne leur petite fille et ses trois soeurs aînées, toutes corses dans l'âme, héritières des gestes et des traditions de leur île, toutes unies dans le souvenir ému de Lola, l'inoubliable figure maternelle. Et il y a bien sûr les voisins, les cousins... En 1936, le temps de quelques jours de congés payés, s'annonce le retour à la terra materna, poignant d'émotions pour Marie et Jean, devenus entre-temps, des impinzutiti, des Corses continentaux.
" Depuis que j'ai quitté le Liban pour m'installer en France, que de fois m'a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais " plutôt français " ou " plutôt libanais ". Je réponds invariablement : " L'un et l'autre ! " Non par quelque souci d'équilibre ou d'équité, mais parce qu' en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité ? " Partant d'une question anodine qu'on lui a souvent posée, Amin Maalouf s'interroge sur la notion d'identité, sur les passions qu'elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile d'assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi faut-il, en cette fin de siècle, que l'affirmation de soi s'accompagne si souvent de la négation d'autrui ? Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s'y côtoient n'ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d'origine ? Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l'Histoire qui condamne les hommes à s'entretuer au nom de leur identité ? C'est parce qu'il refuse cette fatalité que l'auteur a choisi d'écrire les Identités meurtrières, un livre de sagesse et de lucidité, d'inquiétude mais aussi d'espoir. Amin Maalouf a publié les Croisades vues par les Arabes, ainsi que six romans : Léon l'Africain, Samarcande, les jardins de lumière, le Premier siècle après Béatrice, le Rocher de Tanios et les Echelles du Levant.
Ossyane est un homme complexe et douloureux, rencontré par un narrateur - qui pourrait être Amin Maalouf lui-même - alors qu'il est au soir de sa vie, et qu'il se trouve à Paris pour un mystérieux rendez-vous. C'est une longue et belle histoire que celle d'Ossyane, qui traverse les cinquante dernières années en passant par Beyrouth, Haïfa et la France, mêlant la Résistance et le conflit israélo-arabe. Ossyane, donc, venu du Liban et qui, par le hasard de ses études à Paris, devient un héros de la Résistance. Il rencontrera Clara, une jeune juive, qu'il épousera à la Libération et dont il aura une fille. Mais une guerre est à peine terminée que l'autre - celle du Proche-Orient déchiré - commence... Ossyane et Clara seront donc séparés par l'histoire. Ils seront séparés, aussi, par la folie qui s'empare d'Ossyane. Ce n'est qu'à la dernière page du roman qu'ils se retrouveront.
Une histoire à la hauteur d'un des plus importants musées du monde. Alors que le Grand Louvre, créé il y a vingt-cinq ans, attire aujourd'hui dix millions de visiteurs par an, voit ses collections s'enrichir constamment par achats et donations (création du département des Arts de l'Islam en 2012) et connaît un rayonnement international remarquable (installation d'une succursale à Abou Dhabi), il était temps de lui consacrer une histoire digne de son nom. Histoire architecturale depuis Philippe Auguste, dont le château ressuscité est une impressionnante découverte ; histoire décorative témoin des différentes étapes de construction du palais qui se complètent aujourd'hui par l'appel à des artistes contemporains ; histoire politique des événements survenus dans ces murs, révolutions, assassinats ou triomphes ; histoire des collections retraçant l'afflux, depuis cinq siècles, de centaines de milliers de chefs-d'oeuvre, de l'Egypte aux grands maîtres de la peinture. Ecrite avec brio, cette histoire exhaustive est le fruit de nombreuses recherches et d'innombrables visites du musée.Georges Poisson, historien, conservateur général du Patrimoine, a écrit une oeuvre abondante maintes fois primée et rééditée, notamment les biographies de Saint-Simon et Choderlos de Laclos, ainsi qu'une histoire de l'Elysée.
En 1872, à Piquebourre, bourgade auvergnate, Paul Thévenet mène la vie ordinaire d'un instituteur de campagne. Quand l'un de ses élèves, Eugène, dit " la Fouine ", découvre, lors d'une de ses promenades buissonnières, un filon d'améthyste, Paul, passionné de minéralogie, se porte aussitôt acquéreur du terrain et concrétise son rêve : devenir chercheur de pierres. Une belle amitié se tisse entre l'instituteur et son ancien élève, unis par ce qui va devenir, au fil des années, une entreprise florissante. Unis également par les liens de la famille grâce à la tendre histoire d'amour entre Savine, soeur aînée d'Eugène, et Paul... Après la culture du chanvre, les stations thermales et les grenadières, Gérard Georges explore un pan méconnu de l'histoire auvergnate : l'exploitation de l'améthyste.
Adriana Mater se passe dans un pays en guerre. Il n'est pas nommé, mais fait fortement penser à telle ou telle région des Balkans à la fin du XXe siècle. Adriana, jeune femme passionnée, est victime d'un viol : enceinte, elle refuse d'avorter. « L'enfant est le mien, non celui du violeur », dit-elle à sa soeur. C'est aussi pour se rassurer : cet être naîtra avec les deux sangs, celui de la victime et celui du bourreau. Sera-t-il Caïn ou Abel ? se demande Adriana. Devenu adulte, son fils Yonas apprend que son géniteur, qui avait fui le pays à la fin de la guerre, est de retour. Il promet de le tuer, mais ne se résout pas à le faire. « Cet homme méritait de mourir, mais toi, mon fils, tu ne méritais pas de le tuer », lui dit Adriana. Adriana Mater pose les questions éternelles de la condition humaine : peut-on donner la vie dans un temps de mort ? Doit-on pardonner en toutes circonstances, le pardon est-il couardise ou courage ?