Alphonse Dupront
Alphonse Dupront
Ce livre se nourrit de son propre mouvement. Il plonge, avec la Croisade, au coeur de la Chrétienté, aux racines majeures de l'aventure spirituelle de l'Europe. Il s'épanouit, en passant par Rocamadour et par Lourdes, dans une ample analyse du fait pèlerin, constellation historique et psychologique, sociologique et sacrale. Il culmine enfin dans la mise en place des problèmes de fond de toute anthropologie religieuse, depuis les arcanes de la piété «populaire» jusqu'aux créations les plus élaborées de l'homme en acte de religion. Mouvement qui est aussi un itinéraire intérieur et la somme d'une vie de recherche, Alphonse Dupront sachant d'instinct que dans ces domaines délicats du vécu religieux et du mental collectif les instruments les plus scientifiques de l'enquête - sémantique historique, histoire quantitative, étude iconographique sérielle, enquête ethnologique - révéleraient peu s'ils n'étaient au service de la plus vaste des cultures, qui combine le sens aigu de l'insondable à l'intelligence savante des objets, des gestes, des images et des mots, avec leur poids de temps. Croisades, pèlerinages, langages et images de religions : Du Sacré livre la quête d'un des rares historiens français qui n'est trop longtemps resté que pour quelques-uns l'explorateur pionnier des psychologies collectives et le sourcier de nos profondeurs mentales d'hommes d'Occident.
Salué comme novateur lors de sa parution dans les années cinquante, cet ouvrage issu d'un manuscrit laissé inachevé par Paul Alphandéry (1875-1932), repris et augmenté par son disciple Alphonse Dupront (1905-1990), a considérablement renouvelé l'historiographie de la Croisade. Comme l'écrit Michel Balard, professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris 1er, dans une postface qui enrichit cette édition en un seul volume, les deux auteurs ont su mettre "au premier plan la masse du peuple chrétien dans sa sensibilité et ses comportements quotidiens en un moment où l'histoire des mentalités en était encore à ses premiers balbutiements".
Ce livre se nourrit de son propre mouvement. Il plonge, avec la Croisade, au coeur de la Chrétienté, aux racines majeures de l'aventure spirituelle de l'Europe. Il s'épanouit, en passant par Rocamadour et par Lourdes, dans une ample analyse du fait pèlerin, constellation historique et psychologique, sociologique et sacrale. Il culmine enfin dans la mise en place des problèmes de fond de toute anthropologie religieuse, depuis les arcanes de la piété «populaire» jusqu'aux créations les plus élaborées de l'homme en acte de religion. Mouvement qui est aussi un itinéraire intérieur et la somme d'une vie de recherche, Alphonse Dupront sachant d'instinct que dans ces domaines délicats du vécu religieux et du mental collectif les instruments les plus scientifiques de l'enquête - sémantique historique, histoire quantitative, étude iconographique sérielle, enquête ethnologique - révéleraient peu s'ils n'étaient au service de la plus vaste des cultures, qui combine le sens aigu de l'insondable à l'intelligence savante des objets, des gestes, des images et des mots, avec leur poids de temps. Croisades, pèlerinages, langages et images de religions : Du Sacré livre la quête d'un des rares historiens français qui n'est trop longtemps resté que pour quelques-uns l'explorateur pionnier des psychologies collectives et le sourcier de nos profondeurs mentales d'hommes d'Occident.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Alphonse Dupront a jeté un regard tout à fait neuf sur les Lumières. Concomitance de trois mouvements naissants : pré-Révolution française ; pré-révolution industrielle ; pré-romantisme, elles ont pour cadre l'Europe. Comme la Révolution française, elles s'intègrent dans un mouvement historique plus large, qui est, lui, la véritable Révolution : à savoir, des dernières décennies du XVIIe siècle à la mi-XIXe siècle, le passage d'une mythique traditionnelle (mythique de religion, de sacralités, d'autorité religieuse et politique) à une société des hommes indépendante, sans mythes ni religions. Monde animé par des tendances ou des cohérences collectives plutôt que par des doctrines et des constructions rationnelles, les Lumières ont leur part dans l'émergence de la société 'moderne', société sans passé ni traditions, du présent et tout entière ouverte vers l'avenir. Ce grand cours d'Alphonse Dupront, professé voilà quelque trente ans, a été le creuset du renouvellement historiographique de notre vision des XVIIIe et XIXe siècles.