Alain Robinet
Alain Robinet
« Bac à terriens en surplus dans bas - bacs atterris d'ailleurs interstellaires, galactiques étrangers sur cette orange bleue, verte de peur devenue car ils l'auto détruisirent si pressés d'en extraire tout le jus... » Alain Robinet ne mâche pas ses mots-silex de rêves éveillés, où des bribes de réalité sont soulevées par la lente poussée de son déluge.
La peinture, la zoographia, le "dessin du vivant", Platon l'accuse de "dire toujours la même chose", le permanent, le répétitif, comme les rites et les coutumes, la longue durée des anthropologues. Or, il y a des philosophes et des historiens de l'art pour penser qu'il n'en est rien. Et il est juste qu'un poète comme Alain Robinet -avec cette question : "écrire à propos de la peinture ?"- profite des fissures, fractures, désordres de la peinture -la représentation qui échoue- pour faire apparaître le simulacre, une histoire du désir de l'homme qui fabrique des images ou qui en parle.
1948 : naissance le 2 avril, au Mans. 1972 : maîtrise de lettres modernes à Lille. "Passage à Barthes", Tel Quel. La lettre décolle tandis que la peinture coule à flot. 1969 : commence d'enseigner le français. 1974 : première accélération du processus d'écriture. "Il y eut le choc de la parole de Lacan à la télé cette année-là ; puis la mort de mon père, tout au long de son agonie sa parole râlée, incompréhensible : cet abîme de solitude, de douleur, qui ressemblait aussi à une naissance." 1976 : arrivée à Clermont-Ferrand et contact décisif avec la revue Textuerre. "Pour la première fois, d'autres me répondaient amicalement, recevaient et lisaient les textes expédiés..." Puis d'autres revues, d'autres contacts. 1982/84 : a été professeur de C.G. aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, où il réside. Et, obstinément, s'entête à écrire, à peindre, à vivre. (À partir d'un entretien avec J.-C. Hauc pour Textuerre n° 19-20, 1979).