Alain Paucard
Alain Paucard
« Il en est de Paris comme de la dernière scène des Visiteurs du soir (1942). Paris, telle la femme de Loth, est changée en statue, mais de béton. Les immeubles modernes y ont poussé comme des champignons depuis soixante ans. J'arrive pourtant à me persuader que son coeur continue de battre. Et les diables en deviennent enragés. » Grand amoureux et fin connaisseur de sa ville, Alain Paucard entraîne le lecteur dans l'histoire de Paris, ses rues, ses trésors cachés, ses chansons, ses batailles, ses personnages connus ou oubliés... Le tout dans un style enlevé, un brin moqueur, un brin râleur, saupoudré de la verve mordante d'un pur titi parisien.
Il existe une voie du whisky euro-celtique comme il y a une route du thé sino-japonaise. Aucune autre boisson n'offre au goût une telle palette d'amertumes, la complexité d'arômes d'un singlemalt. À cette voie du whisky doivent correspondre un esprit et une cérémonie. Une des plus agréables façons de lutter contre l'alcoolisme ne consiste pas à interdire l'alcool, mais à promouvoir la dégustation de qualité. Pour donner tout son sens à cette démarche il était nécessaire de replacer le whisky dans son creuset historique et culturel. Car pour Alain Paucard, « le whisky ne se déguste pas seulement, il se pense ».
La faiblesse n'est pas aimée. On fustige les timides, on brocarde les frêles et les paresseux. Il est mal venu de prendre ses jambes à son cou, ses passions trop à coeur, les choses comme elles viennent. Notre époque préfère la force, qu'elle confond volontiers avec la vertu et le rendement. Elle nous commande d'être combatifs, performants, courageux, volontaires. Tout cela est épuisant. Qui n'a pas rêvé, un jour, de cesser de jouer au plus fort ? Qui ne voit que le courage affiché n'est qu'une témérité affectée ? Et les femmes, que certains croient conquérir en étalant une robustesse sportive, ne sont-elles pas plus profondément attachées à ceux qui révèlent une fragilité, qui acceptent de s'avouer vaincus ? Alain Paucard a bien souvent succombé à la faiblesse, et la pratique aujourd'hui avec détermination. Il a cependant eu la force de composer cet essai, iconoclaste et drôlissime, dédié à la gloire de nos petites lâchetés, de nos tendres travers, de nos péchés mignons, de nos secrètes fêlures. Il faut, nous dit-il, chérir nos vices privés comme notre part la plus intime, la plus éclairante. Reconnaître sa faiblesse, c'est choisir de rester comme l'on est, sans la mauvaise conscience qui nous pousse aux engagements. La faiblesse, avouée sans honte est le premier pas vers l'apaisement, lui-même antichambre de la sagesse. En ce sens, ce livre, qui rassérène, n'est pas un éloge de l'esquive et de la dérobade : c'est une apologie de la douceur de vivre.
Miso, phallo, macho, facho... Tout homme qui s'interroge sur le véritable centre du pouvoir dans le couple, qui n'admet pas l'idée que la femme est obligatoirement opprimée, risque de se faire épingler une de ces épithètes. D'où l'agacement, la colère d'Alain Paucard, qui s'insurge contre les féministes d'abord, puis contre la confusion des genres. N'est pas mufle qui veut ! C'est qu'il faut une morale pour être misogyne, et une esthétique. Si le macho convaincu - l'imbécile ! - de l'infériorité de la femme ne sait voir en elle qu'une mère potentielle, le misogyne, lui, est attentif au plaisir de celle dont il reconnaît la supériorité, aussi dissimulée soit-elle. Le misogyne, injustement accusé de tous les péchés, est un paria. Alors que l'immonde macho reste le préféré de ces dames. Toujours plus provocant, l'auteur des Carnets d'un obsédé nous offre ici un plaidoyer pour la défense de la misogynie qu'il n'hésite pas à déclarer d'utilité publique. Car, le saviez-vous, le misogyne est le meilleur ami de la femme !
Voilà un pays, l'U.R.S.S., qui s'en va à vau-l'eau. Et tout le monde de se féliciter de cette chute, en oubliant au passage que le communisme fut, selon Paucard, une ultime tentative religieuse, sacralisante, pour sauvegarder les habitudes par la sainte terreur que doit inspirer une liturgie impitoyable. Staline avait compris qu'en fait de politique, une fiction égalitaire ne peut survivre qu'en appliquant son programme à l'envers. La promotion généralisée des innocents en coupables, voilà ce que fut la réalité théâtrale du stalinisme. Alain Paucard s'attaque dans cette Supplique, écrite en février 1991, à un lieu commun des plus tenaces : la supériorité indiscutable de la démocratie sur la dictature. Mais il le fait, bien sûr, pour des raisons esthétiques.
Sous la houlette d'un énigmatique interrogateur - flic, juge, psychiatre, confesseur, dieu ou chef de choeur ? - un tueur vit et revit ses meurtres, ressasse ses visions sordides ou hallucinatoires, redit ses complexes et ses obsessions. L'enquête se déroule dans une arène cosmique, un labyrinthe où l'on ne sait plus qui est Thésée et qui est le minotaure : le toréador et la bête troquent sans cesse leurs parures et s'affrontent l'un l'autre à perpétuité au cours d'un procès chaotique, celui de la violence (et donc de la race humaine). « La pièce est savoureusement violente, forte et poétiquement brillante. » [Le Souffleur] Jean-Marc Lanteri est auteur dramatique, traducteur de l'anglais, réalisateur, maître de conférences à l'université Lille 3. Il dirige la compagnie Bela Justic.
Défense et illustration de la prostitution face au marché de l'interdiction. Une des industries marchandes aujourd'hui parmi les plus florissantes, c'est l'industrie des Droits de l'Homme. Et c'est au nom des Droits de l'Homme et de la Femme que la Marchandise veut interdire la prostitution et punir le client. Le but de la manoeuvre est de vendre autrement, dans un monde sans péché.
Manuel pratique complet de l'enculage du sexe dit " faible " par le sexe dit "fort", Éloge du cul, certes fort détaillé dans ses différents articles, ne se limite pas à des recettes pratiques. Il est parcouru d'un bout à l'autre - certaines lectrices dussent-elles s'en indigner - par une tendresse venue du fond du coeur. Dans la jouissance en effet, estime Paucard (et il s'efforce de faire partager la sienne à sa partenaire), " soyez certain que dans ces moments-là [...] se réalise l'incroyable unité des contraires. Aucun d'eux ne se préoccupe tant soit peu de l'autre et pourtant, miracle, les deux jouissent. En quelques minutes, d'esclaves, nous sommes devenus égaux. " Ainsi débarrassés de tout altruisme déplacé, les partenaires peuvent donner libre cours, à loisir, et chacun de leur côté, à leur jouissance personnelle. Qu'en pensez-vous ?