Alain Papaux
Alain Papaux
Entre propension au faire (faber) et inclination à la retenue voire à la sagesse (sapiens), en l'homme moderne la première l'emporte de beaucoup... trop. Sidéré d'impuissance par trop de puissances, mû par un individualisme aussi institutionnel qu'exacerbé, il ne sait plus comment élaborer un authentique « bien commun ». Aussi s'abandonne-t-il aux techniques, remettant à la technologie les clefs de son destin : artificialisation de la planète, domestication du monde, dont cette créature écervelée finira par être elle-même la victime. Mais ce faire endémique, en compensation de son « manque d'être » - défaut d'une créature non pas du monde comme les autres animaux mais seulement au monde -, ce plaisir de la technique en oubli de cette nature bancale, sont-ils si coupables ? En tous les cas conduisent-ils à ne rien entreprendre de radical, mieux de révolutionnaire, pour l'environnement
Avec une population de 9 milliards à l'horizon 2050 et un environnement planétaire dégradé, nous n'échapperons pas à des sociétés plus sobres. Qui croira en effet qu'on peut découpler la création infinie de richesses matérielles, mesurée par le PIB, d'une consommation elle-même croissante de ressources énergétiques, minérales et biotiques ? Comment dès lors basculer sans violence vers des modèles plus sobres du vivre-ensemble ? Sur quels leviers nous appuyer ? À quoi pourrait ressembler le nouveau paysage social et institutionnel, économique et techno-scientifique ? Cet ouvrage traite de l'avenir de notre vivre-ensemble dans un horizon de limitation des ressources naturelles et énergétiques. Un tel ensemble de réflexions fait suite au « Pacte écologique » et aux prises de position de la Fondation Nicolas Hulot présentées ici, donnant lieu à une série de contributions aux signatures prestigieuses sur ce que pourrait être une société sobre et désirable.