Alain Bouzy
Alain Bouzy
Ce livre tente de réparer une injustice : mettre dans la lumière Émira Marceau, une femme ignorée par les historiens qui se sont focalisés sur la destinée de son demi-frère, le général Marceau, dont elle a « forgé l'armure », et celle très controversée de son époux, le Conventionnel régicide, Antoine Sergent. À la fin de sa longue vie, ce dernier a pourtant évoqué par le menu la vie d'Émira, son épouse adulée, allant jusqu'à trahir les moindres secrets de son intimité, ce qui a suffi à jeter un voile pudique sur cette femme au destin tourmenté. Pourtant, la glorieuse épopée de Marceau et les avatars révolutionnaires de son beau-frère, le graveur Antoine Sergent, ont fait l'objet de nombreux ouvrages depuis le XIXe siècle mais un élément essentiel a été laissé sous le boisseau : l'amour hors norme qui unissait les trois « personnages ». L'ouvrage révèle le martyre que cette femme des Lumières a connu, lors de son premier mariage, et l'étrangeté de la relation conjugale qui l'a unie à son second mari devenu Sergent-Marceau. Il jette aussi une lumière crue sur les préférences d'un jeune général écartelé entre des passions contrariées. Cette « biographie », à trois personnages indissociables, se veut aussi une réflexion sur le tragique de l'Histoire. Qu'est-ce qu'un héros et qu'est-ce qu'un salaud ? Marceau est au Panthéon et Sergent a le sang de la Terreur sur les mains. Si, le premier, marche sans conteste au côté des grandes gloires de la Révolution française, le second méritait une forme de réhabilitation pour avoir lutté en faveur de ce qui était alors une utopie politique, la démocratie, au service d'un nouveau souverain, le peuple. Ce récit historique, au-delà de l'épopée d'une femme des Lumières et de deux hommes en déroute, tente aussi de leur donner chair, c'est-à-dire de leur restituer leur part d'humanité. La destinée d'Émira Marceau entre aussi en résonnance avec le combat actuel contre la violence faite aux femmes victimes, depuis des siècles, de la « loi des hommes ».
Thomas Martin, laboureur beauceron, est visité par un ange qui lui ordonne d'avertir Louis XVIII d'un grand danger. Grâce à l'aide d'un prêtre, d'un évêque et d'un ministre, il est reçu en audience. En 1830, il reconnaît Naundorff comme le dauphin Louis XVII et héritier légitime des Bourbons, s'attirant les foudres de Louis-Philippe. Or la démarche de Thomas n'est peut-être pas désintéressée.
D'un fait divers à une affaire d'État.Le 4 janvier 1798, un vieux laboureur, Nicolas Fousset, est assassiné dans sa ferme de Beauce, entre Chartres et Orléans. Des brigands - surnommés les " Chauffeurs " - l'ont torturé pour savoir où était son or. Il n'est pas le premier, mais cela tourne à l'affaire d'État. Le " petit " juge de paix du canton d'Orgères et un sous-officier de la gendarmerie de Janville vont s'unir contre cette " horde de voleurs et d'assassins " qui terrifie les campagnes. Alors que Napoléon Bonaparte s'empare du pouvoir après son coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799) qui signe la fin de la Révolution, la bande est arrêtée par deux pelotons de hussards réquisitionnés et jugée à Chartres. Une centaine d'individus sont condamnés et vingt-et-un guillotinés en place publique : la " bande d'Orgères " vient d'entrer dans l'histoire du crime. En se replaçant dans le contexte politique et socio-économique troublé de l'époque, l'auteur fait revivre cette France qui se cherche, entre Révolution et Empire, liberté et dictature, et démonte les rouages d'une justice encore balbutiante dont l'ultime loi est, plus que jamais, celle de la guillotine. Surtout, il corrige moult contrevérités sur cette affaire qui a fait fantasmer les historiens du dimanche, au risque d'en altérer la vraie dimension. Rendant aux protagonistes leur identité, et donc leur humanité, il revisite ce fait divers sanglant qui se lit comme un roman.