Abou Ndiaye
Abou Ndiaye
Le destin de Pau est hors du commun. Il bascule une première fois lorsque, petite bourgade née vers la fin du XIe ou au début du XII e siècle, elle est promue capitale par le choix des princes de Béarn et de Navarre, au milieu du XV e siècle. L'ascension de Henri IV au trône de France ravale la ville à un rang de petite cité provinciale. Pourtant, au XIX e siècle, Pau bénéficie d'un second coup de fortune et devient, après les années 1830- 1840, et jusqu'en 1914, une des stations climatiques et sportives les plus réputées d'Europe occidentale, ville cosmopolite avec notamment une forte colonie anglaise. Mais c'est après 1945 que Pau change radicalement de visage. La ville soutient une très forte croissance démographique, vit un bouleversement urbanistique majeur, s'équipe et se transforme en sous métropole régionale.
Raymond Oliver - ou l'itinéraire d'un petit garçon qui aimait traîner devant les fourneaux de son père et qui est devenu, selon un sondage récent, l'un des plus grands chefs de son temps, le plus célèbre cuisinier de France. Secrets et facettes de la cuisine. Évocation aussi de ces mondes déjà lointains où s'est forgé son talent. C'est la vie oubliée, heureuse et colorée, d'une petite ville du Sud-Ouest, avant la guerre, entre vigne et pinède. Mauriac vient dîner au restaurant où travaille, silencieuse, une servante qui porte le nom de Desqueyroux ! Et puis, après la guerre, l'envie de Paris et, à Paris, le coup de foudre et la passion pour un lieu dont le nom fera saliver le monde entier : Le Grand Véfour. C'est bientôt la consécration, les trois étoiles - qu'il gardera plus de trente ans -, la fréquentation des célébrités et des grands, l'amitié nouée avec beaucoup, l'intimité avec quelques-uns, Jouvet, Cocteau, Colette... Il devient, à la télévision, le créateur de Art et magie de la cuisine et, à travers le monde, le porte-drapeau de la gastronomie française. Au fil de ses souvenirs, Raymond Oliver laisse tomber quelques recettes, raconte la genèse d'un plat - illumination ou tâtonnement ? -, livre ses jugements, parle de ses passions. Derrière l'histoire d'un homme et de ses créations, c'est le portrait des cuisiniers, des moeurs et des goûts du siècle ; la saveur et l'accent d'un grand bonhomme.
Dans sa conscience vestimentaire, chacun intègre son genre, âge, (sub)culture ainsi que la beauté et la morale vestimentaires de son époque. Repère identitaire individuel et social, nouvel indice de bien être, le paraître ancre le sujet dans l'ordre social. D'où s'habiller c'est poser un acte politique. Bien qu'en Occident, au lieu d'un affrontement physique, des conflits sur les valeurs sociales prennent pour enjeu la définition des comportements vestimentaires acceptables dans l'espace public.
Commentant les émeutes qui embrasèrent les banlieues en 2005, le ministre de l'Intérieur d'alors pointa du doigt les sociologues : " Quand on veut expliquer l'inexplicable, c'est qu'on s'apprête à excuser l'inexcusable ". On peut préférer croire que connaître les mécanismes et les ressorts de la violence permet de lutter contre elle. En donnant la parole à des sociologues de terrain, à des enseignants et à des chercheurs, le congrès de 2009 de l'Association française de sociologie s'est donc attelé à cette tâche, et s'est lancé dans l'examen des diverses formes des violences contemporaines : violence dans les quartiers, conflits internationaux, racisme, pressions dans le monde de l'entreprise... Une démarche qui peut aider notre société à sortir de la peur et de l'incompréhension.